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Québec veut protéger huit réserves de biodiversité en Abitibi-Témiscamingue en 2020

La rivière est en partie gelée.

Paysage en bordure de rivière

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Thomas Deshaies

Le ministère de l’Environnement souhaite octroyer un statut permanent à huit réserves aquatiques et de biodiversités projetées d’ici la fin de l’année 2020.

Certaines des réserves projetées « feront l’objet d’agrandissement substantiel », nous a précisé par courriel la porte-parole du ministère de l’Environnement, Raphaëlle Savard-Moisan.

Les prochaines étapes à franchir viseront principalement à compléter les documents officiels en vue de l’obtention d’une décision gouvernementale. Ces territoires font actuellement l’objet d’un moratoire concernant les activités industrielles, précise-t-elle.

Ces réserves avaient fait l’objet d’une consultation publique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) il y a 7 ans, soit en 2012-2013. Le gouvernement avait annoncé en 2018 son intention de protéger deux des huit réserves, mais cela n’a pas encore été officialisé.

LISTE DES RÉSERVES DE BIODIVERSITÉS PROJETÉES

- La réserve de biodiversité du Marais-du-Lac-Parent (annoncée en 2018)

- La réserve de biodiversité des Dunes-de-la-Rivière-Attic (annoncée en 2018)

- Réserve de biodiversité Wetetnagami

- Réserve de biodiversité Saint-Cyr-Mesplet-Cherrier

- Réserve de biodiversité Wanaki

- Réserve aquatique de la Rivière-Dumoine

- Réserve de biodiversité de la Rivière-Maganasipi

- Réserve de biodiversité du Ruisseau-Serpent

Douze secteurs sont étudiés afin d’être éventuellement protégés par l’État. Ces zones d’études ont fait l’objet d’une consultation publique en 2016. Une démarche est actuellement en cours afin d’obtenir l’avis des autres ministères concernés , précise Mme Savard-Moisan.

Objectif de 17 % en 2020

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, affirmait en mai 2019 être confiant que son gouvernement parviendrait à protéger 17 % du territoire d’ici le 31 décembre 2020. Le gouvernement en protège actuellement 10,68 % . En Abitibi-Témiscamingue, 7,80 % du territoire est protégé, selon les données du ministère de l'Environnement de mars 2019.

En entrevue à Radio-Canada en mai 2019, le ministre avait assuré qu’il ne comptait pas uniquement ajouter de nouvelles aires protégées dans le nord de la province. Une approche qui est redoutée par certains groupes écologistes, dont l’Action boréale. « Ce qu’ils vont nous annoncer probablement pour arriver à 17 %, ça va être des grandes aires protégées dans le Nord-du-Québec où les territoires ne sont pas réellement menacés à court terme », redoute leur président, Henri Jacob.

La sécurisation des huit réserves aquatiques et de biodiversités en Abitibi-Témiscamingue ne devrait pas augmenter significativement le pourcentage de territoire protégé dans la région puisque les aires projetées sont déjà incluses dans le calcul.

Trop long, selon l’Action boréale

Le président de l’Action boréale se réjouit de l’engagement du ministère de l’Environnement de protéger durablement ces aires projetées. Il estime toutefois que les délais sont trop longs.

Si on allait à la même vitesse que les contrats qu’on donne pour les opérations minières ou forestières, ben ça se ferait dans l’espace d’un an à deux ans, déplore-t-il. C’est fast track pour eux. Ça va souvent très très vite et il y a souvent même pas d’audiences publiques pour cela. C’est du deux poids, deux mesures.

Henri Jacob pose pour la caméra devant une carte.

Henri Jacob, président de l'Action boréale

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Selon M. Jacob, ces délais s’expliqueraient en raison de la « non-collaboration de certains ministères » qui sont « à vocation économique ».

En mai dernier, le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, avait expliqué que les délais n’étaient pas dû, selon lui, à de l’obstruction de la part du ministère des Forêts ou des Ressources naturelles. Il avait déclaré que ces ministères ont « les mêmes objectifs que les siens. Ils reconnaissent les mêmes cibles. » (https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1173005/aires-protegees-abitibi-temiscamingue-reaction-action-boreale)

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