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Le conflit de travail à la raffinerie Co-op prend une tournure symbolique

Renaud Gagné sur une ligne de piquetage.

Le directeur d'Unifor Québec, Renaud Gagné, était sur les lignes de piquetage de la raffinerie Co-op mercredi.

Photo : Radio-Canada

Shelagh Campbell, professeure associée à l’Université de Regina, estime que les événements des derniers jours qui secouent la raffinerie Co-op de Regina donnent une portée nationale et politique au conflit de travail.

Ce conflit est devenu plus symbolique.

Shelagh Campbell, Université de Regina

En entrevue lors de l'émission Point du jour, cette spécialiste des relations du travail rappelle que les autres acteurs de l’industrie pétrolière se sont mis d'accord avec leur syndicat. La raffinerie de Regina est une exception.

Selon Mme Campbell, les lignes de piquetage et le lock-out ne sont que la partie émergée de l’iceberg. C’est une histoire qui a commencé avant l’apparition des lignes de piquetage, explique-t-elle. La plus grande partie de l’histoire est invisible au public, c’est-à-dire le processus de négociation qui a eu lieu avant le lock-out.

Gros plan sur le visage de Shelagh Campbell, qui répond aux questions du journaliste.

«On attend une réponse de la part de la raffinerie», prévoit Shelagh Campbel, professeure associée à l'Université de Regina.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Duny

Mme Campbell reste persuadée que le conflit suit encore un schéma traditionnel. Elle note toutefois une exception. L’escalade a été très rapide dans ce cas, précise-t-elle. Le syndicat et l’employeur ont tous les deux utilisé des moyens draconiens depuis le début du lock-out.

La venue de leaders syndicaux nationaux sur les lignes de piquetage, tel que Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada, donne une nouvelle envergure au conflit. Ça devient un conflit d’importance nationale, estime Mme Campbell. 

Mercredi, des représentants d’Unifor du Québec, du Congrès du travail du Canada et du Syndicat canadien de la fonction publique étaient entre autres présents devant la raffinerie Co-op, en soutien aux employés en lock-out.

Pour un retour à la table de négociation

Cette épreuve de force est un moyen d'alerter les responsables politiques et ramener les parties à la table de négociation, croit la spécialiste Shelagh Campbell.

Renaud Gagné, le directeur régional du Québec à Unifor, se range à cet avis : Quand on voit un conflit qui ne finit pas, explique le syndicaliste. Il faut créer une situation pour sensibiliser le politique, le premier ministre, le ministre du Travail, pour faire en sorte que les parties se rassoient à la table de négociation.

M. Gagné est perplexe devant l’usage de la police et de la justice pour régler le conflit. Forcer une ligne de piquetage, je ne pense pas que c’est nécessaire [de la part de la police], dit-il, et ça ne fera pas progresser le retour à la table de négociation.

Ce n’est certainement pas la police qui va régler le dossier.

Renaud Gagné, directeur québécois d'Unifor
Conflit de travail à la raffinerie Co-op de Regina

Les autorités politiques s’en mêlent

Selon le leader syndical, le recours aux forces politiques semble le moyen le plus efficace. Mardi, nous avons essayé de faire appel au gouvernement, rappelle-t-il. Généralement, quand le gouvernement s’en mêle, ça débloque.

Si Shelagh Campbell ne le contredit pas, elle est plus nuancée sur la volonté du gouvernement de la Saskatchewan et de l’opposition provinciale à s’impliquer dans le dossier. Selon elle, Scott Moe, le premier ministre, et Ryan Meili, le chef de l'opposition, ont utilisé un moyen faible pour s’exprimer. Ils ont écrit une lettre, poursuit-elle. Ils ne sont pas allés voir les gens.

S’ils veulent régler le conflit, les autorités devront utiliser des moyens plus forts, prévient Mme Campbell.

La raffinerie Co-op de Regina a mis environ 800 travailleurs en lock-out le 5 décembre 2019, après que le syndicat Unifor a déposé un avis de grève à l'employeur. La question des retraites divise les deux parties.

Avec les informations de Point du jour

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