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La livraison de contrebande par drone dans les prisons inquiète les agents correctionnels

Image de l'intérieur des murs de la prison vu du ciel.

L'établissement correctionnel à sécurité maximale et moyenne Collins Bay à Kingston vu du ciel.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La contrebande acheminée à l’intérieur des prisons à l’aide de drones inquiète de plus en plus les agents correctionnels du Canada. Selon le Syndicat des agents correctionnels du Canada (SACC), les agents font face à de plus en plus de risques parce que les livraisons au moyen de drones ont considérablement augmenté.

Des drones sont aperçus presque chaque semaine au pénitencier Collins Bay à Kingston, selon le président régional du SACC.

À Collins Bay spécialement, c’est un énorme problème pour nos agents. Les colis livrés comportent des téléphones cellulaires, de la contrebande, mais aussi des armes blanches et c’est ce qui nous inquiète.

Robert Finucan, président régional, Syndicat des agents correctionnels du Canada

Le syndicat national demande maintenant des investissements de la part de Service correctionnel Canada (SCC) pour que des mesures soient prises afin d'empêcher l’utilisation de drones près des établissements carcéraux.

Le mercredi 22 janvier, deux hommes de Mississauga ont été arrêtés par la police et font face à des accusations suite à l’interception de contrebande et d’un drone à la prison fédérale à sécurité maximale et moyenne Collins Bay à Kingston.

Cinq unités d'incarcération à sécurité moyenne et une grande cour de verdure au centre vus du ciel.

Secteur à sécurité moyenne du pénitencier Collins Bay à Kingston en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

La police provinciale de l’Ontario confirme aussi que des accusations pourraient être déposées contre un détenu de la section à sécurité moyenne de l’établissement relativement à cet incident.

Un porte-parole de SCC indique par voie de communiqué que c’est la première fois qu’une arrestation a lieu pour utilisation d’un drone près d’un établissement carcéral fédéral.

En septembre, les autorités ont distribué des brochures dans les quartiers près des prisons et demandaient à la population de rapporter toute observation de drones près des établissements carcéraux.

Quatre drones de différent formats sur une table.

Drones saisis en 2019 par la brigade pénitentiaire de Kingston.

Photo : Twitter/@OPP_ER

Les deux hommes ont été interceptés et arrêtés mercredi matin vers 3 h, après que les autorités ont été prévenues d'activités suspectes près du pénitencier, selon un communiqué de la Police provinciale de l'Ontario (PPO).

Les policiers ont aussi trouvé un drone à proximité de l’établissement carcéral. Un colis contenant divers articles de contrebande a été trouvé à l'intérieur de l'établissement Collins Bay.

Photo des murs avec barbelés de la prison Collins Bay à Kingston.

La contrebande a été saisie dans la cour du secteur à sécurité moyenne du pénitencier Collins Bay à Kingston.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Justin Paul Hurlbut, 35 ans, et Michael Habib, 33 ans, de Mississauga, ont été accusés de complot en vue de commettre un acte criminel. Ils ont brièvement comparu devant le tribunal de libération sous caution de Kingston et vont rester incarcérés jusqu’au 27 janvier pour une seconde audience de libération sous caution.

Il y a eu un certain nombre de drones qui ont déjà été saisis, et ce ne sont que ceux que nous trouvons. Nous continuons de demander à la population, s'ils voient un drone dans les airs près de la prison, ou toute autre activité suspecte, de contacter les forces de l'ordre.

Bill Dickson, porte-parole, Police provinciale de l’Ontario

L'enquête, qui se poursuit, est menée par des membres de l'escouade pénitentiaire dirigée par la PPO et qui comprend des agents de la police de Kingston et de Service correctionnel Canada.

« La technologie existe »

Selon Benoît Germain, propriétaire de l’entreprise Exo Drone, la technologie pour empêcher l’entrée de drones dans des secteurs précis existe.

Benoit Germain, propriétaire de l’entreprise Exo Drone.

Benoit Germain, propriétaire de l’entreprise Exo Drone.

Photo : Radio-Canada

Benoit Germain dit que l’an dernier, il y a eu un appel d'offres national, par SCC, pour trouver une solution à ce problème. Mais selon lui, aucune compagnie n’a été retenue.

Le drone arrive au-dessus de la prison et avec certains systèmes, on est capables de brouiller certaines ondes, mais le drone va tomber. Le service correctionnel dit : "On ne veut pas acheter des systèmes comme ça avec des drones qui tombent du ciel et blessent des gens au sol". Ils veulent des systèmes anti-drone qui ne seront pas dangereux pour la population.

Benoit Germain, propriétaire de l’entreprise Exo Drone

Selon lui, avec la constante amélioration de la technologie dans ce domaine, une solution devrait être trouvée dans les prochains mois. Il ajoute aussi qu'un système de pointe, pour ce genre de tâche, peut coûter entre 200 000 $ et 400 000 $ et que le prix peut aussi varier en fonction du périmètre à sécuriser.

En réponse à nos questions relativement à l'appel d'offres, le SCC dit avoir alloué des fonds au cours des trois prochaines années pour la mise en œuvre de son programme pilote de détection des drones dans divers établissements. Une demande d'appel d'offres devrait être publiée dans les prochains mois.

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