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En plein air, le principal danger pour l'humain est lui-même

Un motoneigiste devant les monts Chic-Chocs.

En 2018, 25 personnes ont perdu la vie dans des accidents de motoneige au Québec.

Photo : courtoisie Richard Marin

Cette semaine, la mort de motoneigistes au lac Saint-Jean a servi de triste rappel des risques que comportent les activités de plein air, à commencer par nous-mêmes.

Les activités en nature ne sont jamais sans risque.

Que l'on soit en motoneige, en ski ou en planche à neige, certaines règles de sécurité s'imposent, surtout lorsqu'on pratique le hors-piste.

Dans les Chic-Chocs, c'est de plus en plus à la mode et il y a beaucoup de monde qui se promène, constate le propriétaire de l'entreprise Extrême Chic-Chocs, Alain Thibault.

C'est de prévoir ce qu'on va faire, avertir nos proches, leur dire à quel endroit on va, et ne jamais y aller seul, indique-t-il.

Moi, j'ai le sentiment que trois [personnes] et plus, c'est ce qui est le mieux. Si t'es seul ou deux et que quelqu'un se blesse pis l'autre personne va chercher de l'aide et ne se rend pas... ça ne donne rien. Et quand il commence à faire noir, ben la journée est finie, on redescend. On dirait que c'est dans ce temps-là que les gens cherchent le trouble, souligne M. Thibault.

Un motoneigiste roule sur un sentier enneigé.

Entre 2015 et 2018, le nombre de motoneigistes immatriculés au Québec est passé de 181 010 à 201 732.

Photo : Courtoisie SADC Haute-Gaspésie

Chercher le trouble, ça peut être aussi banal que de vouloir profiter d'une belle journée ensoleillée en sortant des sentiers balisés.

Chaque année, de 20 à 25 personnes perdent la vie dans des accidents de motoneige au Québec. Et environ la moitié de ces décès surviennent hors sentier, selon la directrice des opérations pour la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Marilou Perreault.

Le facteur humain est plus souvent qu'autrement impliqué dans ces incidents-là. Les décisions qu'on prend lorsqu'on s'assoit sur une motoneige, c'est ça qui va décider de notre destin.

Marilou Perreault, directrice des opérations pour la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec

Mais attention, se promener hors sentier, ce n'est pas faire du hors-piste, nuance Mme Perreault.

Le hors-piste, c'est une pratique plutôt sportive, on va même avoir un équipement vraiment différent, ce ne sont pas des motoneiges de sentier. [Les adeptes de hors-pistes] vont chercher de la quantité de neige, ils vont aller en montagne. Quand on parle de hors sentier, on va parler d'une personne qui sort des balises et qui va mettre sa vie en danger, précise-t-elle.

Les clubs s'assurent de baliser les sentiers et de faire un entretien, une signalisation. Si on sort du sentier parce qu'on veut prendre un raccourci, traverser en forêt ou se promener dans un champ, ce n'est pas respectueux, parce que ce sont des propriétaires qui nous octroient des droits de passage et on va détruire leur terrain, parce qu'en dessous, il y a peut-être des cultures ou des infrastructures. Et pour les mêmes raisons, on met notre vie en danger, il peut y avoir des creux, des roches, indique Mme Perreault.

L'importance des formations... et de l'humilité

En montagne et en terrain avalancheux, ce facteur humain peut même influencer nos chances de survie.

Selon un article du New York Times (Nouvelle fenêtre), une personne qui a suivi un cours de sécurité en avalanche est plus à risque de mourir dans une avalanche qu'une personne sans formation.

En effet, de meilleures connaissances signifient souvent une plus grande confiance en nos capacités et, par conséquent, une plus grande propension à prendre des risques.

Un skieur hors-piste effectue un saut en descendant une montagne enneigée en Gaspésie.

Les adeptes du hors-piste sont de plus en plus nombreux dans les Chic-Chocs.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

C'est quelque chose qui est de plus en plus [pris en compte] et quand on analyse les accidents, c'est souvent sur ce volet-là qu'on essaie de s'améliorer, admet la prévisionniste en avalanche, Julie Leblanc.

Même si on a planifié notre sortie et qu'on est bien équipé, on peut tomber dans des pièges. Par exemple, s'il fait beau soleil, que ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu de journée aussi chaude, on va prendre nos décisions plus rapidement, on va être influencés pour aller dans tel ou tel secteur.

Julie Leblanc, prévisionniste en avalanche pour Avalanche Québec

De plus, des membres d'un groupe peuvent se laisser influencer par les personnes plus expérimentées qui les accompagnent, et se retrouver dans des situations où ils ne sont pas totalement à l'aise.

Ce sont les comportements de groupe ou la dynamique qui peut s'instaurer lors d'une sortie en montagne. En groupe, on n'est pas toujours certain que tout le monde est d'accord avec la décision à prendre, soit de continuer ou de rebrousser chemin. Donc on parle de plus en plus de s'assurer que tout le monde est à l'aise avec le plan, parce qu'on sait que ça peut déraper assez vite, rappelle Mme Leblanc.

Outre les capacités physiques, la prise de décision est tout aussi importante.

Un groupe de skieurs sur une montagne enneigée.

En groupe, certaines personnes peuvent parfois se laisser influencer par les sportifs plus expérimentés.

Photo : Benoit Bisson

Par ailleurs, la prévisionniste ajoute qu'il n'est pas nécessaire de pratiquer du ski ou de la planche à neige hors-piste pour être à risque. Dès qu'on se trouve en montagne et que la neige est instable, que ce soit pour une simple balade en raquette ou pour pratiquer de l'escalade sur glace, il est possible de provoquer une avalanche.

Ça n'a pas besoin d'être une grande pente, des fois ce sont de courtes pentes assez raides, tout de suite après une tempête, un épisode de vent ou un réchauffement marqué. Il y a des situations au niveau de la météo qui favorisent le déclenchement des avalanches, il faut juste être attentif à ces changements-là et savoir que souvent, c'est nous qui allons déclencher les avalanches, explique-t-elle.

Souvent, les avalanches sont de taille plus petite et ne vont pas nous ensevelir, mais elles vont nous pousser sur des obstacles, notamment des roches ou des arbres, donc on peut se blesser sérieusement, précise Mme Leblanc.

Elle rappelle l'importance de s'informer sur les conditions météo attendues dans le secteur où on prévoit se rendre, notamment en consultant le bulletin d'avalanche diffusé quotidiennement par Avalanche Québec.

Quoi apporter lors d'une sortie en hors-piste?

  • Équipement de sécurité en avalanche : un détecteur de victime d'avalanche (DVA), une pelle, une sonde
  • Une trousse de premiers soins
  • Un moyen de communication, comme une balise satellite
  • Des vêtements adaptés aux conditions météo, de l'eau et de la nourriture

De plus, Avalanche Québec conseille à ceux et celles qui souhaitent s'initier au hors-piste de commencer par des sorties guidées.

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