•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Les Cyniques : l’humour à la fois noir et éclairant des années 1960

Les Cyniques : Serge Grenier, Marcel St-Germain, Marc Laurendeau et André Dubois.

Le groupe les Cyniques, avec son humour mordant, a fait rire les Québécois de 1961 à 1972.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au début des années 1960, un groupe formé de quatre jeunes humoristes vient révolutionner la façon de rire des Québécois. Précurseurs d’un humour politisé et corrosif, les Cyniques ont souvent accordé des entrevues aux journalistes et aux animateurs de Radio-Canada pour expliquer leur style irrévérencieux.

Les Cyniques : rire et réfléchir

« Au moment où on a commencé à faire du spectacle à l’université, c’est là qu’on a pris le nom les Cyniques, parce que ça définissait bien notre genre d’humour, un peu méchant sur les bords. »

— Une citation de  Marc Laurendeau, membre des Cyniques

Les Cyniques font leurs débuts à l’Université de Montréal, où ils donnent d’abord des spectacles devant un public étudiant.

Issus des disciplines du droit et de la philosophie, André Dubois, Marc Laurendeau et les regrettés Marcel Saint-Germain, décédé en 2007, et Serge Grenier, décédé en 2012, osent dire tout haut ce que bien des jeunes, mais aussi des plus vieux, pensent tout bas.

La chute de l’Union nationale en 1960 et l’éclatement qui s’ensuit ouvrent une brèche irrésistible à un humour qui égratigne plusieurs figures emblématiques de l’époque.

Une époque que de plus en plus de Québécois souhaitent voir révolue. Les autorités religieuses et politiques seront les têtes de Turc préférées des Cyniques durant cette ère de Révolution tranquille.

Commentaires des spectateurs à la suite de la prestation du groupe humoristique les Cyniques. La journaliste Renée Larochelle s’entretient avec les membres du groupe.

Le 4 août 1967 à l’émission Aujourd’hui, la journaliste Renée Larochelle recueille les commentaires de spectateurs qui sortent de la salle après une prestation du groupe. Plusieurs apprécient l’insolence des Cyniques.

« C’est toujours à double sens. Il n’y a pas de relâche non plus. Ça pourrait choquer des esprits étroits, je pense, mais il faut qu’ils jettent les tabous par terre, il y en a trop eu dans tous les domaines et ils font très, très bien ça! »

— Une citation de  Spectatrice

« Ça réveille, j’allais dire, c’est comme la phrase de de Gaulle quoi, ça réveille!  »

— Une citation de  Spectateur

Renée Larochelle s’entretient ensuite avec les quatre membres du groupe qui ne nient pas aimer choquer, mais souhaitent d’abord faire rire avec leurs sketches.

« Ça a été un phénomène tout à fait spontané, c’est l’époque qui a voulu que notre humour prenne cette forme-là. Nous, tout ce qu’on voulait à ce moment-là, c’est être drôles, parce que ça nous était naturel et qu’on aimait ça. »

— Une citation de  André Dubois, membre des Cyniques

Le quatuor sortira des murs de l’université et gagnera rapidement en popularité. Le groupe commencera à se produire dans les boîtes à chansons telles que la Casa Loma. Ils seront présents à la Comédie canadienne lors de l’Expo 67. Ils animeront le Gala du disque, participeront au Bye bye 1971 et enregistreront des disques.

Entrevue de la journaliste Line Bourgeois avec les Cyniques (André Dubois, Serge Grenier, Marc Laurendeau et Marcel St-Germain) sur leur prochain spectacle à la Place des Arts et sur un projet de film (ce sera «IXE 13» de Jacques Godbout).

Le 13 avril 1971, la journaliste Line Bourgeois reçoit les Cyniques à l’émission Les 2D. Il est question de leur premier spectacle à la Place des Arts, qui sera présenté dans les jours suivants, et du tournage de leur film IXE-13, produit par Jacques Godbout.

Se retirer en pleine gloire

Les Cyniques seront actifs de 1961 à 1972. Vulgaires pour certains, éveilleurs de conscience pour d’autres, ils ne laisseront personne indifférent. Certains de leurs sketches restent aujourd’hui mémorables, on n'a qu’à penser à ceux parodiant le cardinal Paul-Émile Léger, Camil Samson ou Robert Bourassa.

D’un commun accord, le groupe quittera la scène en 1972. Après 11 ans à faire de la scène, de la télévision et du cinéma, les Cyniques tirent leur révérence. Les membres ont d’autres aspirations.

Entrevue de l’animateur Gaston L’Heureux avec les Cyniques qui expliquent la fin de leur aventure en tant que groupe d’humoristes et leur prochain projet individuel respectif.

Le 6 mai 1972, les Cyniques participent à l’émission Au masculin animée par Gaston L’Heureux. Devant un verre de punch effervescent, à l’image de ce Québec en ébullition des années 1960 et 1970, l’animateur questionne les Cyniques sur leur choix de mettre fin au groupe et sur leurs projets.

André Dubois souhaite poursuivre en droit municipal. Marcel Saint-Germain est passionné par la Chine. Marc Laurendeau poursuit une maîtrise en science politique, alors que Serge Grenier souhaite continuer son chemin ailleurs dans le monde du spectacle.

« On a le goût de faire autre chose [...] On a le goût de se retrouver en tant qu’individus, vivre avec trois fous pareils ce n’est pas un cadeau [rires]. »

— Une citation de  André Dubois

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.