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Le transport en commun s'ubérise pour s'adapter à vos besoins

Des personnes qui portent des manteaux d'hiver font la file pour monter dans un autobus.

Le transport collectif sur demande est populaire dans toutes les municipalités où il a été mis en place.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Tiphanie Roquette

Imaginez un autobus qui arrive à votre porte à l’heure que vous voulez pour vous déposer où vous voulez dans votre ville, et ce, pour seulement 2 ou 3 $ le trajet. Ce système de transport en commun sur demande séduit de plus en plus de municipalités au Canada.

Tous les lundi et mercredi, Élise L’Archevêque commande ainsi un bus municipal pour faire conduire sa fille de 14 ans à ses activités extrascolaires. Cette dernière n’a qu’à se rendre à l’arrêt et à l’heure qu’elle a choisis, et l’autobus la prévient de son arrivée imminente par un message texte sur son téléphone cellulaire.

Deux femmes posent ensemble devant la caméra. L'une a des cheveux longs raides. L'autre plus jeune a une queue de cheval et des cheveux bouclés.

Élise L'Archevêque et sa fille Ariane Théoret

Photo : Gracieuseté

Aucune attente dans le froid, aucun risque que le véhicule ne se présente pas, soit la plupart des bénéfices d’un taxi, sans le prix.

Ça simplifie un peu notre vie.

Élise L'Archevêque, résidente de Cochrane

De rien à un service individualisé

Avant l’arrivée du système de transport en commun sur demande à Cochrane, la municipalité située à quelques kilomètres à l’ouest de Calgary n’avait aucun réseau de transport en commun pour les déplacements en ville.

Maman transportait Ariane partout, résume en riant Élise L’Archevêque. C'était beaucoup de voyages pour les activités.

Je passais mes soirées à transporter mes enfants.

Élise L'Archevêque, résidente de Cochrane
Cochrane et son paysage.

Malgré ses 25 000 habitants, la municipalité de Cochrane n'avait pas de réseau de transport collectif.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Selon le coordonnateur aux transports de Cochrane, Devin LaFleche, les habitants ont longtemps fait pression pour obtenir un système de transport public.

Le coût élevé pour des lignes d’autobus fixes forçait cependant la Municipalité à choisir entre un nombre limité de routes qui couvrait seulement une partie du territoire ou un service couvrant une plus grande superficie, mais seulement durant quelques heures par jour.

Les technologies utilisées par des entreprises comme Uber ont changé la donne. Maintenant, l’offre s’adapte à la demande. C’est un changement de modèle complet. Les téléphones intelligents nous ont permis d’offrir des services en fonction de sa géolocalisation, explique le professeur en transports à l’Université Ryerson Bilal Farooq.

Un logiciel combine les demandes des différents usagers pour bâtir le meilleur trajet dans le meilleur temps.

Le succès au rendez-vous

Le service à Cochrane n’est en place que depuis quatre mois, mais il a déjà dépassé ses objectifs. La Municipalité prévoyait 35 000 passagers la première année. Si la fréquentation suit celle des premiers mois, elle est en voie d’atteindre les 50 000 passagers.

L’économie de coût et la flexibilité du système séduisent de plus en plus de municipalités rurales et de taille moyenne, comme Belleville et Sault-Sainte-Marie, en Ontario, ou Longueuil, au Québec.

Même les grandes villes lorgnent ce système. Calgary a lancé un projet pilote d'un an dans deux quartiers en croissance. Edmonton prépare un rapport pour le mois prochain sur sa faisabilité. Regina et Saskatoon sont en phase exploratoire.

Vos trajets à la loupe

Okotoks, au sud de Calgary, a également mis en place un système de transport en commun sur demande qui prend les passagers à la porte de leur résidence. Même avec un nombre limité de véhicules, le réseau est populaire.

Selon le spécialiste aux transports de la Municipalité, David Gardner, l’utilisation d’une application leur a surtout ouvert tout un monde de données et de statistiques sur les déplacements de leurs habitants.

Nous pouvons voir des tendances au jour, à l’heure et par passager. Déjà en six semaines, nous avons une énorme quantité de données, même si ce n’est pas encore assez pour faire des changements radicaux, explique-t-il.

Un homme sourit à la caméra. Il porte une veste et des lunettes. Il est assis dans un espace vert.

Bilal Farooq est professeur en ingénierie des transports à l'Université Ryerson à Toronto en Ontario.

Photo : Université Ryerson

Bilal Farooq a ainsi étudié les statistiques recueillies par la Municipalité de Belleville, en Ontario, lorsqu’elle a transformé quelques lignes fixes d’autobus de nuit en système à la demande.

Les statistiques ont montré que les routes fixes ne correspondaient pas aux trajets pris par les usagers ni à ce qu’ils voulaient.

Pas partout et pas pour tous

Par ailleurs, l’ajout du transport à la demande a converti des personnes au transport en commun. Si nous comparons les mois de trajets fixes à ceux du démarrage du transport à la demande, nous avons vu une augmentation de 30 % des trajets, observe Bilal Farooq.

Si tous voient un avenir prometteur au système de transport à la demande, M. Farooq prévient qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle. Bien adapté à des zones de faible densité, il devient moins approprié pour des trajets réguliers qui nécessitent une heure d’arrivée assurée.

Deux hommes attendent l'arrivée du train léger à une station du centre-ville de Calgary. La station est proche de la tour de Calgary.

Le transport sur demande se coordonne mal avec des réseaux aux horaires prévisibles comme les trains.

Photo : Radio-Canada / Robson Fletcher

Cochrane a ainsi investi dans des autobus de grande capacité pour pouvoir convertir certaines routes en trajets permanents, notamment vers les stations de train léger de Calgary.

Les études européennes montrent aussi que le système ne se substitue pas à la voiture, note M. Farooq.

Élise L’Archevêque, par exemple, ne compte pas se départir de son véhicule. Si le réseau continue d'exister et s’étend, elle réfléchira toutefois à deux fois avant d’investir dans une automobile pour ses enfants.

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Alberta

Transport en commun