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L'hôtel Bell défend la transformation plutôt que la fermeture des bars à risque

Le directeur général de l'organisme de soutien Main Street Project, Rick Lees, devant l'hôtel Bell.

Le directeur général de l'organisme de soutien Main Street Project, Rick Lees, estime que le modèle de chambres simples dans un établissement sans alcool devrait être reproduit ailleurs à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Bryce Hoye

Radio-Canada

En 10 ans, l’hôtel Bell sur la rue Main à Winnipeg a changé drastiquement de visage. Considéré comme un lieu en décrépitude, l'hôtel avait la réputation d’abriter violence et crimes. À l’heure où la police songe à faire fermer l’hôtel Windsor pour les mêmes motifs, l’hôtel Bell affirme que son modèle de transformation fonctionne.

Lors de sa réouverture en 2011, l’hôtel Bell a gardé sa vocation de lieu de résidence à bas prix, avec en prime du personnel de soutien en santé mentale et dépendance.

Depuis, l’établissement a fait le choix de fonctionner sans bar ou vente d’alcool en son sein. Les nouveaux espaces de soutien proposent des programmes de réduction des méfaits et d’aide au logement.

La sobriété des résidents de l’hôtel n’est toutefois pas une condition pour y résider.

Quand vous ouvrez des centres de sobriété, qui sont bien et qui ont leur raison d’être, vous êtes malgré tout en train de dire aux gens qu’il existe une série d’attentes auxquelles ils ne sont peut-être pas prêts à se conformer, précise le gestionnaire Kerri Smith.

L’idée sous-jacente de l’hôtel Bell est de laisser aux personnes sans-abri un espace de vie stable et sécuritaire, pour accroître sur le long terme leurs chances de réintégrer la société.

Des espaces communautaires sont également utilisés pour diverses activités comme des cérémonies de guérison, des rencontres, ou encore des évènements artistiques.

Les travaux sont le fruit d’un investissement de la Société de développement CentreVenture, qui a investi 5,3 millions de dollars après avoir racheté le bâtiment en 2007.

La société, qui qualifiait alors l’endroit d’une honte pour tous les winnipégois, s’est associée à l’organisme de soutien aux personnes sans-abri Main Street Project pour la gestion des espaces et des groupes de soutien.

Fermer les débits de boisson à risque?

La question de fermer certains débits de boissons jugés dangereux a refait surface avec l’augmentation de la violence et du crime au sein de l’hôtel Windsor au centre-ville de Winnipeg au début de 2020.

L’inspecteur et chef de l'unité de lutte contre les armes et les gangs, Max Waddel, a ainsi suggéré à la régie de suspendre la licence de vente d’alcool et de fermer l’hôtel. La police dit avoir saisi des drogues, des armes et a enregistré des incidents violents depuis le début de l’année 2019.

Un porte-parole de la Régie des alcools, des jeux et du cannabis du Manitoba affirme de son côté qu’il n'y a aucune plainte enregistrée contre l’établissement depuis trois ans.

Pour le directeur de l’institut d’études urbaines à l’Université de Winnipeg, Jino Distasio, les lieux comme l’hôtel Windsor ont malgré tout leur place à Winnipeg.

L’accès à des chambres à bas prix permet selon lui de répondre aux besoins des près de 1500 personnes vivant dans la rue ou dans des refuges.

La façade de l'hôtel Bell.

L'hôtel Bell sur la rue Main à Winnipeg a été bâti en 1906.

Photo : Radio-Canada / Bryce Hoye

Nous devons nous poser la question de savoir où nous voulons que ces personnes vivent et comment nous pouvons protéger le plus grand nombre de personnes vulnérables qui se retrouvent au milieu [des problèmes], soutient-il.

Pour sa part, l’hôtel Bell a choisi des chambres à une moyenne de 350 $ le mois. Selon le directeur général de Main Street Project, Rick Lees, c’est un prix abordable pour une personne qui a un travail et bénéficie d’aides sociales.

La sobriété, une solution seulement pour certains

Rick Lees reconnaît que les jours de l'hôtel Bell en tant que débit de boisson sont maintenant révolus. Il estime que c’est une bonne chose, mais n’est toutefois pas l’unique solution au problème de la violence et du crime.

L’abstinence n’est pas nécessairement la solution pour tout le monde, affirme-t-il.

Il ajoute que le modèle de l’hôtel Bell peut en revanche être une bonne solution pour ceux qui ont choisi ce chemin et souligne que plusieurs résidents se sont approprié les nouveaux espaces.

Avec des informations de Bryce Hoye

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