•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Élus et syndicats à Ottawa pour défendre l'industrie de l'aluminium

Des lingots d'aluminium

Donald Trump a suspendu temporairement l’imposition de taxes sur l’acier et l’aluminium canadiens.

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

Une délégation régionale formée d’élus et de représentants syndicaux se rendra à Ottawa, mercredi, pour rappeler au gouvernement Trudeau l’importance de protéger l’industrie de l’aluminium.

Ses membres ont demandé une rencontre avec la ministre des Affaires intergouvernemenatles et vice-première ministre, Chrystia Freeland. Ils veulent obtenir l’assurance que le nouvel accord de libre-échange nord-américain protégera l’industrie et que celle-ci obtiendra sa juste part des contre-tarifs imposés lors de la guerre commerciale avec les États-Unis.

L'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), signé à la fin de 2019, a secoué le milieu régional de l’aluminium. Élus et chefs syndicaux ont uni leurs voix pour décrier l’entente commerciale qui vise à remplacer l’ALÉNA.

Un comité a été créé, un groupe que le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, Alain Gagnon, a surnommé « deux villes, deux alumineries ».

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, le maire d’Alma, Marc Asselin, Alain Gagnon et son homologue du syndicat de l’usine d’Alma, Sylvain Maltais, se rendront donc sur la colline Parlementaire pour demander de meilleures mesures.

Alain Gagnon derrière son bureau.

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida, Alain Gagnon.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Les directeurs généraux de la Société de la vallée de l’aluminium et de Promotion Saguenay seront aussi du voyage.

Nous, ce qu’on interroge, c’est à savoir est-ce que l’aluminium est protégé au même titre que l’acier et le marché automobile? On ne l’a pas ce signal-là encore. Présentement, au-delà de cette entente-là qui n’a pas eu lieu, il y a du métal qui entre à la pochetée au Mexique, qui est refondu et dont on perd la traçabilité, affirme Alain Gagnon.

La rencontre devrait survenir le jour même où le gouvernement Trudeau tentera de faire adopter un projet de loi visant à faire entériner les termes de l’ACEUM le plus rapidement possible.

Contre-tarifs

Le groupe veut aussi obtenir des réponses au sujet de la répartition du montant de 1,3 milliard de dollars récolté par Ottawa en contre-mesures imposées entre 2018 et 2019 aux Américains, en riposte à leurs propres tarifs douaniers.

On sait qu’il y a tout près de 500 millions qui ont été redistribués à l’industrie, du côté automobile et de l’acier en Ontario. C’est correct, c’est bien correct, mais le reste de cet argent-là est où dans l’industrie? On n’a rien vu.

Alain Gagnon, président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida

Alors que le gouvernement affirme avoir redistribué tout l’argent et même plus à des entreprises canadiennes qui ont souffert de la guerre commerciale avec Washington, le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard, croit lui aussi que l’industrie de l’aluminium n’a pas été dédommagée à juste titre.

Selon lui, de meilleures compensations auraient été bénéfiques pour la région, puisqu’elles auraient pu permettre à une entreprise comme Rio Tinto de déployer des projets attendus comme la deuxième phase d’AP60, à Jonquière, et l’agrandissement de l’usine d’Alma.

Pendant la campagne électorale, nous, on avait soumis d’utiliser l’argent des contre-mesures, le milliard de dollars pour relancer les projets régionaux. On avait proposé ça au gouvernement et on avait d’ailleurs reçu le soutien des syndicats à cet effet-là. Donc, c’eut été peut-être une bonne stratégie d’approcher Rio Tinto et de leur offrir peut-être une certaine forme de soutien financier pour relancer l’industrie de l’aluminium et ça, c’est resté lettre morte, croit Mario Simard.

La coalition régionale va demander à la ministre Freeland que soit ajoutée une clause à l’accord nord-américain pour protéger l’industrie canadienne de l’aluminium. Au Québec, cette industrie représente près de 10 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects.

On comprend la sensibilité de Mme Freeland et de M. Trudeau de retourner à la table parce que ça a été adopté, mais s’il n’y a pas un addenda ou une annexe qui vient protéger l’aluminium, c’est dur de se ramener par après, insiste Alain Gagnon.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !