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Jean Charest franchit le cadre d'une porte.

L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest a confirmé le 21 janvier 2020 qu'il ne sera pas candidat pour succéder à Andrew Scheer à la tête du Parti conservateur du Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour Jean Charest, le Parti conservateur ressemblait à une belle auto. Il voulait mettre ses deux mains sur le volant et l'emmener ailleurs. Mais en levant le capot, il a vu des choses qui l'ont refroidi. Le Parti conservateur de 2020 n'a rien à voir avec le parti progressiste conservateur de la fin des années 90. Fin de la réflexion.

Vous pouvez croire ou non l'explication donnée par Jean Charest à Patrice Roy. Il est vrai que ça ne prenait pas un baccalauréat en science politique pour savoir que les conservateurs d'aujourd'hui ne sont pas les conservateurs d'hier. Mais entre le savoir et constater de visu la profondeur du fossé, il y a une marge.

Quand on s'attaque à l'Everest, on sait que ce sera difficile, mais on prend la pleine mesure du défi seulement sur place. L'enthousiasme d'un retour en politique basé sur une avalanche de courriels n'a donc pas résisté au test de la vérification diligente.

Celle-ci a déterré l'antipathie de Stephen Harper, le conservatisme social des militants, la résistance au registre des armes à feu et le rejet de la taxe carbone, notamment.

Ajoutez les casseroles de l'enquête Mâchurer qui fait flotter une ambiance de financement illégal sur le Parti libéral du Québec que dirigeait Jean Charest et c'en était trop, même pour une « bête politique ».

Il sont assis face à face.

L'ex-premier ministre du Québec Jean Charest en entrevue avec Patrice Roy

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une partie de pêche

Jean Charest ne mâche pas ses mots à propos de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Les démarches de l'UPAC ne sont qu'une « partie de pêche », où on espère ramener un poisson.

Par contre, l’ancien chef du PLQ ne va pas aussi loin que son avocat. Pas d'ordre du genre « cessez cette enquête », mais quand même un appel aux policiers « à prendre leurs responsabilités ». On sent que la frustration macère depuis six ans.

Il utilise un petit raccourci quand il dit que rien, depuis six ans, n'empêche les policiers de porter des accusations. Il omet de parler des nombreuses démarches de Marc Bibeau devant les tribunaux pour protéger des documents qui ont ralenti l'enquête.

Sa défense du financement du PLQ comporte aussi une contradiction apparente. Il affirme que le financement sectoriel était conforme à la loi, mais ajoute qu’il y a eu du financement non conforme – il n’utilise pas le mot illégal – et que quand il a été mis au courant, il a agi.

Jean Charest nous a surpris un peu en réitérant son amitié avec Marc Bibeau et en défendant l'honnêteté de l'ancien grand argentier du PLQ. La loyauté est, semble-t-il, un trait de caractère de l'ancien premier ministre.

Cette version Charest ne changera probablement pas beaucoup l'opinion publique. Mais c'est peut-être ce qui restera finalement de cette réflexion sur son retour en politique : ses premiers commentaires sur l'enquête Mâchurer. Une espèce de délivrance du silence dans lequel il s'était enfermé depuis six ans.

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