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François Legault invite les chefs autochtones à une rencontre au printemps

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, déplore l'accumulation de faux pas du gouvernement Legault.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Valérie Gamache

Ouvertement critiqué de ne pas prendre part aux négociations avec les peuples autochtones sur les suites à donner au rapport Viens, le premier ministre François Legault convoque les chefs des Premières Nations à une rencontre au printemps.

La réponse des chefs dépendra cependant des résultats de la réunion qui se tient lundi à Montréal entre les leaders autochtones et la ministre des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours. Celle-ci sera accompagnée de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, de l'adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, et du député de Sainte-Rose, Christopher Skeete.

Il s'agit de la deuxième rencontre depuis le dépôt du rapport qui conclut que les Premières Nations du Québec sont victimes de discrimination systémique et, pour la seconde fois, le premier ministre n'y participe pas.

Lors de la première rencontre, en octobre dernier, les chefs avaient qualifié l'absence du premier ministre de rendez-vous manqué.

Aujourd'hui, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) s'impatiente et demande au premier ministre de prendre ses responsabilités. Il est important que le premier ministre se responsabilise face à ses dossiers, dit Ghislain Picard.

Ce gouvernement-ci a 16 mois sous la ceinture, [il] me semble qu'il y a plusieurs opportunités qu'on a ratées, si vraiment l'intention et la bonne foi sont vers un renforcement de nos relations, ajoute-t-il.

Gros plan sur le visage de François Legault, la bouche pincée devant un micro.

Lundi se tiendra la deuxième rencontre depuis le dépôt du rapport Viens; François Legault n'aura participé ni à l'une ni à l'autre.

Photo : presse canadienne / Adrian Wyld

Ghislain Picard déplore l'accumulation de faux pas du gouvernement Legault. À chaque fois où on doit rappeler le gouvernement à l'ordre, pour moi, ça constitue un échec, et on peut facilement arriver à une somme d'échecs qui nous font dire qu'on n'est pas sûr que la sincérité est au rendez-vous, tranche-t-il.

Le dernier rappel à l'ordre concerne la contestation du Québec en Cour d'appel de la loi fédérale sur les services à l'enfance des Premières Nations, des Inuits et des Métis, entrée en vigueur le 1er janvier partout au Canada.

La loi C-92 confère le pouvoir aux nations autochtones de mettre en place un système de protection de la jeunesse. L'objectif est de s'assurer que les enfants sont placés dans des familles de leur communauté ou, à tout le moins, de leur nation, pour rester le plus près possible de leur culture. Québec remet en question sa constitutionnalité, parce qu'elle intervient dans un champ de compétence exclusif aux provinces.

La question des problèmes juridictionnels s'est par le fait même imposée à l'ordre du jour de la rencontre. C'est difficile d'entrer dans une rencontre sans référer au contexte politique [...]. On ne peut pas fermer les yeux là-dessus, affirme M. Picard.

Le retrait de la contestation du Québec ne sera toutefois pas une condition à la poursuite des travaux sur la mise en application des 142 recommandations du rapport Viens de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP) et celles de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA). On ne peut pas non plus encourager le statu quo et reporter les rapports à plus tard, précise le chef.

Cette bataille se fera sur un autre terrain, notamment à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse devant laquelle l'APNQL témoignera le 12 février prochain.

La rencontre d'aujourd'hui vise, quant à elle, à établir un plan de travail pour répondre aux recommandations des deux rapports, parmi lesquelles se trouvent l'adoption et la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

En octobre dernier, les élus de l'Assemblée nationale ont voté à l'unanimité en faveur d'une motion de Québec solidaire pour reconnaître les principes de la déclaration. Depuis, les négociations avec le gouvernement Legault n'ont pas progressé. Ça va prendre un gouvernement capable d'oser et d'être audacieux pour mettre le processus en branle, conclut Ghislain Picard.

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