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L'armée américaine affirme avoir piraté l'État islamique « avec succès »

Un membre des forces irakiennes passe devant une murale au logo de Daech dans un tunnel.

Glowing Symphony est la première attaque informatique contre l'État islamique officiellement admise par le Pentagone.

Photo : Getty Images / Ahmad Al-Rubaye / AFP

Agence France-Presse

L'armée américaine affirme avoir perturbé « avec succès » la propagande en ligne du groupe État islamique (EI) au cours d'une opération de piratage menée à partir de 2016, selon des documents du commandement américain pour l'attaque et la défense informatique (Cybercom) rendus publics mardi.

Ces documents, jusque-là classés secret de défense, indiquent que le Cybercom « a combattu l'EI avec succès dans le domaine de l'information » et a affecté les capacités du groupe djihadiste à radicaliser et recruter des combattants et combattantes « en lui imposant des coûts élevés en temps et en ressources ».

Publiés par l'Université George Washington et obtenus en vertu d'une loi sur la transparence dans l'administration, les documents analysent les conditions dans lesquelles a été menée l'opération Glowing Symphony, la première attaque informatique officiellement admise par le Pentagone.

Le Cybercom conclut à une réduction significative de la campagne de recrutement de l'EI, mais ajoute que ses efforts ont été ralentis par des procédures administratives « longues et difficiles » pour faire approuver l'opération.

Vu que le Cybercom est destiné à multiplier ce genre d'attaques informatiques, de meilleures procédures devraient être mises en place pour « accélérer le processus », ajoute le commandement militaire américain dans ce qui est lisible de ces documents.

Les États-Unis avaient déjà officiellement reconnu avoir ajouté l'arme informatique à leur arsenal, mais ces nouveaux documents sont les plus détaillés jamais publiés sur l'opération contre l'EI, initialement approuvée pour 30 jours à la fin de 2016 puis prolongée en juillet 2017, selon le site de l'Université George Washington.

Les documents n'indiquent pas si l'opération a été interrompue, mais ils révèlent « la complexité sans précédent de cette opération, qui a posé des problèmes en termes de coordination et d'évaluation ».

Les États-Unis s'inquiètent de voir les groupes extrémistes comme l'EI utiliser les réseaux sociaux et Internet pour diffuser leur propagande.

Selon l'Université George Washington, ces documents et les déclarations publiques du chef du Cybercom, le général Paul Nakasone, donnent des indices sur la façon dont le commandement opère et sur ce qu'il pourrait faire pour répondre à des attaques contre le processus électoral américain.

Dans une entrevue accordée l'an dernier, le général Nakasone avait révélé qu'une équipe spéciale avait été mise sur pied pour répondre rapidement à une attaque contre la campagne présidentielle de 2020.

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