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Exploitation sexuelle : la région réclame davantage de ressources

Des gens sont assis à des tables et écoutent des personnes qui sont assises à une table avec des micros.

La Commission sur l'exploitation sexuelle des mineurs tient une audience à Val-d'Or aujourd'hui, après des audiences à Montréal et à Québec.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La réalité des communautés autochtones et le sous-financement des organismes étaient au cœur des débats ce jeudi, où la Commission sur l’exploitation des mineurs s’est arrêtée pour une journée d’audiences publiques à Val-d’Or.

D’entrée de jeu, la cheffe de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, n’a pas caché que la situation était préoccupante dans sa communauté, mais que des services étaient déjà en place pour prévenir ce fléau.

Avec les médias sociaux, les jeunes sont très vulnérables, reconnaît-elle. On a un projet qui grossit et grandit en prévention auprès des enfants, sur les bons et les mauvais touchers et sur les réseaux sociaux. On a de l’éducation à faire. À chaque fois que quelqu’un vient essayer de parler à nos enfants et établir un premier contact, c’est important de dénoncer. C’est automatique et les parents sont au courant.

Quatre personnes assises à une table chacune devant un micro.

Des représentants des communautés autochtones, dont Adrienne Jérome et Pierre Corbeil, sont présents aux audiences de la Commission.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La cheffe Jérôme, qui a pu rencontrer les membres de la Commission l’exploitation des mineurs mercredi soir, ajoute que les discussions viendront brasser de mauvais souvenirs pour bien des membres de sa communauté, qui traînent des abus depuis plusieurs générations. À cet effet, elle invite Québec à mesurer les impacts et donner les moyens d’y remédier.

Ça va ouvrir des plaies, ça, c’est sûr, lance-t-elle. On a demandé un filet de sécurité, on a des intervenants, mais ils sont en maximum de capacité. On a demandé de doubler notre effectif au centre de santé et on n’a pas eu de réponse à date. La Commission va amener des dévoilements importants et il faut mettre en place un filet de sécurité pour ces gens-là.

Normalisation

Pour sa part, la directrice générale du Service d’aide et de traitement en apprentissage social (SATAS), Chantale Lessard, a déploré le manque de ressources en région pour œuvrer auprès des hommes qui auraient été victimes d’abus sexuels dans leur enfance ou encore pour les délinquants après leur passage à l’acte. Elle ajoute que l’absence de psychothérapeutes dans la région ne permet pas un travail efficace de prévention de la récidive.

Une femme témoigne durant une commission d'enquête.

Chantale Lessard, directrice générale du Service d’aide et de traitement en apprentissage social

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Chantale Lessard ajoute que la solution passe aussi par un changement de société et une meilleure éducation sur l’égalité entre les hommes et les femmes.

Ça fait longtemps qu’on a normalisé l’exploitation sexuelle, affirme-t-elle. Aller dans un bar de danseuses ou recourir aux services sexuels d’une prostituée, il faut que ça cesse. C’est le début du continuum d’une exploitation sexuelle exponentielle, de la traite et de la violence qui a cours dans le monde de la prostitution.

Enfin, Josée Bélisle, du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS-Abitibi) a plaidé pour que les solutions proposées par la Commission soient adaptées aux réalités des différentes régions.

Lorsqu’on parle d'exploitation sexuelle à des fins commerciales, ça existe sous différentes formes, selon où on est en province. Ici, il n’y a pas gang de rue, mais la prostitution n’est pas inexistante. On veut que les ressources qui seront allouées tiennent compte de la diversité provinciale. Mais en fin de compte, il y a un manque certain d’argent. Nous avons la chance d’avoir cinq CALACS, mais les cinq sont sous-financés. Notre capacité de répondre aux besoins est amputé. Ça prend des sous récurrents. On n’en peut plus de faire des demandes de projets.

Une femme témoigne lors d'une commission d'enquête.

Josée Bélisle, intervenante au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Rapport à l’automne

Après avoir tenu des audiences à Québec en novembre, puis à Montréal et à Val-d’Or cette semaine, la Commission, formée de 13 députés de tous les partis à l’Assemblée nationale, doit remettre un rapport à l’automne pour orienter les actions futures du gouvernement.

Selon son président, Ian Lafrenière, le choix de se déplacer à Val-d’Or n’est pas un signe que la situation y est plus grave qu’ailleurs, mais plutôt une volonté d’entendre la réalité hors des grands centres.

Comme parent, on a comme premier réflexe de penser que l’exploitation sexuelle, ça ne peut pas arriver à mes enfants, parce que je reste à l’extérieur de Montréal. On veut défaire cette image-là. L’exploitation, c’est partout. Le recrutement se fait en partie par les médias sociaux, donc les tablettes ou les téléphones de nos enfants. Sans alarmer les parents, on leur dit intéressez-vous. Les gens qui abusent de nos enfants n’ont pas de limite. On veut une approche québécoise pour s’y attaquer, explique le président, qui est aussi député caquiste de Vachon.

Ian Lafrenière et Carolyne Paquette assis à une table de conférence.

Le député de Vachon Ian Lafrenière et Carolyne Paquette, secrétaire de Commission parlementaire.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

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