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« Je ne crois pas à l'astrologie chinoise, mais... »

Les jeunes Canadiens d'origine chinoise ont beau « ne plus croire » à cette ancienne tradition, son influence reste bien vivante.

Les gens prient au temple bouddhiste de Richmond, en Colombie-Britannique.

Les croyances liées au zodiaque sont encore très répandues, et ce, malgré la présence forte d’une idéologie communiste qui a découragé ce type de superstition, note la professeure Anna Ghiglione.

Photo : Radio-Canada / Tina Lovgreen

Geneviève Lasalle

« Je suis Chèvre, mais je ne crois pas vraiment à l'astrologie chinoise », lance Michael Lin, un millénarial d’origine chinoise. Samedi, plusieurs communautés asiatiques entreront dans l’année du Rat, premier signe animal d’un calendrier qui en compte 12.

Même si le jeune homme se montre sceptique devant cette tradition, indissociable du Nouvel An lunaire, il clame, convaincu, que l’année qui vient sera dynamique et divertissante, à l’image du petit rongeur.

Histoire ancienne, héritage moderne

À l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), la mention de l'astrologie chinoise fait sourire des étudiants qui, pour la plupart, appartiennent à la première génération de Sino-Canadiens.

Photo de Queenie Zhang, étudiante à l'UBC.

Au Canada depuis l'âge de 4 ans, Queenie Zhang explique que ce sont ses parents qui lui ont enseigné les coutumes du Nouvel An lunaire.

Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

Je sais que je suis Serpent, mais je n’en connais pas l’importance, lance Queenie Zhang, une étudiante née en Chine et arrivée à Vancouver à l’âge de 4 ans. Mes parents, par contre, croient que certains animaux doivent se marier, dit-elle en riant.

Les générations plus âgées suivent le calendrier lunaire et croient très fortement à l'astrologie, et surtout aux associations entre la personnalité d’un individu et de son animal, renchérit une autre étudiante, Emily Luo.

J'ai grandi dans un environnement où il est traditionnel de savoir quel est votre [signe] et les gens vous jugent un peu en fonction de cela.

Emily Luo, étudiante à l'UBC

C'est au cours de la dynastie Qin, entre 221 et 207 avant notre ère, que les Chinois créent le système des 12 animaux liés à un cycle de 12 ans, explique le professeur Robin D.S. Yates, de l’Université McGill.

Porter son identité culturelle

En dépit de ce qu'ils considèrent comme une « chose du passé », les étudiants tiennent à ce pan important de leur culture.

Avec les médias sociaux, notre attention est portée sur ce qui est nouveau et tendance, remarque Queenie Zhang. Cette tradition est quelque chose qui doit être valorisé.

C’est une identité que nous portons en nous, résume Bryan Kou, né en 2000, l’année du Dragon. 

Photo de Bryan Kou, étudiant à l'UBC.

Le Nouvel An lunaire vient mettre en lumière les enseignements de l'astrologie chinoise, selon Bryan Ku, étudiant à l'UBC.

Photo : Radio-Canada / Alex Lamic

Même si l'étudiant ne porte pas une attention particulière à la signification de son signe, il n'en ressent pas moins une certaine influence.

Le Dragon est mythique, il vole. Être Dragon me donne un sentiment de pouvoir, parce qu'il peut aller où il veut. J'ai l'impression de pouvoir aller où je veux.

Bryan Kou, étudiant à l'Université de la Colombie-Britannique

Il ne faut pas y voir une adhésion psychologique totale, fait pour sa part valoir Anna Ghiglione, professeure titulaire au Centre d'études asiatiques de l’Université de Montréal, mais il est néanmoins frappant de constater la réémergence de ces valeurs traditionnelles dans la culture populaire actuelle, observe-t-elle.

Dans l’ère post-maoïste qui est la nôtre, les croyances [à l'astrologie] sont reprises par plusieurs membres de la population chinoise. Elles sont loin d’être mortes, conclut-elle.

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