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Deux motoneiges retrouvées dans le lac Saint-Jean

Un lac l'hiver.

Cette photo prise depuis un hélicoptère montre à quel point le secteur était dangereux pour les motoneigistes.

Photo : Courtoisie : compte Twitter de la SQ

Radio-Canada
Mis à jour le 

Deux motoneiges ont été retrouvées dans le lac Saint-Jean par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) mercredi en fin d'après-midi.

Elles n'ont pas encore été remontées à la surface. Elles se trouvaient près de la source de la rivière La Grande Décharge.

La porte-parole Béatrice Dorsainville a ajouté, en soirée mercredi, que les cinq motoneigistes français sont toujours recherchés.

Les recherches vont se poursuivre toute la nuit. Pour leur part, les plongeurs ont été actifs jusqu'à 21 h.

En fin d'après-midi, l'hélicoptère de la SQ a cessé de participer aux recherches en raison de la tombée du jour.

La porte-parole n'a pas pu confirmer si un second appareil sera envoyé en renfort jeudi.

Jusqu'à 6 h jeudi matin, deux policiers à motoneige et un enquêteur seront sur place. Le poste de commandement qui est sur les lieux sera toujours actif.

Rappelons que la randonnée à motoneige sur le lac Saint-Jean a pris une tournure tragique pour huit touristes et leur guide mardi soir, lorsque la glace a cédé sous leur passage. Le guide qui dirigeait le groupe est mort au cours de la nuit et cinq Français sont toujours portés disparus.

Les trois rescapés ont obtenu leur congé de l'hôpital d'Alma. Ils ont reçu la visite de la consule honoraire de France, Françoise Brochet.

Le consul général adjoint, Laurent Barbot, se trouve également sur les lieux. Il a pris part au point de presse donné en compagnie de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest.

Physiquement, ils se portent bien. Mais moralement, ils sont choqués.

Laurent Barbot, consul général adjoint

L'identité du guide a été dévoilée par la SQ mercredi après-midi. Il s'agit de Benoît Lespérance, 42 ans, de Montréal. Il était guide à motoneige accrédité. M. Lespérance avait reçu sa formation en 2010, a confirmé le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT).

Des policiers à motoneige observent les glaces du lac Saint-Jean.

Des policiers à motoneige mènent des recherches sur le lac Saint-Jean pour retrouver les motoneigistes disparus.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Seul membre du groupe à avoir été secouru par les pompiers lors de leur arrivée sur les lieux de la tragédie, M. Lespérance a été transporté en centre hospitalier. Il est mort au cours de la nuit.

Selon les policiers, le groupe, qui comprenait huit touristes et un guide québécois, ne circulait pas sur un sentier balisé. Il se trouvait en fait près de la source de la rivière La Grande Décharge, qui est presque complètement à l'eau claire.

Ce secteur est bien connu pour être dangereux.

Le sentier fédéré contourne ces sections-là, parce que c’est un endroit qui est généralement dangereux. Souvent, la glace est peu épaisse ou c’est à l’eau vive.

Hugues Beaulieu, porte-parole de la SQ

Un membre du groupe qui se trouvait à l’arrière du peloton est donc passé à travers la glace et s'est retrouvé dans l'eau. Deux autres membres du groupe qui circulaient près de lui ont pu l'aider à sortir des eaux glaciales.

Ces motoneigistes ont ensuite été en mesure de rejoindre la terre ferme et de demander l'aide des secours dans un dépanneur. Ils ont été conduits à l'hôpital en état d'hypothermie.

Carte montrant le lac Saint-Jean et la rivière Saguenay.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les motoneigistes étaient à l'extrémité est du lac Saint-Jean lors de la tragédie.

Photo : Radio-Canada / Google

Une opération de sauvetage de la SQ est toujours en cours pour tenter de retrouver les cinq Français qui manquent à l'appel. Les plongeurs de la SQ sont sur place depuis la matinée pour fouiller les eaux du secteur.

Est-ce que ces cinq personnes ont sombré dans les eaux du lac Saint-Jean ou est-ce qu’[elles] ont trouvé refuge autour? Ce sont des éléments qui restent à vérifier, a indiqué le porte-parole de la SQ, Hugues Beaulieu.

La Sûreté du Québec a installé son poste de commandement mobile dans les parages et utilise deux hélicoptères pour les recherches. Un des deux s'est cependant écrasé mercredi après-midi, blessant le pilote. Le Service des incendies d'Alma et les Forces armées canadiennes ont aussi participé à l'opération au cours de la nuit de mardi à mercredi.

L'endroit où la glace a cédé sur le lac Saint-Jean.

Les motoneigistes circulaient sur les glaces du lac Saint-Jean, tout près de la source de la rivière La Grande Décharge.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Au Relais 22 Milles la veille

Le groupe de motoneigistes avait dormi lundi au Relais 22 Milles, situé à environ une centaine de kilomètres de La Tuque et de Roberval. Selon la propriétaire Christine Reis, il s'agissait d'un groupe de huit hommes dans la vingtaine et la trentaine.

Propriétaire depuis quatre ans, Mme Reis a ajouté qu'elle voyait souvent le guide Benoît Lespérance, qu'elle disait expérimenté.

C'était des groupes qu'on voyait deux fois par semaine avec ce même guide là. Donc, c'était une personne qui selon moi était très expérimentée. Il avait toujours des groupes de 8 à 10 motoneigistes avec lui.

Christine Reis, propriétaire du Relais 22 Milles

Un forfait d'Aventures 3000

Selon ce qu’a appris Radio-Canada, les huit motoneigistes et leur guide avaient loué leurs motoneiges dans un commerce de location à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière.

Deux motoneiges stationnées près d'un dépanneur.

Les motoneigistes qui ont réussi à atteindre la terre ferme ont laissé leur engin près du dépanneur où ils ont demandé de l'aide.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Le propriétaire de l’entreprise précise toutefois que le guide n’était pas associé à son commerce.

Dans le contrat de location, le propriétaire dit qu’il est clairement stipulé que les motoneigistes n'ont pas le droit de sortir des sentiers fédérés ni de traverser un plan d'eau à l’extérieur de ces sentiers.

Toujours selon nos informations, Aventures 3000 ne possède pas la certification Aventure écotourisme Québec. Cette association sectorielle en tourisme d'aventure et en écotourisme au Québec est reconnue par Tourisme Québec et regroupe au sein de son réseau les entreprises professionnelles.

Selon le site Internet de l'agence, l'entreprise a été fondée en 1999 par un Suisse, Patrick Denis, qui a notamment été pilote de rallye professionnel. Selon le Registraire des entreprises, il est aujourd'hui actionnaire majoritaire. C'est d'ailleurs ce type d'agence qui sera visé par l'annonce de la ministre Proulx.

Consternation et incompréhension

Le maire de Saint-Henri-de-Taillon, André Paradis, est sous le choc, comme bien des résidents du village. Lui-même motoneigiste, il n’arrive pas à comprendre pourquoi le groupe s’est retrouvé à cet endroit.

Personne ne comprend comment on a pu diriger des gens vers ce secteur. C’est le pire secteur où aller. C’est l’incompréhension totale.

André Paradis, maire de Saint-Henri-de-Taillon

France Paradis, un journaliste à la retraite d'Alma et amateur de motoneige, s'est pour sa part montré perplexe quant à cette présence dans ce secteur.

Que faisaient-ils dans ce secteur-là à cette heure-là? Généralement, des expéditions de cette nature [...] ils sont de retour à leur hôtel vers 17 h, non pas parce que c'est dangereux de faire ça dans le noir, mais parce que les forfaits comprennent habituellement un bon souper à l'hôtel après la journée de motoneige avec les amis et tout, a relaté M. Paradis.

Selon France Paradis, le scénario le plus plausible est le suivant : On peut penser que les motoneiges se suivaient à la queue leu leu, la première a enfilé dans l'eau et tu n'as pas le temps de réagir, ça se déroule en une fraction de seconde. Disons qu'ils circulaient à 50 ou 60 km/h, c'est pouf, pouf, pouf, tout le monde se retrouve à l'eau. Et quand une motoneige arrive dans l'eau comme ça, elle glisse à la surface sur environ 20, 25 pieds et après ça elle se met à couler exactement comme un fer à repasser.

Et la suite prévisible, telle qu'il la décrit, a de quoi glacer le sang.

Quand tu tombes à l'eau, il faut bien comprendre que t'es habillé en habit de motoneige. Tu vas flotter pendant 10 secondes, mais dès que l'eau commence à s'engouffrer à l'intérieur du costume, avec le poids du casque et tout, tu deviens comme une roche, a témoigné M. Paradis.

Or, l'eau atteint une profondeur de 25 à 30 pieds à cet endroit.

Deux hélicoptères.

Deux hélicoptères de la Sûreté du Québec viennent en renfort pour rechercher les motoneigistes qui manquent à l'appel.

Photo : Louis Martineau

La ministre Laforest fait le point

La ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, a fait le point sur la situation mercredi matin.

J’ai communiqué tout de suite avec ma collègue Nadine Girault, qui est ministre des Affaires internationales, qui a informé le consulat général de France de la situation, a-t-elle fait savoir.

Évidemment, on attend plus d’information. Il y a plusieurs questions en suspens. Une enquête est en cours. Il appert que le groupe s'était peut-être aventuré dans des sentiers non balisés, peut-être non sécuritaires également.

Andrée Laforest, ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Mme Laforest a également évoqué la possibilité que le groupe ait pu se perdre pour expliquer son passage dans une zone dangereuse. Ça va faire partie de l'enquête, a-t-elle dit.

La ministre a aussi précisé que sa collègue au ministère du Tourisme, Caroline Proulx, doit présenter un projet d'encadrement pour les agences d'écotourisme. C'est jeudi que la ministre Proulx doit présenter ce plan, sur lequel elle travaillait depuis déjà plusieurs mois.

D'après les informations de Louis Martineau, Catherine Paradis, Mélissa Paradis, Priscilla Plamondon-Lalancette, Pascal Girard, Michel Gaudreau et de La Presse canadienne

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