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Le bar à vin Mon lapin est à son tour la cible d'activistes

Le chef Marc-Olivier Frappier se tient devant son établissement.

Marc-Olivier Frappier, chef copropriétaire du restaurant Mon lapin, a constaté que la serrure de la porte était remplie de colle avant de retrouver dans sa boîte aux lettres une note dénonçant le fait que du foie gras soit au menu de son établissement.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussière-McNicoll

Radio-Canada

Après les restaurants Joe Beef et Manitoba, le bar à vin Mon lapin, situé dans l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, a été la cible de méfaits dénonçant la consommation de viande.

Lorsqu’il a quitté le travail jeudi soir, le copropriétaire du bar à vin de la rue Saint-Zotique, Marc-Olivier Frappier, a constaté que la serrure de la porte du commerce avait été remplie de colle.

Dans la boîte aux lettres de l’établissement, il a trouvé une note manuscrite dénonçant le fait que son restaurant propose du foie gras à ses clients.

La note rédigée à la main sur une feuille lignée qualifiait également Mon lapin de nouveau terrier de l’équipe du Joe Beef.

Selon les auteurs de la note, le bar à vin Mon lapin sert le foie gras de Fernande Ouellet. Canards de pâturage, gavés à la main et tués dans Le petit abattoir.

Photo d'une note manuscrite.

Dans la note manuscrite laissée au bar à vin Mon lapin, l'auteur reproche au restaurant de servir du foie gras de canards « gavés à la main et tués dans Le petit abattoir ».

Photo : Radio-Canada

Pour Marc-Olivier Frappier, en agissant ainsi, les militants antispécistes prennent de mauvais moyens et de mauvaises cibles.

On est très ouvert au dialogue. On est un restaurant qui se pose beaucoup de questions sur l’éthique en agriculture. Je trouve qu’y aller par le vandalisme, ce n’est pas vraiment une façon d’ouvrir le dialogue.

Marc-Olivier Frappier, copropriétaire du bar à vin Mon Lapin

« Ce n’est pas en mettant de la colle dans des serrures et en faisant de l’intimidation par des lettres qu’on va finir par se parler. Puis, je crois qu’il y a des plus grands joueurs qui ne se posent pas ces questions-là et qui font vraiment du tort à l’industrie de l’agriculture au Québec », ajoute-t-il.

Pour sa part, le militant antispéciste Samuel Vallerand, qui est membre du Collectif antispéciste pour la solidarité animale de l’UQAM, ne croit pas non plus que le vandalisme est « pour le moment » la meilleure stratégie à adopter.

Le message que ça envoie est contre-productif, parce que tout ce que les gens voient, c’est la violence qui est faite envers les employés et les clients de l’établissement. […] Mais peut-être qu’un jour la violence va être nécessaire pour aller plus loin, comme elle l’a été dans d’autres mouvements.

Samuel Vallerand, membre du Collectif antispéciste pour la solidarité animale de l’UQAM
Le jeune homme est photographié devant l'UQAM.

Samuel Vallerand est membre du Collectif antispéciste pour une solidarité animale de l'UQAM.

Photo :  Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Un troisième restaurant en deux semaines

Rappelons que le 11 janvier dernier, le restaurant Joe Beef a été la cible d’une action de la part de militants véganes.

Des manifestants munis d’affiches dénonçant la consommation de viande ont envahi pendant une dizaine de minutes la salle à manger du restaurant Joe Beef, qui est l’une des tables les plus connues de la métropole.

L'affiche extérieure du restaurant Joe Beef.

Le restaurant Joe Beef, dans le sud-ouest de Montréal, est un établissement très prisé de la métropole.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Quelques jours plus tard, le 21 janvier, les propriétaires du restaurant Manitoba, situé sur la rue Saint-Zotique Ouest, dans le quartier Mile-Ex, ont retrouvé la serrure de leur commerce remplie de colle, le tout accompagné d’une note manuscrite accusant le chef Simon Mathys d’avoir du sang sur les mains et que des milliers d’oies et de canards payaient injustement de leur vie pour un simple plaisir gustatif.

Une note manuscrite sur une feuille lignée indique : « Votre chef Simon Mathys a du sang sur les mains et vous en êtes complices. Des milliers d'oies et de canards payeront injustement de leur vie pour assouvir un simple plaisir gustatif dans ce futur projet d'abattoir ». La note n'est pas signée. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les vandales ont laissé une note manuscrite sans équivoque dans la boîte aux lettres du restaurant.

Photo : Facebook/Restaurant Manitoba

En plus de la serrure pleine de colle, la note laissée au Manitoba est très semblable à celle découverte vendredi matin au restaurant Mon lapin, ce qui pourrait suggérer un modus operandi.

Le petit abattoir

Les auteurs des méfaits font référence chaque fois à l’association de ces établissements avec le projet de coopérative Le petit abattoir, qui est en cours de financement. Il prévoit offrir dans la ville de Granby, en Montérégie, un service d'abattage de volailles à petite échelle destiné aux petits producteurs locaux et aux élevages dits marginaux.

Selon les auteurs du projet, ce nouveau type d'abattoir doit répondre à des impératifs de bien-être animal et aux enjeux environnementaux par la réduction des distances parcourues par les animaux.

Les propriétaires du bar à vin Mon lapin ont contacté le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour déposer une plainte dans cette affaire.

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