•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des modérateurs de Youtube obligés de consentir aux risques de stress post-traumatique

Profil en noir d'un homme assis sur une chaise et qui a le front appuyé dans sa main.

De plus en plus de personnes travaillant dans la modération de contenu doivent composer avec un stress post-traumatique causé par le contenu violent.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le personnel de modération de YouTube est invité à signer un document dans lequel il reconnait que son travail peut causer un trouble du stress post-traumatique (TSPT), selon The Verge, qui a obtenu des documents et mené des entrevues avec des personnes employées par YouTube.

L’entreprise Accenture gère l’un des plus grands centres de modération de contenu YouTube à Austin, au Texas. Elle distribue le document en question depuis le 20 décembre dernier, quatre jours après que The Verge a publié une enquête sur le TSPT qui affecte de plus en plus d’employés et employées de l’établissement.

Viol, décapitations, torture, pédopornographie… Le personnel qui modère le contenu publié sur YouTube doit faire face quotidiennement au pire de ce que l’humanité peut imaginer, afin de faire respecter les règles de publication de YouTube et donc de protéger les internautes.

« Il est possible que le visionnement de tels contenus puisse avoir un impact sur ma santé mentale, et même mener à un trouble du stress post-traumatique (TSPT) [...]. J’avertirai mon superviseur ou le responsable des ressources humaines si je crois que le travail affecte négativement ma santé mentale », peut-on lire dans le document distribué par Accenture.

Différentes ressources comme un « coach de bien-être » et une ligne d'assistance téléphonique sont proposés aux modérateurs et modératrices en souffrance. En signant ce document, les personnes acceptent aussi qu'« aucun travail ne vaut la peine que je sacrifie ma santé mentale ou émotionnelle » et que « cet emploi n'est pas pour tout le monde ».

Renversement du fardeau de responsabilité

Le document ne stipule pas qu'Accenture prendra des accommodements raisonnables pour les employés et employées qui deviendraient invalides à cause du travail, comme le requiert la loi fédérale américaine.

Selon des spécialistes du droit du travail consultés par The Verge, le langage utilisé dans le document peut laisser croire que des personnes pourraient être mises à pied si elles devenaient invalides, ce qui serait illégal.

Accenture a assuré que la signature du document était entièrement volontaire, mais deux membres du personnel actuel ont affirmé à The Verge qu'ils avaient été menacés de congédiement s'ils ne le signaient pas.

[Les entreprises de modération de contenu] tentent de rejeter le blâme sur les membres du personnel et de leur faire croire qu'il y a quelque chose qui cloche avec leur propre comportement.

Hugh Baran, avocat pour l'organisme National Employment Law Project

Un problème endémique et des poursuites

La montée des troubles du stress post-traumatique chez les modérateurs et modératrices de contenu n'est pas un problème nouveau. Plusieurs médias ont rapporté dans les dernières années des histoires d'horreur provenant des sociétés tierces en contrat avec YouTube, sa maison mère Google ou encore Facebook.

Selon ce que rapportait le magazine Vice en décembre 2019, Sean Burke et d'autres employés de CPL Resources, sous-traitants de Facebook en Irlande, ont intenté une poursuite contre les deux compagnies, affirmant qu'ils avaient souffert de « traumatisme psychologique » en raison des piètres conditions de travail et du manque de formation adéquate pour préparer le personnel au visionnement de contenu choquant.

Facebook faisait déjà l'objet d'une demande de recours collectif déposée en Californie par deux anciens modérateurs.

Avec les informations de The Verge, et Vice

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Réseaux sociaux

Techno