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Du bois aussi résistant que l’acier développé à Amqui

Le procédé multiplie jusqu’à cinq fois sa résistance à la rupture.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Radio-Canada

Le centre de recherche en produits forestiers d’Amqui, aussi connu sous le nom de SEREX, a développé un nouveau procédé qui permet au bois d’être aussi résistant que le béton et l’acier. Ce nouveau procédé serait aussi plus écologique et plus léger, selon ses créateurs.

Dans ce petit centre de recherche de la Vallée de la Matapédia, le chercheur Mounir Chaouch a mis au point une recette pour solidifier le bois. Pour y arriver, un premier traitement est fait pour retirer certains composants du bois. Ensuite, grâce à un procédé à haute-pression, le matériel est densifié.

Une fois densifié, le bois multiplie jusqu’à cinq fois sa résistance à la rupture, affirme Mounir Chaouch.

On a trouvé qu’il faut faire un traitement en amont de la densification. Donc, c’est pour ça qu’on fait le premier traitement, pour enlever certains composants du bois, surtout la lignine et l’hémicellulose.

Un tableau montrant la résistance à la rupture du bois densifié.

Le bois densifié a presque la même résistance à la rupture que l'acier.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Du bois qui arrête les balles

Cette recette de bois super résistant n'est pas la première du genre. L'Université du Maryland a développé un produit tellement puissant qu’il peut arrêter des balles.

Le SEREX soutient toutefois que son produit est beaucoup moins long à fabriquer. Le procédé développé au Maryland nécessite 31 heures pour être réalisé alors que celui du SEREX est terminé en 2,5 heures. De plus, la recette du SEREX exige l'utilisation de très peu de produits chimiques.

Plusieurs avantages

Pour le chercheur, le bois a de nombreux avantages. Premièrement, il ouvre la porte à l’exploitation du tremble, une essence abondante dans les forêts de la région, mais boudée par les industriels. Les recherches de Mounir Chaouch démontrent qu’une fois traité, le tremble peut aisément être comparé à l’acier.

C’est aussi beaucoup plus écologique, selon lui. C’est aussi l’avis du directeur du SEREX, Patrick Dallain.

C’est un moyen de lutter contre les gaz à effet de serre, dit-il. Ce sont des produits biosourcés. Comparé au béton à l’acier ou au plastique, c’est plus avantageux.

Dans un atelier, Mounir Chaouch tient un morceau de bois.

Le chercheur Mounir Chaouch, du SEREX, regarde un morceau de bois qui vient d'être traité.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

L’industrie du ciment menacée?

L'an dernier, les fabricants du ciment ont publié une étude qui soutient que les façons de faire de l’industrie forestière ne sont pas aussi vertes qu’elle le prétend.

Le professeur au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval, Luc Bouthilier, y voit là une industrie qui craint de perdre des parts de marché.

La charge du lobby du béton montre tout simplement qu’on a un produit vert qui peut faire une différence au plan environnemental tout en étant économiquement recevable par les constructeurs.

Le SEREX espère maintenant trouver une entreprise qui acceptera d'investir pour développer un produit en bois haute-densité.

Avec les informations de Jean-François Deschênes

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