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Des tatoueurs acadiens peuvent finalement vivre de leur art

Manuel Hébert en train de tatouer.

Manuel Hébert a commencé sa carrière, 25 ans plus tôt, avec une machine créée grâce à des cordes de guitare, une aiguille et le moteur d’un baladeur.

Photo : Guy LeBlanc

Francis Pilon

Après des années de vache maigre, des tatoueurs acadiens arrivent maintenant a bien gagner leur vie grâce à cet art longtemps considéré comme marginal.

L'industrie du tatouage est en pleine expansion en Atlantique depuis les cinq dernières années, selon la coordonnatrice du Hub City Tattoo Expo, Melissa Dawe. Son événement rassemble jusqu’à 110 tatoueurs chaque année, à Moncton, depuis 2013. 

Les artistes viennent de l’international et du Canada. On peut accueillir jusqu’à 2000 personnes chaque année. Beaucoup de personnes de tous les âges arrivent sans tatouage, mais ils quittent l’événement tatoué.

Melissa Dawe, coordonnatrice de l’événement Hub City Tattoo Expo

Mme Dawe affirme que son événement aide à faire mousser la popularité du tatouage en Atlantique. Elle constate une forte augmentation des studios de tatouage dans le Grand Moncton au cours de la dernière décennie. 

Magasin Buzz ink vu de l'extérieur.

Manuel Hébert a ouvert son commerce, Buzz Ink, il y a près de trois ans dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / GUY LEBLANC

Même son de cloche pour Manuel Hébert, un vétéran dans le domaine du tatouage. Il a commencé sa carrière, 25 ans plus tôt, avec une machine créée grâce à des cordes de guitare, une aiguille et le moteur d’un baladeur. 

Il constate que les tatoueurs acadiens peuvent désormais vivre de leur art en pratiquant leur métier à temps plein. 

En 2002, j’avais mon studio de tatouage à Tracadie. Après, j’ai dû déménager à Moncton, parce que le volume n’était pas assez occupé. Ça marchait mieux à Moncton, mais je suis revenu dans la Péninsule parce qu’il y a plus de clientèle maintenant.

Manuel Hébert, propriétaire de Buzz Ink à Tabusintac 

M. Hébert a ouvert son commerce dans la Péninsule acadienne, il y a près de trois ans. Cette décision n’aurait pas été possible, dans le passé, en raison du manque de clients dans cette région du Nouveau-Brunswick, mentionne-t-il.

C’est sûr qu’il y a plus de six ou sept ans, on n’aurait pas vu un des grands-parents venir au studio pour acheter des cartes-cadeaux à leurs petits enfants. Aujourd’hui, on est rendu là. C’est beaucoup plus ouvert, explique le tatoueur.

Selon l'institut IPSOS, le tiers des Canadiens âgés de 18 à 36 ans auraient au moins un tatouage (Nouvelle fenêtre). Et la proportion des femmes tatouées est plus grande que celle des hommes.

L’Acadie, une marque de commerce

Cynthia Lagacé, originaire de Bathurst au Nouveau-Brunswick, a ouvert son studio de tatouage à Montréal il y a trois ans. 

Elle a nommé son commerce « L'Acadie tattoo » et se spécialise dans le tatouage féminin. Elle met à l’avant-plan ses origines acadiennes pour attirer sa clientèle. 

Cynthia Lagacé dans son studio de tatouage.

Cynthia Lagacé a nommé son commerce «L'Acadie tattoo» et se spécialise dans le tatouage féminin. Ses origines sont en quelque sorte sa marque de commerce.

Photo : Radio-Canada

C’est sûr qu’il y a moins de tatoueurs au Nouveau-Brunswick qu’à Montréal. J’attire les gens avec mon côté chaleureux. Je parle beaucoup avec mes clients. Je suis presque une psychologue pour eux.

Cynthia Lagacé, propriétaire de l’Acadie tattoo 

Mme Lagacé confirme qu’elle gagne bien sa vie en tant que tatoueuse à temps plein dans la métropole québécoise. De son côté, elle constate aussi l’augmentation de tatoueurs acadiens qui arrivent non pas à survivre, mais à vivre de leur art. 

Les tatouages divisent toujours en Atlantique. Radio-Canada a demandé aux résidents du Grand Moncton ce qu’ils pensaient de cet art. Voici leurs réactions : 

Toujours selon l'institut IPSOS, un tatoué sur dix regretterait son tatouage (Nouvelle fenêtre) au Canada.

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Nouveau-Brunswick

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