•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une Albertaine infectée par un ver solitaire pensait avoir le cancer

Cassidy Armstrong, devant la caméra.

Cassidy Armstrong, qui croyait avoir le cancer, ne sait pas comment elle a été infectée par l'Echinococcus multilocularis.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un nouveau cas d'infection à l'Echinococcus multilocularis, un ver solitaire rare, pourrait bientôt être confirmé en Alberta. Cassidy Armstrong, qui croyait être atteinte d’un cancer rare, a finalement découvert que la masse géante qu'elle avait sur le foie avait été créée par le parasite. Elle deviendrait la 16e personne à être infectée par ce ver en Alberta.

Rectificatif : Une version précédente de ce texte indiquait à tort qu'un 16e cas d'infection à l'Echinococcus multilocularis avait été confirmé. Or, le cas de Cassidy Armstrong n'a pas encore été officiellement confirmé.

Selon ses médecins, l’Albertaine de 36 ans n’avait plus que quelques années à vivre.

Au départ, la jeune femme s’était rendue chez le médecin croyant souffrir de calculs rénaux. Le médecin a plutôt découvert une masse de la taille d’une grappe de raisins sur son foie, diagnostiquant une forme rare de cancer.

J’étais terrifiée, raconte Cassidy Armstrong en se rappelant la visite médicale qui a changé sa vie.

Àgauche, une image du ver. À droite, un coyote.

Le ver Echinococcus multilocularis est devenu un parasite commun dans la faune de l'ouest canadien.

Photo : Radio-Canada

Pendant une opération d'urgence, les médecins ont dû retirer 65 % de son foie ainsi que sa vésicule biliaire. La masse était collée à son diaphragme, et des métastases ont été retrouvées sur ses poumons.

C’était l’équivalent d’une chirurgie à coeur ouvert, affirme Cassidy, qui en garde une grande cicatrice.

À la grande surprise de ses médecins, la masse n’était pas un cancer, mais un parasite.

Quand je me suis réveillée, un médecin m’a dit qu’il ne s'agissait pas d'un cancer, mais d'un parasite. C'était comme un miracle de Noël, raconte la jeune femme.

Un parasite méconnu au Canada

Selon Stan Houston, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta, près d'une vingtaine de cas comme celui de Cassidy ont été découverts au Canada durant les dernières années, dont 15 en Alberta. Lorsque le cas de Cassidy Armstrong aura été confirmé, la jeune femme deviendra la 16e personne à avoir été infectée dans la province.

Le parasite viendrait d’Europe et est très difficile à diagnostiquer. Il infeste normalement l'organisme des canidés comme les renards, les coyotes ou les chiens, mais peut se transmettre aux humains et être très dommageable pour la santé.

Chez les humains, le parasite provoque l'apparition d'une masse sur le foie qui s'étend lentement et peut créer des métastases, comme un cancer, explique Stan Houston.

Étant donné la taille de sa masse, les médecins de Cassidy croient qu’elle aurait été infectée il y a une dizaine d’années.

Une personne peut en effet être porteuse du parasite pendant plusieurs années avant de présenter des symptômes tels que des douleurs localisées et de la fatigue.

Mes symptômes sont apparus il y a environ 10 ans. J’avais mal aux côtes et j’étais tout le temps fatiguée. Les médecins ont cru que je faisais une dépression. J’ai donc pris des antidépresseurs pendant près de 10 ans, raconte Cassidy Armstrong.

Un médicament non offert au Canada

Selon Stan Houston, le parasite demeure méconnu de la communauté médicale canadienne et est difficile à traiter. Le fait de retirer la masse de manière chirurgicale peut être dangereux selon son emplacement et sa taille.

Lorsque la chirurgie n’est pas possible, le patient doit prendre un médicament antiparasitaire toute sa vie pour contenir la progression du parasite, dit-il.

Malgré son opération, les médecins de Cassidy Armstrong ne sont pas certains d’avoir complètement éliminé le parasite de son organisme. Elle devra donc elle aussi prendre un médicament pour empêcher sa réapparition.

Je prends un médicament qui n’a pas été conçu spécifiquement pour combattre ce parasite, affirme-t-elle.

Et pour cause, l'Albendazole, un médicament antiparasitaire, est largement utilisé ailleurs dans le monde pour prévenir la réapparition de l'Echinococcus multilocularis, mais il n'a pas été approuvé par Santé Canada.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Santé publique