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Coronavirus : un Canadien « prisonnier » à Wuhan, ville en quarantaine

Trois piétons traversent une rue par une nuit pluvieuse.

On ne croise plus que quelques passants dans les rues de Wuhan, une grande ville de plus de 10 millions d'habitants.

Photo : AFP / Hector Retamal

Radio-Canada

Depuis que le gouvernement chinois a annoncé la fermeture de la ville de Wuhan, foyer de la propagation du nouveau coronavirus, la vie de ses résidents est bouleversée. Le Canadien originaire de Sudbury Terry Collinge, qui enseigne l’anglais à des élèves du primaire à Wuhan, est au cœur d’une importante procédure de mise en quarantaine.

Quand j'ai entendu parler pour la première fois du verrouillage, je venais de me réveiller et j'ai regardé mon téléphone, a-t-il relaté dans un entretien accordé à la CBC. J'avais reçu un message d'un de mes amis accompagné d’un avis disant que la Ville devait verrouiller les aéroports, les gares, les autoroutes et les voies express; plus rien ne serait autorisé à entrer dans la ville ni à en sortir.

Deux officiers masqués montent la garde devant une gare de train.

Les gares et les aéroports, qui sont fermés, sont sous la surveillance de troupes paramilitaires.

Photo : Reuters / China Daily

Au départ, Terry Collinge n’y a pas cru. J’ai pensé que c’était une blague. C’est en parlant à des amis et à d’autres résidents qu’il a fini par y croire.

Quand il a su que l’annonce était sérieuse, le Sudburois d’origine s’est dépêché de faire des provisions de riz et d'autres aliments comme des sandwichs dans les commerces restés ouverts malgré les célébrations du Nouvel An chinois. Il a aussi fait le plein de savon et de désinfectant.

Des gens masqués font la file

Après l'annonce de la fermeture de la ville, de nombreux résidents de Wuhan se sont précipités dans les épiceries pour faire des provisions.

Photo : Getty Images

Les premiers moments de cette quarantaine, a-t-il souligné, n'ont pas causé de panique. Je trouve que les gens d'ici gèrent assez bien la situation.

Nous avons tendance à nous regrouper pour nous entraider. [...] Il y a une dame qui avait du mal à s’adapter à la situation, non seulement par rapport à l’épidémie, mais aussi par rapport à la mise en quarantaine. Elle était en état de choc nerveux. Nous nous sommes rassemblés pour l’aider à se calmer, nous avons fait quelques blagues sur notre situation.

Terry Collinge comprend pourquoi Wuhan a été mise en quarantaine, tout en constatant que cette quarantaine devrait permettre de ralentir la propagation du virus, mais probablement pas de l’interrompre. Ce qu’il ne sait pas, c’est combien de temps elle durera.

Un policier prend la température d'un chauffeur à l'aide d'un thermomètre aux allures de pistolet.

Des policiers ont rapidement été équipés de thermomètres pour détecter les malades potentiels.

Photo : AFP / STR

D’ici la réouverture de la ville, il reste coincé dans une Wuhan qui a des airs de ville fantôme, où circulent désormais très peu d’autos, malgré une population d’environ 10 millions d’habitants. Les services de transport en commun et de taxi, pour des raisons sanitaires, ont d’ailleurs été interrompus.

Vous savez que les gens sont là, mais vous ne les voyez pas. Ça a quelque chose d’angoissant. Les gens sont malades, enfermés chez eux avec leur famille.

Un homme et une femme autour d'une table.

Pen Lixing (à droite) a célébré le Nouvel An en cuisinant pour sa femme, Wang Yangong (à gauche), pour ne pas s'exposer au virus en sortant de chez eux.

Photo : AFP / Hector Retamal

Il y a un an, vers cette date-ci, se souvient Terry, on lançait des feux d’artifice et les gens célébraient [le Nouvel An] dehors. Maintenant, tout se passe à l’intérieur. On ne veut pas sortir, de peur de contracter le virus.

Encabané, Terry s’occupe comme il peut grâce à son ordinateur, sa télé et les livres de sa bibliothèque. J’essaie de rester occupé et de ne pas trop penser à la situation et ce qui pourrait se produire. Tout ça est un peu fou, mais je me concentre sur les aspects positifs.

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