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« Ça va me briser le cœur », confie un père endeuillé après l'écrasement d'avion en Iran

Une femme avec un hijab et sa fille sourient dans un avion.

Sahar Haghjoo, 37 ans, et de sa fille de huit ans, Elsa Jadidi sourient dans l'avion avant le décollage.

Photo : La Presse canadienne / Fournie par Habib Haghjoo

La Presse canadienne

Les corps de Sahar Haghjoo, 37 ans, et de sa fille de huit ans, Elsa Jadidi, atterrissent à Toronto samedi, a déclaré Habib Haghjoo à propos de sa fille et de sa petite-fille qui étaient à bord du vol PS752 de la compagnie Ukraine International Airlines (UIA) qui a été abattu par un missile iranien au début du mois.

Ça va vraiment me briser, a-t-il confié en pleurant. Je sais que mon cœur va saigner à l'intérieur, mais je serai fort. Je ferai de mon mieux.

Les corps des deux victimes ont été identifiés le week-end dernier, a rapporté M. Habib Haghjoo, et le mari de Sahar Haghjoo, Siamak Jadidi, a résisté aux pressions du gouvernement iranien qui souhaitait les faire enterrer en Iran. Mais, le gouvernement iranien a cédé, a-t-il dit.

Nous pensons que le droit minimum est d'avoir mes enfants près de moi et de ma famille.

Habib Haghjoo.

Habib Haghjoo a parlé à sa fille presque tous les jours, partageant même des SMS avec elle pendant que les deux étaient dans l'avion avant le décollage. Elle lui a ainsi envoyé un égoportrait d'elle et sa fille.

Une femme et une petite fille dans une rue.

Les corps de Sahar Haghjoo et Elsa Jadidi qui ont péri dans l'écrasement d'avion en Iran sont rapatriés à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Fournie par Habib Haghjoo

Le temps s'est arrêté pour Habib Haghjoo depuis que l'avion s'est écrasé le 8 janvier. L'homme ne peut pas arrêter de penser à ses filles, comme il les appelle. Et il ne supporte pas d'utiliser le passé lorsqu'il en parle.

Je veux croire qu'elles sont avec moi, mais sont loin.

Habib Haghjoo

Habib Haghjoo et sa femme ont quitté l'Iran en 1987 et ont déménagé en Irlande où il a commencé à travailler comme programmeur informatique. Sahar — la troisième fille du couple — n'avait que cinq ans lorsqu'ils ont quitté leur pays d'origine. Sa sœur cadette naît peu de temps après en Irlande.

Immigration au Canada

Un jour, en attendant une réunion à Dublin, Habib Haghjoo a décidé de visiter l'ambassade du Canada. À l'intérieur, il a trouvé une copie de la Charte des droits et libertés. Je l'ai lu et je suis tombé amoureux, a-t-il dit. C'est probablement une terre où je peux mieux élever mes enfants et ma famille, s'est-il dit.

Il a donc demandé un visa et deux ans plus tard, en 1991, ils ont déménagé à Toronto. Le Canada était en pleine récession cette année-là, et Habib Haghjoo pensait avoir fait une erreur. Mais sa femme l'a imploré de rester.

Ils sont donc restés, s'installant à Richmond Hill, en Ontario.

Une jeune fille avec une peluche sourit dans un centre commercial.

Les camarades d'Elsa Jadidi ont été touchés par sa disparition, selon le directeur de son école.

Photo : La Presse canadienne / Fournie par Habib Haghjoo

C'est là que Sahar a rencontré et s'est lié d'amitié avec Mina Mozaffarian, directrice de Wali ul Asr, une école islamique de l'est de Toronto que la petite Elsa fréquentait.

Je n’en reviens toujours pas, a confié Mina Mozaffarian.

[Elsa] était incroyablement brillante... Elle était l'une de nos meilleures lectrices.

Mina Mozaffarian, directrice de l'école islamique Wali ul Asr

Le grand-père d'Elsa, comme tout parent fier, imaginait déjà un avenir brillant pour sa petite-fille.

Nous disions qu'elle serait ministre, sinon première ministre, a raconté Habib Haghjoo.

Elsa était la seule enfant du couple, mais Sahar avait récemment confié à Mina Mozaffarian qu'elle voulait un autre enfant.

Une école endeuillée

L'école a du mal à surmonter le deuil. Un dessin d'Elsa a toutefois contribué à apaiser la douleur et à surmonter la difficulté de parler de sa mort avec ses camarades de classe.

Il y a quelques mois, Elsa a dessiné une image du ciel. Après sa mort, une photo de l'œuvre a commencé à faire le tour de l'école.

Il montre une Elsa rayonnante tenant une grande affiche blanche avec les mots, en lettres aux couleurs de l'arc-en-ciel, Life in Heavin (La vie au paradis).

Cela donne aux gens un peu de réconfort le fait qu'elle ait visualisé quelque chose de si merveilleux qui sera sa récompense d'être au bon endroit, a déclaré Mme Mozaffarian.

Elsa Jadidi montre un dessin qu'elle a fait. La photo a été partagée par les élèves et les enseignants de l'école Wali Ul Asr pour aider à faire le deuil.

Elsa Jadidi montre un dessin qu'elle a fait. La photo a été partagée par les élèves et les enseignants de l'école Wali Ul Asr pour aider à faire le deuil.

Photo : La Presse canadienne / Fournie par Habib Haghjoo

Le directeur de l'école, Syed Adil, a déclaré que l'image avait aidé les élèves.

Cela nous donne l'occasion de parler avec les étudiants pour vivre notre vie et nous assurer d'être une source de gentillesse, tout comme l'était Elsa, a-t-il déclaré.

Vendredi, Habib Haghjoo a vu l'œuvre d'art pour la première fois. Je pense que les deux se moquent de nous du ciel, a-t-il dit.

Un père reconnaissant

Le gouvernement fédéral a été bon envers M. Haghjoo, a-t-il rapporté, précisant qu'Affaires mondiales Canada l'avait appelé quotidiennement pour des mises à jour sur leurs efforts pour rapatrier les corps de ses proches.

Je n'ai jamais été aussi fier d'être Canadien qu'aujourd'hui, a-t-il déclaré. J'adore, j'adore, j'aime ce sol gelé. Le temps est mauvais, mais j'adore.

Habib Haghjoo voudrait que tout le pays se rende dimanche aux funérailles de ses filles, qui débuteront à 10 h au Centre islamique Imam Mahdi au nord de Toronto, car il dit que les Canadiens ont été très gentils avec sa famille.

Pour sa part, il essaie de rester positif bien qu'il considère que ces belles âmes ont été assassinées.

C'est leur message, dit-il. Il suffit de regarder une autre personne comme un être humain et d’aimer tout le monde.

Un texte de Liam Casey, La Presse canadienne

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