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Près d’une trentaine de décès en motoneige par an, mais peu de touristes

Chaque année, en moyenne, près de 30 personnes perdent la vie en utilisant une motoneige. Contrairement à la croyance populaire, le nombre de touristes habituellement touchés reste minime.

Un homme sur une motoneige dans un champ s'approche d'un secteur boisé.

Au total, plus de 200 000 motoneiges sont enregistrées au Québec.

Photo : Shutterstock

Romain Schué

Depuis 2010, selon le Bureau du coroner, 21 décès dans un contexte d’accident de motoneige concernent des touristes (17 hommes et 4 femmes).

Ces données ne prennent cependant pas en compte le drame survenu au Lac-Saint-Jean. Un guide est mort et cinq personnes, provenant de l’est de la France, sont portées disparues.

Il y aurait ainsi annuellement de deux à trois accidents mortels visant des touristes originaires de l’extérieur du Québec.

Selon les données obtenues par Radio-Canada, ces drames touchent majoritairement des Français et des voyageurs provenant d’autres provinces canadiennes.

Pays d’origine des touristes décédés en motoneige

  • France : 7
  • Belgique : 1
  • Suisse : 1
  • Angleterre : 1
  • États-Unis : 2
  • Canada (hors Québec) : 9

Le nombre total de victimes motoneigistes est cependant bien plus élevé. On en compte en moyenne 27 par année, détaille Dominique D’Anjou, porte-parole du Bureau du coroner.

Ce chiffre a grimpé à 33 en 2015, avant de stagner à 25 en 2017 et 2018.

D'après la Sûreté du Québec, on dénombrait quatre victimes motoneigistes cet hiver, y compris le décès du guide montréalais qui accompagnait des touristes français en début de semaine pour une longue randonnée.

Plus de 200 000 motoneiges enregistrées

Le nombre de motoneiges immatriculées grimpe d'année en année. Entre 2015 et 2018, leur nombre est passé de 181 010 à 201 732.

En comparant le ratio d'accidents mortels et le nombre de véhicules en circulation, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec se veut ainsi rassurante. Il faut casser les mauvaises perceptions, souligne la porte-parole de l'organisme, Marilou Perreault. Ce n'est pas une activité plus dangereuse que d'autres. Les règles que l'on doit suivre en voiture, c'est la même chose en motoneige. Ce n'est jamais sécuritaire de sortir des balises.

Alcool, vitesse et inexpérience souvent mis en cause

Les rapports du coroner concernant des vacanciers décédés font régulièrement état d’une forte consommation d’alcool chez les victimes ou encore d’une vitesse excessive, pouvant mener à une collision contre un arbre ou un rocher. L’état des véhicules n’est pas mis en cause dans les documents consultés.

Originaire d’Ontario, Simon H. a par exemple été retrouvé inanimé en 2010 après avoir perdu le contrôle de son véhicule sur une bosse de neige. Son taux d’alcoolémie était plus de deux fois supérieur à la limite autorisée.

L’année suivante, un autre Ontarien, Antonio R., 53 ans, a de son côté « consommé quelques bières » avant de prendre la route et de faire « une sortie de route » mortelle. Plusieurs autres cas similaires sont répertoriés.

30 000 touristes par an

Chaque année, environ 30 000 touristes viennent au Québec pour faire de la motoneige.

Venant de Suisse en 2013 avec 15 autres touristes, Hubert Joseph S. était quant à lui un « motoneigiste d’expérience ». Tout comme le groupe de Français impliqué dans le drame au Lac-Saint-Jean, il est parti de Saint-Michel-des-Saints. Son véhicule a ensuite percuté un rocher et un « arrêt cardio-respiratoire » est mentionné.

À deux reprises, il est question de touristes qui se sont aventurés sur la glace d'un lac ou du fleuve Saint-Laurent, qui a cédé. Une victime a également percuté un train, en ne marquant pas un arrêt pourtant obligatoire.

Vacancier belge, Philippe L. a quant à lui pris, en 2013, un virage à 40 km/h au lieu des 30 km/h conseillés. Il a ensuite percuté un arbre, subissant ainsi un important trauma. À 61 ans, Jean-Joseph Vauthrin, originaire de France, a lui aussi perdu la vie en 2016 en étant projeté contre un arbre, dans un fossé.

Âgé de 23 ans, Ghislain M. vivait sa première expérience de motoneige en 2014, avec ses parents. Voulant se rendre, avec son groupe, vers la Côte-de-Beaupré, le jeune Français perd la maîtrise de son engin, dans une « courbe prononcée ». Son « inexpérience » est mise de l’avant par les enquêteurs. Une telle explication a été notée dans plusieurs rapports.

Avec la collaboration de Daniel Boily et Sébastien Desrosiers

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