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Trump reçoit Nétanyahou avec un plan de paix déjà en péril

Le président Trump en avant des drapeaux des États-Unis et d'Israël

Plusieurs estiment que les différentes décisions prisent unilatéralement par Donald Trump, dans le dossier israélo-palestien, ont «  disqualifié  » les États-Unis de tout rôle de médiateur entre Israéliens et Palestiniens.

Photo : AFP/Getty Images / NICHOLAS KAMM

Agence France-Presse

Donald Trump reçoit lundi Benyamin Nétanyahou avant de présenter un plan de paix jugé historique par Israël, mais rejeté d'avance par les Palestiniens.

Le locataire de la Maison-Blanche, qui a confié dès son arrivée au pouvoir il y a trois ans ce dossier sensible à son gendre Jared Kushner, répète qu'il aimerait vraiment réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

Il n'a par contre jamais expliqué jusqu'ici comment il entendait faire revenir à la table des négociations des Palestiniens qui jugent que Washington n'a plus la crédibilité nécessaire pour agir en médiateur.

Trois visages, à gauche Donald Trump, au centre Jared Kushner et à droite Benyamin Nétanyahou

Le conseiller principal de la Maison-Blanche, Jared Kushner

Photo : Reuters / Carlos Barria

Une visite de deux jours à la Maison-Blanche

Lundi, le président américain et le premier ministre israélien, qui ne tarissent jamais d'éloges l'un pour l'autre, se retrouveront dans le bureau ovale. Cette rencontre sera suivie d'un tête-à-tête entre Donald Trump et Benny Gantz, chef de l'opposition israélienne.

Selon le programme diffusé par l'exécutif américain, aucun de ces rendez-vous, qui interviennent un mois avant un nouveau scrutin dans l'État hébreu, ne sera cependant ouvert à la presse.

Mardi, MM. Trump et Nétanyahou s'exprimeront ensemble depuis la Maison-Blanche.

Le premier ministre israélien a dit s'attendre à un plan historique de la part de Donald Trump, qualifié de plus grand ami qu'Israël ait jamais eu.

Du côté palestinien, le message est clair : le document que le président a promis de présenter après de multiples reports est déjà mort.

Nous rejetons absolument ce que l'administration Trump a réalisé jusqu'à présent.

Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas

Dimanche, Saëb Erekat, secrétaire général de l'OLP, a indiqué à l'AFP qu'il se réservait le droit de se retirer des accords d'Oslo, qui encadrent leurs relations avec Israël.

Aux termes de l'accord intérimaire dit d'Oslo II de septembre 1995 entre l'OLP et Israël, la Cisjordanie avait été partagée en trois zones : A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, B, sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, et C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien.

Cet accord intérimaire devait se terminer en 1999, mais il a été depuis reconduit tacitement par les deux parties. Or, le plan de Donald Trump va transformer l'occupation temporaire en occupation permanente, a dit M. Erekat.

Un plan déjà rejeté

Le projet américain a aussi été rejeté par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l'autorité de Mahmoud Abbas.

Le plan américain ne passera pas et pourrait même conduire les Palestiniens à une nouvelle phase de leur lutte, a prévenu Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste.

Les États-Unis ont présenté en juin le volet économique de leur plan, qui prévoit environ 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur 10 ans. Mais les détails concrets de ce projet restent l'objet de spéculations.

Selon les Palestiniens, le plan américain comprend l'annexion par Israël de la Vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie, et des colonies en Territoires palestiniens, ainsi que la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël.

Y aura-t-il un État palestinien dans la proposition américaine? Le mystère demeure. Mais Donald Trump et Jared Kushner ont refusé jusqu'ici d'utiliser le terme, rompant avec la position traditionnelle de la communauté internationale en faveur d'une solution à deux États.

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