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Les Sœurs du Saint-Rosaire, pionnières de l’éducation dans l’Est-du-Québec

Soeur supérieure au Couvent du Saint-Rosaire, novembre 1948.

Photo : BAnQ Rimouski/Fonds J.-Gérard Lacombe

Radio-Canada

Les Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire, qui veulent se départir de leur immense couvent à Rimouski, sont des pionnières de l’éducation dans la région. Retour sur l’histoire de cette congrégation qui aura laissé sa marque et formé des générations d’élèves.

Au-delà de leur imposant couvent de Rimouski, dont la vocation est appelée à changer au cours des prochaines années, c'est toute une page d'histoire qui est en train de se tourner pour les Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire.

Cliché d'une grande bâtisse de pierre.

Couvent du Saint-Rosaire à Rimouski, 1920. BAnQ Rimouski/Fonds Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire

Photo : Groupe CNW/Bibliothèque et Archives nationales du Québec

La congrégation était avant tout formée par des institutrices.

C'est le premier évêque de Rimouski, Jean Langevin, qui a demandé en 1875 à Élisabeth Turgeon, la fondatrice de la congrégation, de s’établir dans la ville pour s'occuper de l'éducation de la population.

Des soeurs assises dans la chapelle.

Quarante heures des Sœurs du Saint-Rosaire, juillet 1946

Photo : BAnQ Rimouski/Fonds J.-Gérard Lacombe

Élisabeth Turgeon avait alors pour mission de former des institutrices qui seraient ensuite envoyées dans les différentes paroisses de la région pour enseigner.

Rapidement, Élisabeth Turgeon a toutefois insisté auprès de l'évêque Langevin pour que ces institutrices soient aussi des religieuses.

Dans ce temps-là, la demoiselle qui enseignait, quand elle se mariait, elle n'enseignait plus. Élisabeth se disait : "si je veux former des enseignants, faudrait qu'on les garde, ces enseignantes-là", raconte Léonine Jalbert, assistante à la supérieure générale de la congrégation.

Une dame sourit à la caméra.

Léonine Jalbert, assistante à la supérieure générale de la congrégation des Sœurs du Saint-Rosaire.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Pour répondre aux besoins du diocèse, [...] elle voulait que ce soit des enseignantes religieuses qui [poursuivent] la vocation d'enseignante, poursuit Mme Jalbert.

D'ailleurs, avant de s'appeler les Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, la congrégation se nommait les Sœurs des petites écoles.

Une centaine d’écoles en héritage

Les Sœurs du Saint-Rosaire sont derrière plus d'une centaine d'écoles dans l'Est-du-Québec.

Elles ont fondé leurs premières écoles de paroisse à Saint-Gabriel-de-Rimouski, Port-Daniel et Saint-Godefroi.

Au fil des années, d'autres écoles ont été créées au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, sur la Côte-Nord et même au lac Saint-Jean. La congrégation a également étendu ses activités aux États-Unis, en Amérique latine et en Afrique.

Les sœurs qui arrivaient dans ces communautés le faisaient souvent dans des conditions très difficiles comme ç'a été le cas à Saint-Gabriel-de-Rimouski :

Quand les sœurs sont arrivées là, elles n’avaient absolument rien. Le matin, elles se levaient et elles avaient de la neige sur leur lit. Elles n'avaient rien pour les élèves. On a trouvé dans les archives une lettre d'une sœur de Saint-Gabriel qui demandait à Mgr Langevin d'avoir une horloge et du papier pour faire écrire les enfants, explique l’archiviste des Sœurs du Saint-Rosaire, Auréla Cyr.

Une dame en entrevue dans une salle des archives.

L'archiviste de la Congrégation, Auréla Cyr, en entrevue.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Les religieuses devaient souvent plaider leur cause auprès des prêtres et des hommes qui prenaient les décisions.

Il y en a une paroisse où j'ai eu assez de difficultés. Mais on essayait de passer par-dessus et on faisait pas mal ce qu'on voulait faire quand même, parce qu'on savait que c'était pour le bien des élèves, des enfants, se souvient Auréla Cyr.

Déclin inévitable

Il ne reste qu'environ 200 sœurs habitant le couvent à Rimouski aujourd'hui, soit cinq fois moins que dans les années 1950, où elles étaient environ un millier.

C’est dans les années 1970 que s'est amorcé le déclin de la congrégation.

Après la Révolution tranquille et la laïcisation de l'enseignement, de moins en moins de jeunes femmes étaient portées à entrer au couvent.

Les objets anciens conservés sur place sont toutefois les témoins du fourmillement passé de la grande congrégation.

Les rayons d'une bibliothèque.

Les rayons de la bibliothèque des Sœurs du Saint-Rosaire

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Les sœurs ont encore leur propre cordonnerie, leur centre d'archives, leur imprimerie et leur atelier de reliure.

Il reste maintenant à déterminer si et comment ce patrimoine sera conservé dans le cadre du changement de vocation du couvent.

Avec les informations de Julie Tremblay

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