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Le commissaire de l'UPAC réitère son indépendance

Gros plan de Frédérick Gaudreau parlant dans un micro.

Le commissaire Frédérick Gaudreau a réagi au lendemain des propos de Jean Charest au sujet de l'UPAC.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Joëlle Girard

Le commissaire à la lutte contre la corruption (CLCC) a réitéré mercredi l'importance de préserver son indépendance, au lendemain de la sortie de Jean Charest pour réclamer une conclusion à l'enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec.

En entrevue mardi avec le chef d'antenne Patrice Roy, l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest a tenu des propos plutôt durs à l'égard de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sur les ondes de Radio-Canada.

M. Charest a notamment réclamé une conclusion à l'enquête Mâchurer, amorcée en 2014, qui porte sur le financement du Parti libéral du Québec, sur lui-même et sur son grand argentier de l'époque, l'entrepreneur Marc Bibeau.

Il a également comparé le travail de l'UPAC à une partie de pêche, soulignant que 300 personnes avaient été interrogées à son sujet par les policiers.

Depuis que j’ai quitté la politique, je n’ai pas fait d’intervention sur ce sujet-là. Je n’en ai pas fait pendant la période de la commission Charbonneau [...] et pendant l’enquête non plus [...], parce qu’on ne veut pas avoir l’air d’intervenir. Mais là, ça fait six ans que tout ça dure. À un moment donné, il y a un élément de bon sens là-dedans, a-t-il dénoncé mardi, en entrevue à Radio-Canada.

C'était la première fois que M. Charest s'exprimait publiquement à ce sujet depuis qu'il a quitté la vie politique, après sa défaite électorale en 2012.

Ses propos ont fait écho à ceux de son avocat, Me Michel Massicotte, qui a fait une sortie similaire à l'émission d'Isabelle Richer vendredi dernier, à sa propre demande, pour réclamer la fin de l'enquête Mâchurer.

Sollicité par les médias mercredi matin, l'UPAC a, dans un premier temps, refusé de commenter l'affaire. Le corps de police s'est ensuite ravisé en publiant un communiqué en après-midi.

Compte tenu de la nature même des enquêtes qui sont menées par le CLCC, le commissaire Frédérick Gaudreau rappelle aujourd'hui qu'il est primordial qu'il puisse prendre ses décisions opérationnelles en toute indépendance, a déclaré le corps de police spécialisé.

Le CLCC comprend l'impatience des citoyens et des élus à vouloir connaître l'issue de certaines enquêtes criminelles médiatisées. Il se doit, par ailleurs, de respecter les démarches d'enquête en cours, de protéger l'intégrité des enquêtes de même que la vie privée des gens visés ou impliqués.

Le commissaire Gaudreau s'était déjà engagé à rendre publique la finalité de certaines enquêtes ayant retenu l'attention médiatique. Il a affirmé mercredi qu'il respectera cet engagement en temps opportun.

Jean Charest en entrevue avec Patrice Roy.

Jean Charest a été premier ministre du Québec de 2003 à 2012.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une demande « mal avisée »

En matinée mercredi, le leader parlementaire de l'opposition officielle et député libéral Marc Tanguay en a remis une couche en réclamant lui aussi un point final à l'enquête de l'UPAC.

C'est un cri du cœur qui est tout à fait justifié pour un citoyen, qui fait l'objet de ces allégations depuis six ans, a déclaré M. Tanguay en mêlée de presse, en référence aux propos de Jean Charest.

On demande à l'UPAC, réellement, de mettre un point final d'une façon ou d'une autre à cette enquête-là. Après six ans, ça n'a pas de bon sens.

Marc Tanguay, député libéral et leader parlementaire de l'opposition

Cette sortie du député de LaFontaine a été mal reçue par les autres partis provinciaux. La ministre Andrée Laforest, responsable de la Sécurité publique par intérim durant le congé de maternité de Geneviève Guilbault, a été appelée à réagir en marge d'une conférence de presse.

Elle a balayé du revers de la main les pressions exercées par M. Tanguay. Elle a aussi rappelé que le gouvernement ne peut s'immiscer dans une enquête et que la demande du député libéral est plutôt mal avisée et audacieuse.

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a elle aussi réagi en marge d’une conférence de presse. Les Québécois et Québécoises ne sont pas dupes. La commission Charbonneau, on ne l’a pas oubliée. L’UPAC doit [faire] aboutir son enquête. Et le nouveau directeur ne doit pas, disons, se laisser influencer par les firmes de communication de M. Charest.

Les citoyens sont impatients, ils veulent savoir, a pour sa part reconnu le whip du Parti québécois, Harold LeBel. Mais de là à dire qu'il faut bâcler l'enquête ou qu'il faut pousser dans le dos de l'UPAC, moi, je ne suis pas là. Il faut que l'UPAC fasse bien son travail et qu'elle arrive avec des conclusions et que ce soit transparent pour que les citoyens aient des réponses.

L'enquête Mâchurer a refait surface dans l'actualité jeudi dernier en raison de la divulgation de mandats de l'UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le PLQ.

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