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Archives

Il y a 60 ans, le boulevard Métropolitain s'ouvrait à la circulation

Des ouvriers installent un panneau de signalisation routière sur le boulevard Métropolitain en 1963.

L’autoroute Métropolitaine est mise en service par tronçons entre 1959 et 1969.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 23 janvier 1960, le boulevard Métropolitain est inauguré. Retour en archives sur ce grand projet d’autoroute urbaine qui allait modifier en profondeur le paysage montréalais d’est en ouest pour le meilleur et pour le pire.

Une autoroute dans la ville

C’est en 1929 que le gouvernement donne son aval à la construction d’un boulevard métropolitain qui permettrait aux automobilistes d’éviter le centre-ville de Montréal.

En raison de la crise économique qui sévit à cette époque, puis de la Seconde Guerre mondiale, les premiers travaux d’expropriation ne débutent qu’en 1952.

L’autoroute Métropolitaine, qui forme l’A-40 avec ses prolongements, sera mise en service par tronçons entre 1959 et 1969.

Dans ce remontage d’images d’archives tournées en septembre 1963, des automobilistes circulent sur le nouveau boulevard Métropolitain. Quelques sections sont toujours en chantier et des ouvriers s’affairent à installer des panneaux de signalisation.

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Séquences de tournage, 1er septembre 1963 (remontage d’archives)

Lors de la phase d’expropriation de 1952 à 1956, six paroisses du nord de l’île de Montréal se retrouvent scindées en deux.

Dans l’émission Le Point le 28 février 1989, le journaliste Gilles Gougeon présente l’histoire du boulevard Métropolitain et les conséquences sur les quartiers touchés par ce développement routier.

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Le Point, 28 février 1989

Il s’entretient avec Eva Barbalik, propriétaire d’une maison de ferme près de la Côte-de-Liesse depuis les années 1950. À cette époque, la Côte-de-Liesse se divisait en deux voies et le secteur était constitué de champs appartenant aux dernières fermes du nord de Montréal. La propriétaire « assista, impuissante, à la transformation de la Côte-de-Liesse en boulevard Métropolitain. »

Une femme devant sa porte montre l'autoroute qui passe devant sa maison.

Eva Barbalik, propriétaire d’une maison de ferme près de la Côte-de-Liesse dans les années 1950, a vu son paysage se transformer en raison du développement du boulevard Métropolitain.

Photo : Radio-Canada

Au tournant des années 1960, les promoteurs ignorent encore les effets des autoroutes sur l'environnement et les populations. Des études d'impact voient le jour, mais la priorité demeure la modernisation rapide des infrastructures routières. C'est l'ère du béton, de l'acier et des grands projets autoroutiers. L'automobile est reine au cœur d'une Amérique prospère.

C’est souvent avec arrogance qu’on balafrait les villes de ces autels de béton où les grands prêtres de la vitesse et de la liberté célébraient le triomphe de la vie urbaine.

Gilles Gougeon, journaliste

Un moteur de l’étalement urbain

Pour Jean-Claude Marsan, doyen de la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal de 1985 à 1993, « nous n’avions pas le choix, il fallait un tel boulevard pour concurrencer le développement économique des autres villes nord-américaines dans les années cinquante ».

L'autoroute Métropolitaine est souvent appelée « l’épine dorsale » du réseau routier montréalais. Seule autoroute est-ouest en continu, elle joue un rôle fondamental, car les grands axes routiers d’importance qui traversent la ville du nord au sud viennent tous s’y greffer.

Le Métropolitain, qui est la continuité de la Transcanadienne, a amené des industries à quitter le port et à venir s’installer à proximité. La main-d’œuvre a suivi et est même allée s'installer plus loin dans la périphérie.

On a voulu accélérer le flux de la circulation, on a du même coup dégradé l’environnement et surtout accéléré l’hémorragie de la population vers les banlieues.

Gilles Gougeon

Pour cacher cette artère, aujourd’hui congestionnée en permanence, certains voudraient que le boulevard Métropolitain soit enfoui sous terre. 

Cette idée, souvent évoquée, est reprise dans ce reportage de Bertrand Hall présenté au Montréal Ce soir du 11 août 2003.

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Montréal ce soir, 11 août 2003

On y apprend que les coûts d’un tel projet seraient faramineux. Pour Jean-Claude Marsan, architecte et urbaniste, nous devons maintenant vivre avec cette autoroute. Pour désengorger les bouchons monstres qui se forment jour après jour sur le boulevard Métropolitain, un changement dans les habitudes s’impose. 

L’argent qu’on mettrait dans un tunnel, on ne l’aurait pas pour mettre dans les transports en commun.

Jean-Claude Marsan

60 ans après sa construction, le ministère des Transports vient d’annoncer un vaste chantier de réfection et de modernisation du secteur Est de l’autoroute Métropolitaine. Le premier tronçon de l'autoroute qui sera rénové est situé entre les boulevards Saint-Laurent et Provencher.

D’autres secteurs suivront au cours des prochaines années.

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