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Un garçon agressé sexuellement : le travail des services à l'enfant mis en cause

Un jeune homme se cache le visage.

Il a fallu six avertissements de la part des travailleurs des services à l’enfant et à la famille et d’un agent correctionnel au regard averti pour mettre fin aux violences sexuelles infligées au garçon de 10 ans.

Photo : getty images/istockphoto / Serghei Turcanu

Radio-Canada

Un garçon de 10 ans a été agressé sexuellement par le petit ami de sa grand-mère pendant qu’il était sous la garde de cette dernière. Malgré de nombreux avertissements, les Services à l’enfant et à la famille qui n’ont pas pris de mesures pour séparer l’enfant de son agresseur ont failli à leur devoir, selon une défenseure des enfants qui a également grandi en famille d’accueil, Natasha Reimer.

C’est inacceptable, dit cette dernière. La sécurité de l’enfant aurait dû être primordiale.

Les dossiers judiciaires montrent que la grand-mère de l'enfant, âgée de 53 ans, s’occupait de son petit-fils depuis 2015, alors qu’il avait 7 ans. Ils n’indiquent pas quand elle a commencé à fréquenter l’homme de 27 ans qui a abusé de l’enfant, mais notent qu’il a emménagé chez elle en mars 2017.

L'homme avait déjà été condamné pour avoir agressé sexuellement huit autres garçons avant l’âge de 10 ans. Il avait fait l'objet de plus d’une douzaine de condamnations dans toute la province pour agression sexuelle, séquestration, ingérence sexuelle et usurpation de l’identité d’un policier.

On lui avait imposé de nombreuses peines d'emprisonnement et on lui avait interdit le contact avec des enfants de moins de 16 ans en 2014.

Le visage d'une femme.

Natasha Reimer souligne que ce cas montre qu’en dépit de leurs avertissements comme défenseurs, les services à l’enfant et à la famille n’ont pas fait d’évaluations appropriées pour la sécurité de l’enfant.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik/CBC

L’agence des services à l’enfant et à la famille qui enquête sur la maltraitance des enfants à Winnipeg, All Nations Coordinated Response (ANCR), a averti la grand-mère que son petit ami représentait un risque pour les enfants en juin 2017.

Il a fallu six avertissements de la part des travailleurs des services à l’enfant et à la famille et d’un agent correctionnel au regard attentif pour mettre fin aux violences sexuelles infligées au garçon.

Les services à l’enfant et à la famille ont retiré le garçon de la maison de sa grand-mère en septembre 2018, après qu'un agent correctionnel en congé eut vu l'homme de 27 ans, qu’il reconnaissait comme un délinquant sexuel à risque élevé toucher et embrasser le garçon dans un magasin de crème glacée de Winnipeg. L'agent a signalé l’incident à la police.

En moins de 24 heures, le pédophile a été arrêté.

Le garçon a révélé que l’homme était le petit ami de sa grand-mère et qu’il l’avait agressé sexuellement pour la première fois à l’âge de 8 ans, selon les dossiers judiciaires.

En octobre 2019, l’homme a été condamné à 13 ans de prison après avoir plaidé coupable à des accusations de contacts sexuels avec le garçon et à une accusation de violation de probation. CBC/Radio-Canada ne dévoile pas le nom de l'homme afin de protéger l’identité de l’enfant.

Natasha Reimer affirme que ce cas montre qu’en dépit des avertissements de certains de leurs employés, les services à l’enfant et à la famille n’ont pas fait d’évaluation appropriée du domicile ni d'évaluation précise des risques pour la sécurité de l’enfant.

La directrice générale de l’ANCR, Sandie Stoker, dit que la loi provinciale sur les services à l’enfant et à la famille l’empêche de parler de cas spécifiques. Toutefois, elle explique de manière générale que la responsabilité principale de la sécurité des enfants incombe au tuteur légal.

Nous essayons [de] faire le plan le moins perturbateur et le plus sûr pour l’enfant. Retirer un enfant de son domicile, de sa famille, se fait en dernier recours lorsque nous ne pouvons pas proposer un plan de sécurité raisonnable avec la famille et la communauté, dit Mme Stoker.

Le Réseau de soins des Premières Nations du Sud, l’autorité qui supervise l’ANCR, a refusé une entrevue, déclarant que les dossiers des services à l’enfant et à la famille étaient confidentiels.

La grand-mère n’a pas été condamnée

Le garçon a également déclaré aux enquêteurs que sa grand-mère était probablement au courant des agressions, mais a ignoré les actions suspectes de l’homme, selon un document judiciaire.

Les enquêteurs pensaient qu’elle n’avait pas fourni les nécessités de base au garçon parce qu’elle avait laissé le délinquant sexuel entrer en contact avec lui, ce qui constitue une infraction pénale pouvant entraîner une peine de prison de cinq ans.

Selon la police de Winnipeg, même lorsqu’il était emprisonné, l’homme a pu parler à sa jeune victime. Les policiers ont obtenu une ordonnance du tribunal pour avoir l’enregistrement des conversations de l’homme en prison et ont appris que la grand-mère du garçon avait permis au délinquant sexuel de parler à l’enfant 56 fois en deux mois et demi.

La police de Winnipeg dit qu'elle a dévoilé ces informations à la Couronne.

Aucune accusation n'a été portée contre la grand-mère de l'enfant et les allégations contre elle qui se trouvent dans les dossiers judiciaires n’ont pas été prouvées devant les tribunaux.

Avec des informations de CBC News

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