•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En semi-liberté, Eustachio Gallese avait une stratégie pour répondre à ses besoins sexuels

Eustachio Gallese à la sortie de la centrale de police Victoria, à Québec.

Photo : Radio-Canada

Audrey Paris

Eustachio Gallese pouvait rencontrer des femmes pour répondre à ses besoins sexuels, souligne son dossier de réinsertion sociale. Au lendemain de sa mise en accusation pour le meurtre de Marylène Levesque, 22 ans de Saguenay, plusieurs se demandent pourquoi l'accusé a pu se retrouver seul avec elle.

Eustachio Gallese purgeait une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans pour le meurtre au deuxième degré de sa conjointe en 2004.

Dans une décision rendue en septembre 2019 concernant l’accusé de 51 ans, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a écrit : en audience, votre agente de libération conditionnelle a souligné qu'une stratégie a été développée afin que vous puissiez rencontrer des femmes, mais seulement afin de répondre à vos besoins sexuels.

Son processus de réinsertion sociale a été entamé en 2016 et il était en semi-liberté depuis le mois de mars, l’an dernier.

Un ancien commissaire des libérations conditionnelles admet être surpris de voir que monsieur avait un stratagème pour lui permettre d’avoir des relations sexuelles avec des prostituées.

Jean-Claude Boyer affirme ne jamais avoir identifié un cas similaire au cours des six années durant lesquelles il était commissaire.

Jean-Claude Boyer avec un veston et une cravate regarde la caméra.

Jean-Claude Boyer a été commissaire à la Commission des libérations conditionnelles du Canada durant six ans.

Photo : Radio-Canada

Il fait remarquer que, dans la décision de septembre 2019, la commission soulignait que cette stratégie de gestion du risque telle que comprise et présentée en audience constituait paradoxalement un facteur de risque important et inquiétant.

M. Boyer estime que la Commission des libérations conditionnelles aurait dû empêcher que ce genre de relation intime survienne entre le meurtrier et une femme.

Les travailleuses du sexe ébranlées

La victime, Marylène Levesque, 22 ans, travaillait dans un salon érotique de Québec.

On est fortement ébranlé, c’est la consternation, affirme Geneviève Quinty, directrice générale de Projet Intervention Prostitution Québec.

Il n’y a pas de mot, c’est inacceptable. Peu importe dans quel contexte que ça arrive, peu importe à qui ça arrive, c’est d'abord un féminicide.

Geneviève Quinty

Une femme de Québec, qui se décrit comme une survivante de la prostitution, se dit elle aussi révoltée.

Ça atteint des niveaux assez intenses, confie Rose Sullivan. J'ai l’impression qu'une jeune de 22 ans a été sacrifiée pour assouvir les désirs d'un homme qu'on savait dangereux.

Rose Sullivan avec un manteau noir, dans un décor hivernal, parle devant un micro de journaliste

Rose Sullivan travaille auprès des travailleuses du sexe.

Photo : Radio-Canada

Elle affirme que l’histoire de Marylène Levesque lui rappelle des souvenirs douloureux. Une agression dans un hôtel… c’est très proche de ce que j’ai vécu.

Du travail sur le terrain

Des intervenants de Projet Intervention Prostitution Québec ont rencontré des collègues de la victime qui travaillaient dans le même salon de massage érotique.

Les intervenants sont disponibles pour accueillir les émotions qui émergent d’un événement comme celui-là, mentionne Geneviève Quinty. Ils donnent un peu de chaleur, voire juste un accueil, écouter.

Elle ajoute que même si le risque zéro n’existe pas, les travailleuses du sexe doivent savoir comment prendre des mesures pour assurer leur sécurité.

C’est sûr que dans le contexte d’un salon de massage, c’est différent, ajoute-t-elle, il y a plus de filtres pour tenter de réduire les risques de rencontrer des clients violents.

Geneviève Quinty avec un chandail foncé et des lunettes de vue sur la tête.

Geneviève Quinty est directrice générale de l'organisme Projet Intervention Prostitution Québec

Photo : Radio-Canada

Geneviève Quinty rappelle que les travailleuses du sexe vivent différents types de violence, dont la stigmatisation. Il ne faut pas oublier que dans ce cas-là [la mort de Marylène Levesque], ce gars-là, l’odieux, c’est lui dans l’histoire. Elle espère que les gens feront preuve d’ouverture et ne porteront pas de jugement.

Personne ne mérite ça. Il n’y a rien qui justifie la violence qu’on subit parce qu’on est travailleuses du sexe, affirme-t-elle.

Avec les informations d'Alexandra Duval et Nicole Germain

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Crime sexuel