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« Faux de dire que c’était un groupe de touristes inexpérimentés », assure l'ami d'un disparu

L'endroit où la glace a cédé.

Les motoneigistes circulaient sur les glaces tout près de la source de la rivière La Grande Décharge.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Sébastien Tanguay

En seulement 24 heures, le drame survenu au Lac-Saint-Jean a retenti jusqu’en France, alors que 5 de ses ressortissants manquent toujours à l’appel.

L'un d’entre eux, Gilles Claude, de la commune de Basse-sur-le-Rupt, est un habitué des séjours au Canada.

Nous avons fait notre première expédition en motoneige au Québec ensemble en 1995, raconte Francis Pierrel, un ami d’enfance du disparu.

Depuis, Gilles Claude revenait presque chaque saison explorer la nature du Québec au volant d’une motoneige.

Il en fait ici depuis au moins 20 ans, souligne Francis Pierrel.

C’est faux de dire que c’était un groupe de touristes inexpérimentés. Ils ne partaient pas pour une randonnée d’une journée : ils faisaient une expédition de plusieurs jours.

Journée noire

Parti de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, le groupe de huit touristes, tous français, avait atteint la pointe orientale du Lac-Saint-Jean. Un trajet de plus de 500 km en motoneige.

En France, la famille de Gilles Claude, avisée du drame, vit des moments d'incertitude.

J’ai parlé à ses proches. Ce n’est vraiment pas facile. C’était un gars connu chez nous et personne ne veut y croire. C’est impossible qu’il ait pris le risque de traverser à cet endroit-là, il connaissait très bien les règles de sécurité sur un parcours, raconte Francis Pierrel, originaire du même village que son ami recherché.

Averti mercredi matin du drame, il a appris à l’aube que Gilles faisait partie de la malheureuse expédition. Francis Pierrel a espéré que son ami d'enfance soit parmi ceux secourus la veille.

C’est en fin de matinée qu’un texto lui a confirmé la mauvaise nouvelle : celui qu’il considère comme un frère fait partie des disparus.

Ça donne un coup, nous ne voulions pas y croire, dit-il. Nous nous disions qu’avec l’instinct qui est le sien, il allait s’en tirer.

Le pire demeure à confirmer. Le drame, cependant, semble laisser peu de chances de retrouver les disparus vivants.

Des circonstances inexpliquées

Établi au Québec, M. Pierrel, qui travaille dans l’industrie de la motoneige, est convaincu que des circonstances encore inexpliquées ont poussé le groupe à s’aventurer près de la source de la rivière La Grande Décharge, une zone à risque où la glace, trop fine, a cédé sous le poids d’au moins deux motoneiges.

Un guide avec cette expérience, comme je connais Benoit Lespérance, n’aurait jamais amené un groupe dans une zone dangereuse comme celle-là, dit Francis Pierrel. C’est facile de dire qu’il voulait prendre un raccourci pour atteindre leur destination plus rapidement. D’après moi, c’est presque impossible que ce soit le cas.

Francis Pierrel croit que le guide a plutôt tenté de ramener à l’intérieur des balises une partie du groupe qui se serait aventurée dans le mauvais sentier.

C’est facile de se perdre, explique-t-il. Le long d’une piste de motoneige, il y a une multitude de sentiers qui partent dans tous les sens.

À son avis, il ne fait aucun doute qu’un événement imprévu a forcé le guide à emprunter ce chemin dangereux.

Il y a une raison, c’est sûr, qui explique pourquoi ils ont abouti à cet endroit. Le guide savait que c’était dangereux : il avait une raison de s’aventurer là, pense M. Pierrel.

Hommage de son fils biathlète

Gilles Claude est le père de trois biathlètes, dont deux qui prenaient part à une compétition internationale jeudi.

Son fils Fabien a même remporté sa première médaille, se hissant sur la troisième marche du podium à Pokljuka, en Slovénie.

À l'issue de la compétition, il a dédié sa troisième position à son père.

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