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Chasse à l’éléphant : le lot d'enchères qui fait jaser à Calgary

Quatre éléphants marchent aux côtés de deux petits oiseaux blancs.

Selon le président du club de safari de Calgary, l'espèce des éléphants d'Afrique n'est pas menacée au Botswana.

Photo : Reuters / Thomas Mukoya

Laureen Laboret

Le club de safari de Calgary a décidé de mettre dans ses prochaines enchères un lot un peu particulier : une chasse à l'éléphant au Botswana, ce qui n’est pas du goût des défenseurs des animaux.

Le fait que c'est un éléphant est sans nul doute unique, s’enthousiasme David Little, le président de l’antenne locale du club Safari International. Cette fin de semaine, au gala du club, les chasseurs les plus téméraires pourront enchérir sur le gros lot de la soirée. Le gagnant sera le premier ressortissant étranger à obtenir un permis pour chasser l’éléphant au Botswana, depuis la levée de l’interdiction en mai 2019.

Une aberration pour Michael Bernard, représentant canadien de la Humane Society International. Le fait que le Canada contribue au déclin de l’espèce est, pour nous, assez choquant, s’exclame-t-il. Selon lui, l’équivalent d’au moins 50 éléphants est entré au Canada dans les 10 dernières années avec les chasseurs canadiens qui ont rapporté leur butin depuis l’étranger.

David Little entend les craintes des défenseurs des animaux et de la nature, mais, selon lui, le débat n’a pas lieu d’être, puisque les éléphants du Botswana sont nombreux. Le gouvernement du Botswana a le droit de gérer les populations d’animaux sauvages comme bon lui semble, affirme-t-il. Il ajoute que s’ingérer dans leurs affaires s’apparente à une forme de néocolonialisme et qu’il faut davantage respecter sa décision en tant que pays souverain. Quant à savoir s’il s’inquiète de voir le Canada contribuer à l’extinction de l’espèce de l'éléphant d’Afrique, il dit sur un ton ironique : il y a beaucoup d’espèces qui vont s’éteindre si les humains continuent à construire des parcs de stationnement. Toutefois, certaines espèces méritent d’être protégées, selon lui.

J’aimerais qu’au lieu de réprimer cette pratique les gens réfléchissent à ce que le Botswana essaie de faire en sauvant son écosystème.

David Little, président de l’antenne locale du club Safari International

Plus d’engagement du Canada

Janine Cavin, membre du conseil d’administration de la Marche mondiale pour les éléphants et les rhinocéros, dit que son organisme est choqué d’apprendre cette mise aux enchères. Elle estime que le commerce de l’ivoire y est pour beaucoup et déplore que le Canada soit l’un des rares pays à s’opposer à la fermeture des marchés intérieurs d’ivoire. La coalition Sans Ivoire Canada, dont font partie, entre autres, la Humane Society International et l’Institut canadien Jane-Goodall, essaie depuis deux ans de discuter avec le gouvernement pour interdire l’importation des trophées de chasse et de l’ivoire. Une pétition circule à ce sujet, à l'initiative de la coalition, et rassemble près de 520 000 signatures.

Selon Michael Bernard, le Canada pourrait agir au moyen de modifications réglementaires à l’acte WAPPRIITA (Loi sur la protection des animaux et des plantes sauvages et la réglementation du commerce international et interprovincial ), ce qu’il juge facile à faire. Plusieurs pays bannissent déjà le commerce de l’ivoire, notamment la Chine et les États-Unis. Il estime que le Canada est à la traîne.

Si je ne le mange pas, je ne le chasse pas.

Kim Blouin, chasseur installé à Calgary

Kim Blouin vit à Calgary depuis une quinzaine d’années. Il a commencé à chasser quand il était petit et chasse aujourd’hui principalement des canards et des oies. Pour lui, la surchasse n’est pas une bonne chose, car elle n'est pas adaptée à la conservation et à la préservation de la faune. Si la chasse devient un danger pour les espèces, je suis absolument contre, affirme-t-il. Il reconnaît aussi que tout est une question de modération. Si la gestion de la faune dit que c’est correct de chasser des éléphants, je ne serais pas contre le fait qu’on le chasse, mais si c’est pour des trophées, moi, je ne suis pas vraiment pour, dit-il. Lui-même se considère plutôt comme un chasseur utilitaire, qui chasse uniquement pour consommer. L'information que j’ai, et qui est incomplète, me laisse croire que les éléphants ne sont pas en état d'être déplacés, particulièrement si on les chasse pour les défenses et rien d’autre, conclut-il.

Le Botswana compte actuellement environ 130 000 éléphants, soit quasiment le tiers des éléphants d’Afrique.

Avec les informations de Lucie Edwardson

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Alberta

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