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Changement de garde pour l’industrie québécoise de la pêche

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe.

Des travailleuses et travailleurs d'usine travaillent à la chaîne afin d’apprêter le crabe. (archives)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

C’est Bill Sheehan, vice-président de E. Gagnon et Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé qui devient le nouveau président de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP).

M. Sheehan, qui était déjà vice-président de l’Association en prend la tête en remplacement de Jean-Marc Marcoux, président du groupe Unipêche M.D.M. qui possède sept usines en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

M. Marcoux, qui a été président de l'AQIP pendant huit ans, n’a pas sollicité un autre mandat. Bill Sheehan a été élu sans opposition.

Cette passation des pouvoirs survient après une dure année pour l’image de l’industrie des pêches, malmenée par un conflit qui a mené à la fermeture de l’usine Crustacés de Gaspé à Grande-Rivière et par la publication d’une offre d’emploi comportantune discrimination salariale entre hommes et femmes à l’usine Unipêche M.D.M. de Paspébiac.

On a eu une mauvaise publicité, admet le nouveau président. Il y a des erreurs qui ont été faites par certaines compagnies, mais je ne veux pas commenter là-dessus. Ils en sont bien conscients.

Bill Sheehan, VP de E.Gagnon et fils

Bill Sheehan, VP de E.Gagnon et Fils et nouveau président de l'AQIP (archives)

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Bill Sheehan rappelle que les emplois reliés au secteur des pêches en régions sont vraiment importants pour les communautés que ce soit en Gaspésie ou sur la Côte-Nord. Toutefois, l’AQIP regroupe des entreprises privées qui ont des politiques salariales différentes. Je ne peux pas parler pour les autres, parce que ce sont des entreprises privées, mais on n’est pas l’entreprise qui paie le moins dans la MRC, fait valoir l’homme d’affaires qui embauche jusqu’à 650 personnes en période de pointe, dans un village qui compte environ 1000 habitants.

Le nouveau président souligne que l’Association regroupe des entreprises qui compétitionnent entre elles, mais qui partagent, au sein de l’AQIP, des intérêts et des enjeux communs. On a toujours de nouveaux défis, si on pense aux certifications du crabe des neiges, aux mains-d’œuvre étrangères avec toutes les réglementations qui sont plus contraignantes pour nous, mais c’est la continuité. Ce n’est pas un mandat de changements extrêmes. C’est juste de continuer les mandats de l’AQIP présentement.

Un des premiers mandats du nouveau président sera sans doute de renouer le dialogue avec les deux grandes usines des Îles.

Regagner les Îles

Cette année, il n’y a pas de représentants de Fruits de mer Madeleine et de La Renaissance des Îles à l’AQIP

À la fin de l’été, l’usine de Fruits de mer Madeleine a décidé de se retirer de l’assocation estimant que l’organisation avait besoin de renouveau.

Le directeur de l’usine, Pierre Desrapes, a été administrateur de l’AQIP pendant 12 ans. Il estime que l’Association a été un élément déterminant dans le développement de l’industrie, mais que depuis quelques années, elle piétine. Il n’y a pas de conflit, dit-il, c’est une décision d’entreprise. Je ne pense pas que ce soit le temps de se diviser, on doit travailler ensemble les industriels, mais parfois, il faut prendre une distance pour en arriver à des changements nécessaires.

Pour M. Déraspe, l’industrie devrait profiter du fait qu’elle traverse de très bonnes années pour préparer son avenir. On sait à la base qu’on est en retard sur plusieurs pays au niveau de la mécanisation, des technologies, du recrutement de main-d’oeuvre. Est-ce possible aujourd’hui de corriger le tir? Il n’est jamais trop tard pour bien faire et je pense qu’on devra prendre l’exemple sur d’autres pays, d’autres industries pour par exemple et promouvoir notre industrie, notre travail en usine.

Il déplore l’image rétrograde que l’industrie a dégagée au cours des derniers mois, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre. Les gens, dit-il, doivent être fiers de travailler chez nous. Les emplois ont bien changé, souligne le directeur de Fruits de mer Madeleine, et on devrait promouvoir le travail en usine. Au moment où on se parle, un jeune peut avoir un travail très intéressant en usine et faire une très belle carrière dans les pêches.

Un travailleur décortique du crabe

Un travailleur décortique du crabe (archives)

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Il estime que l’AQIP a besoin de sang neuf et de nouveaux visages pour se renouveler.

Le nouveau président croit que le message a été entendu.

Bill Sheehan en veut pour preuve la nomination de Ruth Taker, de la Coopérative Cap-Dauphin, des Îles-de-la-Madeleine, à la vice-présidente de l’AQIP.

De nouveaux membres en provenance des Îles se sont aussi ajoutés au conseil d’administration. C’est ce que les Madelinots demandaient, du changement. En quelque sorte, on a acquiescé à leur demande. Je ne sais pas si ça va leur plaire, mais on a quand même des nouveaux membres des Îles-de-la-Madeleine, indique M. Sheehan.

Des discussions sont prévues en début de semaine entre l’AQIP et les Madelinots pour un rapprochement.

Le conseil d’administration de l’AQIP est composé de trois membres en provenance des Îles, trois membres en provenance de la Côte-Nord et cinq membres de la Gaspésie.

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