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Le groupe Tiru délaissera ses centres de tri, selon la Ville de Montréal

Des matières recyclables.

La Ville de Montréal a débloqué une aide de 29 millions de dollars en 2018 pour soutenir le groupe Tiru, gestionnaire des ses centres de tri de matières recyclables.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le gestionnaire de centres de tri de matières recyclables de la métropole, le groupe Tiru, a l’intention de cesser ses activités, selon la Ville de Montréal.

Rebuts Solides Canadiens (RSC), une filiale du groupe Tiru, a informé la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec de sa décision vendredi matin lors d’une réunion à laquelle participait aussi Recyc-Québec. C’est l’entreprise qui avait convoqué ses partenaires.

L'entreprise gère quatre centres de tri au Québec, dont deux à Montréal, à Lachine et dans le quartier Saint-Michel, dont la Ville est propriétaire. Les deux autres sont situés à Châteauguay et à Saguenay.

Il y a eu zéro négociation ce matin. La rencontre, c’était vraiment pour informer qu’ils voulaient se retirer, a précisé Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens au comité exécutif de la Ville de Montréal, en point de presse.

Ils n’ont pas donné de date, mais on parle de très, très court terme, a-t-il affirmé, en ajoutant qu’il laissait le soin à l’entreprise d’en faire l’annonce à ses employés et aux médias.

Le contrat qui lie Rebuts Solides Canadiens à la Ville de Montréal est arrivé à échéance le 31 décembre 2019.

Invoquant la crise mondiale du recyclage et la chute du prix des matières recyclables, l'entreprise réclamait une aide financière à la Ville, comme cela avait été le cas en 2018. Montréal avait alors débloqué une aide de 29 millions de dollars.

Jeudi, la mairesse Valérie Plante a toutefois été très claire au sujet de l'incapacité de la Ville à payer de nouveau.

L'entreprise dit vouloir une sortie de crise

Du côté de Rebuts Solides Canadiens, on affirme que les discussions se poursuivent, contrairement à ce qu'a annoncé Jean-François Parenteau.

La « réunion avait pour but d’explorer les solutions possibles pour sortir de l’impasse financière dans laquelle se trouve le Groupe RSC en raison de l’effondrement du marché mondial du papier recyclé », a fait savoir l'entreprise par communiqué.

À l’issue de la réunion, aucune solution n’a été privilégiée pour résoudre cette crise, a déploré RSC. Les discussions entre les différentes parties se poursuivent.

Jeudi, le conseiller Francesco Miele, qui est également leader adjoint de l’opposition officielle et vice-président de la Commission de l’environnement, avait dénoncé une situation de « chantage », où les contribuables montréalais et la Ville de Montréal sont « pris en otage » par une entreprise.

Les malheurs financiers des centres de tri ont commencé lorsque la Chine a décidé de resserrer ses critères de qualité sur les matières recyclables importées. De plus, le prix des matières recyclables, dont le papier journal, a chuté de plus de 50 % sur les marchés mondiaux depuis un an. À titre d’exemple, le prix d’un ballot de papier mixte est passé de 49 $ à 9 $.

À la Ville de Montréal, comme à Québec, on affirme vouloir éviter à tout prix que des matières recyclables ne se retrouvent au site d'enfouissement.

Présentement, on regarde les différentes options, a dit Jean-François Parenteau, assurant que l'administration travaillait depuis déjà un certain moment à des solutions de rechange.

Dans l’équation, le gouvernement du Québec va avoir un rôle primordial à jouer, a-t-il prévenu.

De nouvelles façons de faire

Pour Marc Olivier, professeur et chercheur en gestion des matières résiduelles à l’Université de Sherbrooke, les solutions à la récupération au Québec passent d’abord par un tri de qualité.

On a comme petit problème d’avoir de très vieux centres de tri au Québec qui ne peuvent pas traiter facilement toutes les matières qu’on voudrait recycler. Donc le tri qui se fait est souvent de pas très bonne qualité. Il y a très peu d’entreprises d’Amérique du Nord qui acceptent d’acheter nos matières, car elles ne sont pas bien triées, explique-t-il.

Si les ballots sont bien triés, la demande est toujours là.

Marc Olivier, expert en gestion des matières résiduelles

Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, est du même avis. Il croit que le tri des matières recyclables devrait être d’abord fait à la maison.

Il faudrait minimalement mettre la fibre [papier] d’un côté et le plastique/métal de l’autre. Peut-être avoir des collectes alternées, une semaine pour la fibre, l’autre semaine pour les autres matières, dit-il.

Les deux hommes s’entendent aussi pour dire qu’il serait essentiel de développer des marchés dans la province pour vendre et recycler nos propres matières résiduelles.

Les modèles d’affaires qui sont développés sont basés sur l’exportation, déplore Karel Ménard.

Et à court terme, à Montréal, pour éviter un arrêt des opérations qui aurait pour conséquence une accumulation encore plus importante des matières à trier, M. Olivier pense que la Ville pourrait suivre l’exemple de Sherbrooke.

Il y a deux ans, la ville de l’Estrie a été confrontée à son centre de tri à un opérateur privé qui s’est mis à donner des services de moindre qualité et à demander plus de financement. Sherbrooke a elle-même expulsé l’opérateur pour reprendre les choses en mains, en embauchant des employés et en réorganisant les façons de faire.

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