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Le sondage sur l’aide médicale à mourir est complexe, jugent certains répondants

Un médecin touchant le bras d'un patient sur un lit d'hôpital, en signe de réconfort.

Les Canadiens ont jusqu'au 27 janvier pour remplir le sondage sur les modifications à apporter à la Loi sur l’aide médicale à mourir.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 13 janvier, le gouvernement fédéral a lancé une série de consultations sur les modifications à apporter à la Loi sur l’aide médicale à mourir afin de se conformer à un récent jugement de la Cour supérieure du Québec. Plus de 150 000 personnes ont déjà répondu au sondage en ligne. Certaines sont déçues par le contenu et la complexité des questions.

Ruth Enns est âgée de 72 ans et souffre d'un handicap physique.

Il y a un énorme déséquilibre dans le site de la consultation publique, affirme-t-elle. Elle estime que nombreux éléments dans le sondage encouragent l’aide médicale à mourir.

Je n’ai rien trouvé qui décourage [les gens d'avoir recours à l’aide médicale à mourir], dit-elle. Je n'ai trouvé aucun endroit où les gens pouvaient se plaindre d’une influence indue.

Elle déplore également la complexité des questions et souligne que les espaces destinés aux commentaires sont limités et ne permettent pas à ceux qui le souhaitent préciser leurs idées.

Ruth Enns.

Ruth Enns vit à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Questionné sur le sondage, le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, a mentionné que des milliers de personnes ont déjà exprimé leur avis.

Il a également annoncé qu’il prévoyait déposer une nouvelle loi en février pour modifier les critères d’octroi de l’aide médicale à mourir aux Canadiens.

En septembre 2019, la Cour supérieure du Québec a invalidé la partie de la loi fédérale sur l’aide médicale à mourir qui exigeait que la mort des patients soit raisonnablement prévisible. Celle-ci a été jugée inconstitutionnelle. Le gouvernement fédéral a jusqu’au 11 mars 2020 pour faire face aux répercussions sur le plan judiciaire de cette décision.

Des modifications qui préoccupent

Un médecin de famille de Winnipeg, Larry Rados, affirme que certains médecins sont préoccupés par de possibles changements à venir.

Il craint particulièrement ce qui pourrait arriver à des personnes atteintes de maladie mentale.

Prenons la dépression, par exemple. Les maladies dépressives font que le patient se dit parfois : "Je ne suis pas bon, le monde n’est pas bon, l’avenir n’est pas bon." Si une personne est dans cet état d’esprit, on peut facilement en profiter, dit-il.

Le gouvernement fédéral doit plutôt travailler à rendre les soins plus accessibles, soutient-il.

Le directeur par intérim de Life’s Vision, un organisme sans but lucratif qui s’oppose à l’aide médicale à mourir, est du même avis.

Cam MacDonald est âgé de 27 ans et est atteint de paralysie cérébrale. Il souhaite que les personnes lourdement handicapées soient mieux soutenues et qu'on les encourage à vivre.

Cam MacDonald.

« Nous devons envoyer un message positif et offir de l'espoir aux gens », dit Cam MacDonald.

Photo : Radio-Canada

De son côté, la bénévole du groupe Mourir dans la dignité Winnipeg, Debra Mason, se réjouit à l’avance des modifications qui pourraient être apportées à la loi.

Son père a bénéficié de l'aide médicale à mourir en 2017 alors qu'il avait 94 ans.

Il avait une leucémie, une tumeur au cerveau. Il a choisi de mourir chez lui, à Rapid City. Il ne voulait aucun traitement. Il savait qu’il allait mourir et n'a jamais voulu faire partie de ces personnes alitées en raison de la maladie , dit-elle.

Un homme âgé assis dans un fauteuil avec un petit oiseau posé sur sa main.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le père de Debra Mason, Roy Gwiazda, a eu recours à l'aide médicale à mourir en 2017.

Photo : Fournie par Debra Mason

Mme Mason a également rempli le sondage en ligne et admet qu’il y a une certaine complexité dans les questions, mais que cela ne devrait pas empêcher de modifier la loi.

Les Canadiens ont jusqu'au 27 janvier pour remplir le sondage.

Avec les informations de Catherine Cullen et Kathleen Harris

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Manitoba

Aide médicale à mourir