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L’aide à mourir aux personnes atteintes de maladies mentales ne fait pas l’unanimité

Des mains gantées tiennent la main d'un patient.

Élargir l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes de maladies mentales a surpris des professionnels de la santé.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’élargissement de l’aide médicale à mourir aux personnes atteintes de maladies mentales envisagé par Québec a suscité de fortes réactions, notamment dans le milieu de la psychiatrie.

Simon Lacombe, qui accompagne depuis 25 ans son frère atteint de schizophrénie, est choqué d’apprendre que le gouvernement envisage de permettre l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM) aux personnes atteintes de maladies mentales.

Je crois que la ministre n’a personne de proche dans sa vie qui est affectée par la santé mentale. Parce que ça ne se peut pas, dit-il.

Selon lui, les proches aidants de personnes atteintes de schizophrénie en ont déjà plein les bras. La recherche de traitement psychiatrique est complexe et M. Lacombe souligne que les schizophrènes ont de la difficulté à trouver un logement salubre.

Plutôt que d’avoir des endroits miteux et insalubres dans lesquels on les oublie et où ils sont forcés d’y aller, le système fait qu’on les pousse dans la rue et puis maintenant on veut les pousser dans la tombe.

Simon Lacombe

Du côté de la Société québécoise de schizophrénie, sa directrice, Alice Charasse, estime qu’au lieu de l’aide médicale à mourir, il faudrait de l’aide à vivre, comme un meilleur appui en psychiatrie. Il y a des listes d’attente astronomiques pour obtenir le suivi avec un psychiatre, lance-t-elle.

Élargir l’accès à l’AMM aux personnes atteintes de maladies mentales a surpris les psychiatres comme Olivier Farmer, de l’hôpital Notre-Dame à Montréal. Il estime qu’il faut mener une réflexion sur le sujet.

Clairement, je pense qu’on ne pourrait pas refuser sur la seule base qu’il s’agisse d’un problème de santé mentale, explique-t-il.

Les problèmes liés à la santé mentale comme les hallucinations peuvent compliquer les choses. Le défi sera de déterminer si le désir de mourir d’un patient est réel et permanent.

La distinction qu’on retrouve dans le cas de la santé mentale, c’est toute l’évaluation de l’aptitude à prendre une décision éclairée, précise le Dr Farmer.

Selon lui, les cas qui seront acceptés seront très rares, mais le nombre de demandes augmentera probablement.

Il pourrait y avoir un flot de demandes particulièrement important en santé mentale, estime-t-il.

Les patients atteints de maladies mentales sévères ont accès à l’AMM au Luxembourg, en Suisse, aux Pays-Bas et en Belgique.

En 2013, en Belgique, une trentaine de personnes atteintes de maladies mentales ont obtenu l’aide médicale à mourir.

Avec les informations de Davide Gentile

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