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« Journées sans élève » : un portrait toujours flou

Une salle de classe vide.

Le gouvernement ignore toujours le nombre exact d'écoles tenant des « journées sans élèves » au Québec.

Photo : Getty Images / Martine Doucet

Pierre-Alexandre Bolduc

Une semaine après la mise en lumière des « journées sans élèves », le ministère de l'Éducation ignore toujours le nombre d'écoles préconisant cette pratique au Québec.

Surpris par l'existence des « journées sans élèves », le ministre Jean-François Roberge n'avait pas caché son étonnement qu'une telle pratique existe dans le réseau de l'enseignement.

Selon son attaché politique, des démarches sont d'ailleurs toujours en cours avec les commissions scolaires pour avoir un portrait le plus complet possible de la situation.

Pendant ce temps, les enseignants demeurent divisés au sujet des « journées sans élèves ».

À la Commission scolaire de Charlevoix, trois écoles ont accepté de rallonger les journées des élèves pour permettre aux enseignants de se rencontrer 12 après-midi de plus pendant l'année scolaire en plus des 20 journées pédagogiques prévues au calendrier.

Le Syndicat des enseignants en désaccord

Dans ces trois écoles, les journées sont rallongées de huit minutes pour permettre aux enseignants d'être libérés et se rencontrer un vendredi après-midi toutes les trois semaines. Monique Brassard représente 330 enseignants. Elle n'est pas d'accord avec la création de ces vendredis après-midi sans élèves.

On ne veut pas ça, au syndicat, lance la présidente du Syndicat des enseignants de Charlevoix. On ne devrait pas à avoir à faire ça. C’est complètement fou que les enseignants soient obligés de rabouter leur horaire et calculer leurs minutes pour réussir à pouvoir se voir.

Les enseignants des écoles Notre-Dame-de-Lorette de Saint-Irénée, Saint-Pierre de L’Isle-aux-Coudres et Léonce-Boivin des Éboulements ont tous accepté à l'unanimité le projet il y a deux ans. Les autres écoles de la Commission scolaire de Charlevoix ont rejeté l'idée.

Il faut vraiment que les profs qui décident de faire ça fassent attention, ajoute Monique Brassard. S’ils ne veulent pas faire du bénévolat, il faut vraiment qu’ils calculent leurs minutes, leur horaire de façon mathématique très précise.

Monique Brassard, souriante, portant un chandail avec l'inscription «En éducation, faut que ça change maintenant»

La présidente du Syndicat des enseignants de Charlevoix Monique Brassard

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Des activités en dehors des salles de classe sont organisées pour les élèves lors de ces après-midi où les enseignants se rencontrent. Quatre élèves sur dix y participent. Les autres rentrent à la maison par choix.

Monique Brassard souligne par ailleurs que les enseignants sont déjà débordés. Le nombre d'élèves par classe augmente et le nombre d'élèves en difficulté est à la hausse aussi. La tâche des enseignants est déjà épuisante selon la présidente syndicale.

Ça crée un précédent, lance Monique Brassard. C’est ça, le danger. Comme syndicat, j’ai peur que ça soit ça la voie de l’avenir (...) Ce qu’on trouve épouvantable et désolant, c’est que les enseignants par professionnalisme en soient rendus là pour faire de l’école une école vivante.

Des enseignants intéressés à se lancer dans le projet?

Pour sa part, le directeur des écoles qui participent au projet dans la région de Charlevoix, François Demers, souligne que le projet fonctionne bien dans son établissement et que l'intérêt est palpable dans d'autres écoles.

Encore hier, il y a des gens qui se posaient des questions à savoir comment on pourrait le faire, le bonifier et l’améliorer, lance le directeur. Parmi mes enseignants, il y en a qui ne participent pas au projet cette année, mais qui y réfléchissent. C’est juste bien de prendre le temps de réfléchir. C’est un signe d’intelligence!

François Demers ajoute qu'à la base, ce sont les enseignants qui lui avaient demandé de mettre ce projet sur pied.

Quand on a bâti le projet pilote il y a deux ans, le président du syndicat était présent avec nous pour s’assurer qu’on respectait la convention collective, explique le directeur d'écoles. C’est pour répondre aux besoins des enseignants. Moi je pense que ça vient les aider plus qu’encombrer ou augmenter leur temps.

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