•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Schefferville : réussir un virage vert en milieu nordique

L'écocentre de Schefferville

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Laurence Royer

Depuis deux ans, Schefferville enchaîne les initiatives pour améliorer sa gestion des matières résiduelles sur son territoire. Il s’agit d’un défi d'envergure pour la municipalité isolée et située en milieu nordique.

Avant 2018, tous les déchets produits à Schefferville, dans la communauté de Matimekush-Lac John et dans celle de Kawawachikamach étaient brûlés puis ensevelis dans un lieu d’enfouissement en milieu nordique.

Il y a deux ans, Schefferville a entamé un virage vert pour améliorer sa gestion des matières résiduelle et diminuer sa production de déchets.

À la fin de l’année 2017, un écocentre est implanté dans la municipalité. C'est là que sont maintenant recueillis, entre autres, les produits dangereux, les appareils électroniques, la peinture et les pneus, explique l’administrateur de Schefferville, Ghislain Lévesque.

L'écocentre est une copropriété du conseil des Innus de Matimekush–Lac John, des Naskapis de Kawawachikamach et de la Ville de Schefferville, explique-t-il. C'est un projet conjoint. Nous avions un passif environnemental très lourd et on se devait de faire quelque chose.

L'administrateur de Schefferville, Ghislain Lévesque.

L'administrateur de Schefferville, Ghislain Lévesque

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Un grand ménage

L’ouverture de l’écocentre a aussi permis de faire un grand ménage. Le passé de Schefferville a laissé des traces importantes sur le territoire de ce qui était, autrefois, une ville minière prospère.

En 2018, 13 palettes de barils, 500 batteries, 900 kg de vieux pots de peinture, de vernis ou de teinture ont été récoltés. Les usagers se sont aussi départis de 10 palettes d’appareils électroniques, de 150 kg de piles et de 160 ampoules. De plus, 107 véhicules hors d’usage ont aussi été ramassés un peu partout sur le territoire.

En 2019, ce sont 11 palettes de barils, 383 batteries, 15 palettes d’appareils électroniques, 240 kg de piles, 1800 ampoules et 1500 kg de vieux pots de peinture qui ont été amassés. Seulement en 2019, plus de 2000 pneus ont été apportés à l’écocentre.

Ces déchets sont ensuite acheminés par train vers les grands centres.

Par contre, les déchets de métal amassés à l’écocentre s’accumulent dans un parc à ferraille. Transporter ces déchets à l’extérieur de la Schefferville, qui n’est reliée au reste du Québec que par un chemin de fer, coûterait très cher, affirme la coordonnatrice de l'écocentre, Paulay-Anne Nadeau.

Le plus gros qu'il reste à faire, ce serait de sortir la ferraille. Mais les coûts de transport sont faramineux. C'est ça qui nous étouffe.

Paulay-Anne Nadeau, coordonnatrice de l'écocentre de Schefferville
Des véhicules hors d'usage empilés l'un sur l'autre sont recouverts de neige.

Schefferville veut aussi se débarrasser d'une importante quantité de ferraille qui s'accumule sur le territoire depuis des années.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Compost et sacs de plastique

En octobre 2018, l’administrateur de Schefferville et les chefs de Matimekush–Lac John et de Kawawachikamach ont signé une déclaration d’engagement pour réduire la quantité de sacs de plastique à usage unique.

Les sacs étaient accrochés aux arbustes et aux arbres, aucun point de vue n’était épargné, sa nuisance visuelle en faisait un sujet de conversation à tous les printemps scheffervillois, peut-on lire dans le bulletin environnemental de décembre 2019 publié par la Municipalité.

Depuis, le nombre de sacs distribués par les commerçants des trois communautés a grandement diminué.

Il y a déjà une grande amélioration, soutien Ghislain Lévesque. On n’entend plus parler que c’est compliqué d’avoir un sac à l’épicerie. Il y en a qui utilisent des boîtes. On a une entreprise qui est récalcitrante, mais on devrait y arriver.

Paulay-Anne Nadeau ramasse un sac de déchets.

La coordonnatrice de l'écocentre de Schefferville, Paulay-Anne Nadeau

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Puis à l’automne 2019, l’écocentre s’est muni d’un composteur pour transformer les matières organiques en compost en moins de six semaines.

Pour le moment, une quarantaine de résidents et quelques commerces viennent régulièrement porter leurs matières organiques à l’écocentre.

Une autre station de compostage a été installée à Kawawachikamach, près du garage des travaux publics.

Paulay-Anne Nadeau à côté d'un bac de compost.

Les résidents de Schefferville, de Matimekush-Lac John et de Kawawachikamach peuvent aussi amener leurs matières résiduelles au centre de tri.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

En 2019, la Ville de Schefferville a aussi construit un nouveau site d’enfouissement en milieu nordique, qui a été pensé pour prévenir la présence d’animaux sur le site.

Les résidents ne peuvent pas non plus avoir accès au site, ce qui permet à la Municipalité d’avoir un meilleur contrôle sur la gestion des matières résiduelles.

Des déchets partout sur le sol devant une clôture.

L'ancien dépotoir de Schefferville.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Changer les habitudes

Maintenant que ces infrastructures sont en place, le prochain défi est de changer les habitudes des résidents et des commerces, explique le directeur général de Schefferville, Nabil Boughanmi. Il y a beaucoup de mentalités, de choses à changer, de travail. Il faut que tout le monde travaille en commun, d'avoir le même objectif, un objectif communautaire.

Des moyens originaux sont mis en place pour y parvenir. Paulay-Anne Nadeau affirme que les concours sont une excellente avenue. Des prix de participation ont notamment été tirés au sort parmi les utilisateurs du nouvel écocentre.

Les gens en général aiment beaucoup les concours! On est allés chercher des commandites. Et puis c'est ça qui a été l'élément déclencheur pour changer les habitudes de vie des gens. Ils venaient porter leurs choses à l'écocentre pour participer au concours.

En plus des concours, la coordonnatrice de l’écocentre déploie d’importants efforts pour sensibiliser la population aux avantages du tri et de la réduction des déchets.

Le site d’enfouissement n’est pas très loin de la ville, à peine à deux kilomètres et on est dans les vents dominants du site d’enfouissement. Je disais aux gens que ce qu’on brûle, on le respire! Pour beaucoup de gens, ça a été un élément déclencheur pour changer leurs habitudes.

Des déchets qui brûlent.

La Ville de Schefferville brûle les déchets qui ne peuvent pas être compostés ou recyclés par l'écocentre.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Quant à la collecte sélective des matières recyclables, comme le carton et le plastique, elle se fait toujours attendre dans la petite municipalité nordique.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Côte-Nord

Matières résiduelles