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Le maire de Calgary regrette d'avoir ouvert un seul centre de consommation supervisée

Des cubicules d'injection vides dans un centre supervisé.

Les centres de consommation supervisée dirigent leurs utilisateurs à des services sociaux, pour réussir à se défaire de leur dépendance.

Photo : The Associated Press / Rick Rycroft

Radio-Canada

Le maire de Calgary Naheed Nenshi regrette d’avoir suggéré au gouvernement albertain de n’ouvrir qu’un seul centre de consommation supervisée dans sa ville, au centre médical Sheldon M. Chumir. Il propose maintenant de s’éloigner du modèle centralisé et d’en ouvrir davantage, alors que le gouvernement albertain étudie les effets des centres de consommation supervisée.

Naheed Nenshi se souvient que lors des premières discussions à ce sujet, le plan initial était d’ouvrir plusieurs centres d’un coup.

Je n’ai jamais aimé les centres de consommation supervisée. J’ai toujours cru qu’ils étaient la preuve que notre système ne fonctionne pas, a affirmé Naheed Nenshi lors d’une entrevue accordée à CBC. Mais je comprends qu’ils sauvent des vies et c’est le plus important. Alors j’ai suggéré de n’en avoir qu’un, continue-t-il.

Naheed Nenshi en entrevue face caméra.

Le maire de Calgary Naheed Nenshi veut s'éloigner du modèle centralisé pour les centres de consommation supervisée.

Photo : Radio-Canada

Le centre de consommation supervisée a ouvert ses portes en 2018, dans le cadre d’une stratégie provinciale pour combattre la crise des opioïdes.

Dans ce centre, les individus peuvent utiliser du matériel propre, comme des seringues stérilisées, et consommer leurs drogues dans des cabines désignées, sous la supervision d’une infirmière formée pour traiter les surdoses.

J’avais suggéré d’ouvrir un centre dans une zone où il y a un gros centre médical et plusieurs services complémentaires, et de l’étudier à fond, pour comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, se rappelle Naheed Nenshi.

La sécurité du quartier est remise en question

Les résidents et commerçants du quartier Beltline de Calgary, où se trouve le centre de consommation supervisée, ont fait part de leurs craintes et se sont plaints dès la proposition du projet. Celles-ci se sont intensifiées après l'ouverture.

À cette controverse, s'est ajouté fin janvier 2019 un rapport de police indiquant que le nombre de crimes et d’appels à la police a augmenté de manière importante dans le quartier depuis l’ouverture du centre.

[N'ouvrir qu'un seul centre] était ma suggestion à la province et elle l’a accepté. C’était une erreur.

Naheed Nenshi, maire de Calgary

Le gouvernement provincial a lancé un panel d’experts l'été dernier pour étudier l’effet des centres de consommation supervisée sur le taux de criminalité, la valeur des propriétés et la paix sociale.

Lors d’une conférence de presse à Calgary mardi, le premier ministre albertain Jason Kenney a affirmé qu’il avait lu le rapport préliminaire de ce groupe d’experts et affirme qu’il était possible que la province relocalise certains de ces centres d’injection supervisée.

Il y en a présentement sept dans la province : quatre à Edmonton, un à Calgary, un à Lethbridge et un à Grande Prairie. Un autre centre est proposé dans chacune des villes de Calgary, Red Deer et Medicine Hat.

Une boîte pour disposer de manière sécuritaire d'aiguilles souillées est installée dans un parc de Lethbridge.

La crise des opioïdes a durement touché l'Alberta, avec 458 morts entre janvier et septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Alors que la province étudie un nouveau modèle, je crois qu’une des solutions serait d’avoir plus de centres, pour répartir le problème un peu plus dans toute la communauté, suggère Naheed Nenshi.

Si la province veut réellement déménager le centre de consommation supervisée Sheldon M. Chumir à cause des problèmes spécifiques de ce site, on peut faire ça, ajoute-t-il.

Un rapport publié l’an passé par le Conseil communautaire de l’Alberta sur le VIH a établi que les centres de consommation supervisée de la province ont sauvé les vies de toutes les personnes qui ont fait des surdoses dans leur locaux. Cela signifie qu’aucun utilisateur des centres n’est mort en raison d’une surdose dans ces lieux jusqu'à maintenant.

Avec les informations de CBC News

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