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Quand Saint-Roch devient hors de prix pour une clinique de proximité

La salle d'attente de la coopérative de solidarité SABSA

La salle d'attente de la coopérative de solidarité SABSA

Photo : Radio-Canada

La coopérative de solidarité SABSA, qui offre des soins de santé aux plus vulnérables, peine à se loger en Basse-Ville de Québec. Outre les prix élevés et la rareté des espaces disponibles, ce sont parfois des propriétaires immobiliers qui n'en voudraient tout simplement pas comme locataire.

Voilà un an que SABSA tente de déménager dans des locaux plus grands.

Forte de divers financements publics, la clinique sans médecin, gérée par une superinfirmière, a vu son personnel passer de 6 à 15 employés ces deux dernières années. Le local actuel, rue Saint-Vallier Est, est devenu trop petit.

La salle d'attente compte à peine 7 chaises. Il y a des journées où les gens attendent debout, explique Amélie Bédard, directrice de la coopérative. Il n'y a pas de salle de repas pour les employés. On ferme la porte à l'heure du dîner, on tire le rideau et on installe une table dans la salle d'attente pour manger.

Pas toujours bienvenue

L'organisme dessert 1500 patients chaque année et offre quelque 3500 consultations.

La clientèle se trouve pour la plupart en Basse-Ville. Elle est majoritairement composée de personnes vulnérables, désaffiliées du réseau de la santé, sans médecin et parfois même sans carte de la Régie de l'assurance-maladie du Québec.

L'organisme œuvre également dans la lutte contre les opioïdes, traite des patients atteints du VIH et de l'hépatite C. Pas question de s'installer ailleurs que dans Saint-Roch et Saint-Sauveur, selon Mme Bédard.

On répond à des besoins criants. Il y en a beaucoup plus qu'on pense. On est une ressource essentielle. Il ne faut pas qu'on aille ailleurs.

Amélie Bédard, directrice, coopérative de solidarité SABSA

La recherche de locaux s'avère cependant difficile. L'organisme admet qu'il a des besoins particuliers : un rez-de-chaussée, entre 3000 et 4000 pieds carrés et une infrastructure qui pourra permettre d'aménager sa clinique de proximité.

Mais certaines options ont carrément été écartées d'emblée par des propriétaires d'immeubles eux-mêmes. J'ai regardé différentes opportunités et certains propriétaires nous ont dit que notre clinique ne cadrait pas dans leur vision. [...] Il y a ça aussi à garder en tête : on a une clientèle qui n'est pas nécessairement toujours bienvenue partout, se désole Mme Bédard.

Devant la situation, la coopérative lance un appel à l'ouverture. On fait partie du tissu social et on pense que c'est la contribution des futurs propriétaires et des propriétaires de faire un peu leur part aussi en acceptant de loger des organismes comme le nôtre, plaide sa directrice.

Locaux rares ou trop chers

La rareté des locaux et les prix de location font aussi partie des contraintes. Actuellement, l'organisme paie 15 $ le pied carré. Si on veut bouger dans des espaces un peu plus neufs, on est dans le 25 $ du pied carré. Sans compter les taxes et le coûts des rénovations, ce sont de bonnes augmentations à absorber pour un OBNL comme nous, affirme Amélie Bédard.

Entrée de la Coopérative de solidarité SABSA.

La clinique sans médecin SABSA.

Photo : Radio-Canada

Et un loyer de base trop élevé viendrait tout simplement déstabiliser le budget, déjà dépendant du financement public. Si un local me coûte 120 000 $ par année, ça va ponctionner l'ensemble de mon financement. [...] Il faut être prudent pour les prochaines années, il ne faut pas s'égorger avec un loyer trop cher.

La Ville à la rescousse

La conseillère Émilie Villeneuve, responsable du développement social au comité exécutif de la Ville de Québec, milite pour le maintien de SABSA dans son milieu. C'est un organisme très important le secteur pour une clientèle qui en a bien besoin, dit-elle.

Comme la coopérative, elle appelle les propriétaires immobiliers à devenir des partenaires de SABSA et à écouter leur fibre sociale. Ce que j'ai envie de [dire] aujourd'hui, c'est s'il y a un propriétaire privé qui a envie d'aider un organisme qui aide énormément dans le quartier, contactez-les rapidement, a-t-elle ajouté.

Mme Villeneuve doit par ailleurs annoncer sous peu une nouvelle politique de l'habitation de la Ville. Cette vision de l'habitation, précise l'élue, va inclure des mesures pour protéger les organismes et les logements sociaux, surtout dans un contexte de construction du réseau de transport structurant.

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