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Le Doc Mailloux veut faire rejeter le rapport présentenciel de Paul Mukendi

Le Dr Mailloux devant un micro de Radio-Canada

Le Dr Mailloux veut que le Collège des médecins mette à jour ses lignes directrices.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

Radio-Canada

L’agent de probation qui a rédigé le rapport présentenciel du pasteur Paul Mukendi, reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure, a outrepassé son champ d’expertise en émettant une interprétation de ses observations, a témoigné le psychiatre Pierre Mailloux au palais de justice de Québec.

Paul Mukendi a été reconnu coupable de neuf chefs d’accusation en juin dernier, dont agression sexuelle, voies de fait et menace de mort. Sa victime était mineure au moment des faits.

L’agent de probation, Frédéric Migneault a rencontré le pasteur Mukendi à deux reprises, pour un total de trois heures, afin de parler de son parcours et d'évaluer son risque de récidive.

Le pasteur de l'église Parole de Vie à Québec porte sa cause en appel. Il nie toujours les gestes dont il a été reconnu coupable.

La défense veut maintenant faire rejeter ce rapport qu'elle avait demandé, puisqu’elle juge que M. Migneault a outrepassé son expertise de travailleur social dans son rapport. Elle a appelé le Doc Mailloux en tant que psychiatre expert pour démontrer sa thèse.

Dans son rapport, l’agent de probation remarque que M. Mukendi projette une image très positive de lui-même et ne semble pas admettre de problèmes. 

Il indique qu’il est préoccupé par un risque de récidive de l’accusé et qu’il démontre un potentiel manipulatoire.

Toujours selon le rapport, le discours de Paul Mukendi est dénué d’émotions. Il ne paraît pas ébranlé par le processus judiciaire ou la conduite qu’on lui reproche.

Pierre Mailloux a martelé en cour que Frédéric Migneault n’a pas la formation ni les capacités pour faire l’interprétation de ses observations.

Il a outrepassé, interprété et induit le lecteur en erreur [...] L’interprétation est dangereuse parce qu’il n’a pas la formation, a dénoncé M. Mailloux. 

L’agent de probation quant à lui s’est défendu d’avoir outrepassé sa compétence. « Quand on me dit que j’émets un diagnostic, je suis en désaccord », a-t-il plaidé.

Les audiences de détermination de la peine se poursuivent en après-midi.

Des peines très différentes

La Couronne demande une peine sévère de 8 à 10 ans de prison pour Paul Mukendi, tandis que la défense veut éviter la prison à son client. Le juge a souligné la différence marquée entre les deux demandes. 

La procureure de la Couronne Sonia Lapointe a insisté sur le caractère « odieux » du crime, qui s’est étalé sur plusieurs années. Elle a aussi parlé de la gravité des gestes, qui ont laissé des cicatrices à la victime.

L’avocate de Paul Mukendi quant à elle requiert trois ans de probation et des heures de service communautaire. Elle invoque plusieurs facteurs atténuants, comme l’absence d’antécédents du pasteur, son respect de ses conditions de libération et son rôle de pourvoyeur auprès de sa famille.

La défense a aussi fait entendre deux témoins, la femme du pasteur et son attachée de presse, pour témoigner de l’impact négatif de la couverture médiatique sur Paul Mukendi.

La peine sera prononcée le 27 février. 

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Québec

Justice et faits divers