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La course à la direction ne doit pas être une distraction, avertit Andrew Scheer

Le reportage de Louis Blouin.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Joëlle Girard

À quelques jours de la rentrée parlementaire à Ottawa, le chef conservateur Andrew Scheer a appelé son caucus à ne pas se laisser distraire par la course au leadership qui s’amorce afin de tenir à l’œil le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau.

M. Scheer, qui a donné sa démission comme chef du Parti conservateur à la mi-décembre, s’adressait à ses troupes tout juste avant la reprise des travaux à la Chambre des communes, lundi.

Les libéraux de Trudeau pensent peut-être que la course leur laissera le champ libre, mais ils se trompent. Nous allons continuer de travailler à Ottawa et en Chambre, tous les jours, à nous battre pour défendre notre vision du pays, a lancé Andrew Scheer, comme un message à l’endroit des élus conservateurs afin de faire barrage aux troupes libérales.

Les parlements minoritaires peuvent prendre fin brusquement et de manière inattendue. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une seule journée.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Reprenant les grandes lignes de sa stratégie électorale, Andrew Scheer a étayé les dossiers sur lesquels les conservateurs comptent mettre les libéraux au pas, le tout ponctué de quelques attaques directes à l’endroit du premier ministre.

Il a notamment évoqué le climat de division qui règne au pays, avec les libéraux qui ont été presque complètement évincés des Prairies. Il a aussi attaqué Justin Trudeau sur sa performance à l’international, et plus précisément sur sa gestion de la relation sino-canadienne, dénonçant les tarifs douaniers qui ont fait mal aux agriculteurs et la détention illégale depuis plus d’un an de Michael Kovrig et Michael Spavor.

Quant aux travaux prévus à la Chambre des communes, il a annoncé les couleurs du Parti conservateur quant au projet de loi sur l’interdiction des armes d’assaut qui se trouve dans les cartons libéraux. Soyons clairs au sujet de ce dont il s’agit vraiment : c’est une attaque à l’endroit des propriétaires d’armes à feu honnêtes, des chasseurs, des agriculteurs et des tireurs sportifs. Des Canadiens honnêtes qui se conforment déjà à la loi.

Il s’est enfin dit très inquiet du premier budget que comptent présenter les libéraux en tant que gouvernement minoritaire. Trudeau va tenter d’acheter les votes du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois afin de faire adopter son budget. Le moment venu, il va aussi tenter de racheter sa majorité, a-t-il prévenu, précisant que cela signifiait que plus de dépenses inutiles étaient à venir.

Les yeux rivés sur la course

Ce caucus conservateur met un terme à une semaine importante dans la course à la chefferie au cours de laquelle de nombreux candidats potentiels ont annoncé qu'ils ne feraient pas le saut.

Parmi ceux-ci, on compte de grosses pointures, dont l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest, l'ancienne députée et chef intérimaire du parti Rona Ambrose, et le député de Carleton Pierre Poilievre.

L’ancien ministre conservateur Peter MacKay, qui semble favori pour le moment, doit pour sa part annoncer samedi qu’il se portera candidat, chez lui, dans la circonscription de Nova-Centre, en Nouvelle-Écosse.

La tenue du caucus conservateur vendredi a donc été l'occasion de sonder les élus à son sujet. Peter Mackay est évidemment un excellent candidat. Mais si on veut aller chercher plus d’appuis, on a besoin d’une nouvelle image et d’une perspective différente, pas des mêmes vieilles rengaines, a affirmé la députée Marilyn Gladu, elle-même candidate.

Marilyn Gladu serre la main d'Andrew Scheer à son arrivée au caucus conservateur.

Selon la candidate Marilyn Gladu, les politiques sociales du Parti conservateur n'ont pas eu d'écho en Ontario sous Andrew Scheer. une situation qu'elle compte changer, dit-elle.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La députée ontarienne s'est par ailleurs dite surprise de la décision de Pierre Poilievre de ne pas briguer la chefferie. Pierre a travaillé très fort pour parler à tous les membres et amasser des signatures, mais je respecte sa décision. [...] Pour moi, évidemment, ça ouvre la voie, a-t-elle admis.

Gérald Deltell a pour sa part affirmé que le prochain chef devrait absolument maîtriser le français. La réalité, c’est que chacun doit faire la démonstration de la qualité de son français dans un débat. Et il n’y a rien de mieux qu’un débat pour démontrer si oui ou non vous êtes capable de parler en français, a-t-il dit, ajoutant que Peter Mackay doit faire la preuve qu’il est bilingue.

Une élue conservatrice de l'Alberta a quant à elle déploré le fait que le bilinguisme prend trop de place dans la course à la direction de son parti. Jusqu'à présent, tout le débat a porté sur la langue française, a lancé Michelle Rempel Garner, demandant pourquoi les difficultés dans l'Ouest canadien n'ont pas fait couler davantage d'encre.

Andrew Scheer demeurera en poste jusqu'à ce que son successeur soit choisi, le 27 juin prochain, à Toronto.

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