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Le Théâtre français de Toronto fait les frais des moyens de pression des enseignants

Les acteurs Lina Blais, Pierre Simpson et Sophie Goulet en action sur scène.

Les comédiens Lina Blais, Pierre Simpson et Sophie Goulet dans la pièce « Dom Juan » de Molière, présentée par le Théâtre français de Toronto en 2017.

Photo : Marc LeMyre

Annie Poulin

Les moyens de pression des enseignants font craindre d'importantes pertes financières au Théâtre français de Toronto (TFT), pour qui les représentations scolaires génèrent plus de la moitié des revenus.

Normalement, à ce temps-ci de l'année, le téléphone sonne sans cesse pour des écoles qui veulent réserver, raconte Joël Beddows, le directeur artistique du TFT. Le théâtre n'a reçu aucun appel en janvier, raconte-t-il.

En ce moment, c'est silence radio.

Joël Beddows, directeur artistique du TFT

Le directeur artistique du Théâtre croit que l'impasse dans les négociations entre les syndicats d'enseignants et la province crée un climat d'incertitude peu propice à la planification de sorties scolaires.

C'est souvent à ce moment-ci que les enseignants préparent la seconde partie de l'année scolaire. Ils incluent des sorties culturelles et artistiques. Et maintenant, ils ne savent pas s'ils auront le droit, explique-t-il.

Joël Beddows, directeur artistique du TFT, en entrevue.

Joël Beddows, directeur artistique du TFT

Photo : Radio-Canada

En temps normal, entre 30 et 40 représentations scolaires ont lieu au TFT entre le mois de mars et la fin de l'année scolaire.

Le principal client du Théâtre est le Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB), dont les enseignants de l'élémentaire mènent une grève du zèle depuis le 26 novembre.

Les autres clients majeurs, les conseils francophones Viamonde et MonAvenir, sont touchés par une grève du zèle depuis la mi-janvier.

S'il y a une grève [durant les semaines de représentations], que les enseignants ne sont pas en salle de cours, la perte sera totale, explique Joël Beddows. Ce qu'on ne sait pas, c'est comment une grève du zèle dans la durée peut s'articuler.

Il dit toutefois être de tout coeur avec les enseignants. Les enseignants sont nos alliés. Ils font tout pour que les apprenants aient un contact avec le théâtre.

Moins de spectacles la saison prochaine

Le TFT anticipe déjà des pertes. Il prévoit récupérer le manque à gagner en diminuant le nombre de spectacles offerts au public au cours des prochaines saisons.

Les conséquences sont graves pour le public, les enfants, les artistes et pour le Théâtre français de Toronto, déplore Joël Beddows.

6 comédiens sur une scène.

Le Théâtre français de Toronto a lancé sa saison 2019-2020 avec « La cantatrice chauve », d'Eugène Ionesco.

Photo : Belnou Theo

Les coupes dans la programmation vont dépendre de l'ampleur des pertes, selon le directeur artistique. Il assure toutefois que la survie du Théâtre n'est pas en danger.

Le Théâtre français de Toronto est un organisme très structuré et prévoyant. Nous avons déjà un plan d'attaque en place pour pouvoir gérer le manque à gagner dans la durée.

Des pertes pour les artistes

Les artistes sont habituellement payés pour un nombre minimum de représentations et reçoivent ensuite un montant pour chaque représentation supplémentaire.

Le TFT assure qu'il va honorer ses ententes avec les artistes et payer les cachets de base, même si toutes les représentations sont annulées.

Toutefois, sans les représentations supplémentaires, les artistes vont perdre une partie du revenu sur lequel ils peuvent normalement compter.

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Toronto

Éducation