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Un regroupement dénonce un « marché noir » des places en garderies

Des jouets et des enfants en arrière plan

Le Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées ne mâche pas ses mots pour dénoncer ce qu’il considère des failles du système de La Place 0-5.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

« Marché noir », « corruption », « pots-de-vin ». Le Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées ne mâche pas ses mots pour dénoncer ce qu’il considère des failles du système de La Place 0-5. L’inscription à ce guichet unique, mis en place en septembre 2018, est obligatoire pour les parents qui souhaitent obtenir une place dans un établissement de garde reconnu. Cependant, plusieurs parents arrivent à contourner la longue liste d’attente.

Tout de suite quand on sait qu’on est enceinte, on s’inscrit sur La Place 0-5 en pensant que c’est premier arrivé, premier servi, mais c’est vraiment pas comme ça, affirme la fondatrice du regroupement, Brigitte Cardinal.

L’association affirme avoir reçu plusieurs témoignages de parents et d’employés de services de garde. Certains parents leur auraient raconté avoir enfin été contactés pour une place à temps partiel alors que leur enfant était âgé de quatre ans. Des éducatrices auraient quant à elles affirmé qu’on leur a proposé des sommes d’argent importantes en échange d’une précieuse place. Le regroupement précise que personne n’a cependant témoigné avoir accepté ces pots-de-vin. En tout cas, certains se retrouvent contraints à faire d’importantes concessions.

Sur la page Facebook du regroupement, les parents sont nombreux à témoigner de leurs frustrations quant au système d’octroi des places en établissement de garde.

Certains témoignent qu’ils ont réussi à trouver une place en garderie en appelant eux-même ou en se présentant sur place. Alexandra Carvajal, par exemple, a été informée par son amie qu’une place s’était libérée dans son centre de la petite enfance. En contactant la directrice, elle s’est inscrite à la liste et a rapidement obtenu une place.

Il y a des papas et des mamans qui arrêtent de travailler parce qu’ils n’ont pas de place en milieu subventionné. Et il y a des régions qui n’ont même pas de place en garderies non subventionnées.

Brigitte Cardinal, fondatrice du regroupement

La pénurie de places en garderies, subventionnées ou non, se fait sentir dans plusieurs régions du Québec. Les données complètes sont difficiles à obtenir. À Trois-Rivières, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, 583 places sont offertes dans tous les types d’installations. La liste d’attente s’élève à 752 enfants.

Pour Shawinigan, le CPE Manège des tout-petits offre 103 places dans ses deux installations et compte une liste d’attente de 259 enfants. Sur la rive-sud, à Bécancour, 565 enfants sont nés entre le 31 mars 2014 et le 31 mars 2019 pour un total de 328 places disponibles dans les établissements reconnus.

Le ministre veut une analyse

Surpris par les témoignages relatés par le Regroupement des parents utilisateurs de garderies non subventionnées, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, affirme que de telles pratiques sont inacceptables. La liste d’attente, le guichet unique, existe pour qu’il y ait une équité et qu’on respecte les priorités d’inscriptions. Donc, je m’attends bien sûr à ce qu’on respecte ça, que ce soit dans les CPE, que ce soit les parents aussi.

À la lumière de ces informations et d’autres situations qui lui ont été rapportées depuis son entrée en poste, le ministre affirme s’interroger sur La Place 0-5 et compte demander à son ministère une analyse de son fonctionnement. En ce moment, je vais vous dire, j’ai des questions, conclut le ministre.

Des listes qui ne sont pas à jour

L’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) explique que le système est peu efficace autant pour les parents que pour les établissements.

Ce qu’on peut voir après quelques années d’expérience, c’est que, dans certains cas, des parents expriment que c’est difficile. Nous, comme partenaire, on a de la difficulté à obtenir de l’information sur le besoin des familles, affirme la directrice générale, Geneviève Bélisle.

L’association ne s’oppose pas à un guichet unique, mais souhaiterait qu’il soit optimisé pour mieux répondre aux besoins de tous les acteurs du milieu.

Ça vaudrait la peine de faire un temps d’arrêt et de réfléchir à comment on fait les choses.

Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance

La Coopérative enfance famille, qui gère La Place 0-5, explique que son guichet répond aux exigences du ministère et respecte les lois en place. La gestion des listes par les CPE leur permet, selon la coopérative, d’avoir la flexibilité de respecter leur politique d’admission, exigée par la loi.

Geneviève Bélisle précise que les membres de l’AQCPE ont comme directive de respecter l’ordre de la liste d’attente générée par le guichet.

Avec les informations de Pascale Langlois et de Camille Carpentier

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Mauricie et Centre du Québec

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