•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ex-président de la FTQ Fernand Daoust s'éteint

Les deux hommes se font une accolade.

Fernand Daoust en juin 2001, au moment d'être décoré de l'Ordre national du Québec par le premier ministre de l'époque, Bernard Landry.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Fernand Daoust, qui a marqué l'histoire du syndicalisme québécois, principalement à la FTQ, est mort à l'âge de 93 ans.

On ignore la cause de sa mort, mais on savait Fernand Daoust malade depuis un certain temps.

Dans l'esprit populaire, « le grand Fernand » est indissociable de « Ti-Louis », Louis Laberge, son « acolyte » à la tête de la plus grande centrale syndicale québécoise, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Fervent nationaliste, son impressionnante carrière a été marquée par son amour du Québec, des travailleurs et des travailleuses, et aussi par la défense de la langue française et du français comme langue de travail, a noté dans un communique Daniel Boyer, président de la FTQ, selon qui toute la grande famille de la centrale est en deuil.

C'est une page importante de l'histoire du Québec et du mouvement syndical qui se tourne avec le départ de M. Daoust. Il fut une inspiration pour plusieurs générations de militants et militantes non seulement syndicaux, mais aussi souverainistes.

Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Il a été de tous les combats du Québec moderne, que ce soit le lockout du quotidien La Presse (1971), le front commun intersyndical de 1972, la grève de la United Aircraft (1974), pour ne nommer que ceux-là, a souligné M. Bolduc dans un communiqué.

Le premier ministre François Legault a évoqué une triste nouvelle, sur Twitter.

Mes pensées vont aux proches et à la famille de Fernand Daoust, un grand nationaliste qui a fait beaucoup pour le Québec, notamment pour la protection de notre belle langue française. Toute sa vie, il s’est porté à la défense des droits des travailleurs.

François Legault, premier ministre du Québec

Le ministre du Travail Jean Boulet a lui aussi offert ses condoléances à la famille de ce grand syndicaliste et bâtisseur du Québec moderne.

C’est un grand défenseur des droits des travailleuses et travailleurs du Québec qui nous quitte, a déclaré de son côté la mairesse de Montréal Valérie Plante. Fernand Daoust a marqué notre histoire, notamment par son amour pour notre belle langue commune.

Plus de 40 ans de syndicalisme

L'action syndicale de Fernand Daoust s'est étendue de 1950 à 1993.

Il est né le 26 octobre 1926 d'un père facteur et d'une mère qui travaillait dans des ateliers de couture. Il a étudié en sciences économiques et en relations industrielles à la Faculté des sciences sociales de l'Université de Montréal.

Il a fait ses premières armes au sein du mouvement syndical en 1950, à sa sortie de l'université. Il a d'abord milité au Syndicat des chapeliers, puis au Congrès du travail du Canada (CTC).

En 1959, il est devenu conseiller technique au Syndicat des travailleurs des industries pétrolière, chimique et atomique. En 1968, il est devenu directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

En octobre 1964, il a été battu par une seule voix au poste de président de la FTQ par celui qui allait devenir son complice pendant un quart de siècle, Louis Laberge.

Il est devenu secrétaire général de la FTQ en 1969. Il a occupé cette fonction de numéro deux de la FTQ jusqu'en 1991, date à laquelle il est devenu président. À ce titre, il était également vice-président provincial du CTC, la grande centrale pancanadienne.

Dès la création du Fonds de solidarité de la FTQ en 1983, il avait été nommé premier secrétaire. Il présidera le Fonds de 1993 à 1996. soit après avoir quitté la présidence de la FTQ.

Si Louis Laberge, qui est mort en 2002, avait la réputation d'être bouillant, coloré et direct, Fernand Daoust, son bras droit, incarnait l'intellectuel, plus réservé, diplomate, affable.

Fernand Daoust a toujours été très nationaliste, contrairement à Louis Laberge, qui a été converti à l'option souverainiste plus tard dans sa carrière.

L'engagement nationaliste de Fernand Daoust remonte à son adolescence, lorsqu'il appartenait aux Jeunesses Laurentiennes, un groupe inspiré de la pensée du chanoine Lionel Groulx.

Son arrivée à la présidence de la FTQ en 1991 a coïncidé avec l'engagement plus évident de la centrale syndicale en faveur de la souveraineté du Québec.

Défenseur du français

En plus des droits des travailleurs, M. Daoust nourrissait une autre passion : la défense de la langue française. Il a souvent jumelé les deux, se battant pour le renforcement du français dans les milieux de travail.

En 1977, d'ailleurs, il devenait membre du conseil d'administration de l'Office de la langue française. Il a aussi été membre du Mouvement Québec français.

Sur le plan politique, Fernand Daoust appuyait la souveraineté du Québec mais, avant, avait été proche du Nouveau Parti démocratique (NPD). Il a même été le président fondateur du Parti socialiste du Québec, un petit parti politique né de la scission des forces de gauche en 1963 et qui est mort en 1968.

Auparavant, en 1962 et en 1963, M. Daoust avait même été candidat pour le NPD au Québec.

Une de ses grandes réalisations à la FTQ aura été la négociation d'un statut de « souveraineté-association » entre la FTQ et le CTC.

Cette nouvelle relation entre les deux grandes centrales québécoise et canadienne était devenue nécessaire à la suite d'un « incident » survenu en juin 1992, lors d'un congrès du CTC à Vancouver.

Le candidat soutenu par la FTQ pour représenter le Québec à la vice-présidence du CTC avait été défait de justesse lors des élections. La délégation québécoise avait alors claqué la porte.

De longues négociations avaient ensuite mené à l'élaboration d'un nouveau rapport entre la FTQ et le CTC.

Le destin

Le 28 novembre 1995, en plein congrès de la FTQ à Montréal, Fernand Daoust avait été victime d'un grave accident de voiture, subissant de multiples fractures à une jambe et aux deux bras. En tant que président du conseil d'administration du Fonds de solidarité, il se rendait en taxi à l'aéroport pour s'envoler vers l'Argentine.

Hospitalisé pendant plusieurs semaines et opéré à quelques reprises, il avait ensuite entrepris une longue réadaptation.

Lors de l'assemblée annuelle des actionnaires du Fonds de solidarité, Fernand Daoust avait livré sur vidéo son dernier bilan comme président du conseil d'administration et avait annoncé qu'il ne solliciterait pas de renouvellement de mandat.

En 1998, il avait reçu le titre de Patriote de l'année de la Société Saint-Jean-Baptiste, un titre décerné à une personne qui s'est distinguée dans la défense des intérêts du Québec et des luttes démocratiques des peuples.

Il a également été fait Chevalier de l'Ordre national du Québec en 2001.

Les détails des funérailles de Fernand Daoust seront communiqués plus tard dans la semaine.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Syndicalisme

Société