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Crabe des neiges : pas de certification MSC pour 2020

Un crabe des neiges fraîchement pêché

Le crabe pêché dans la zone 12 du golfe Saint-Laurent a perdu sa certification MSC il y a maintenant deux ans.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Joane Bérubé

Tout porte à croire que les crabiers du sud du golfe, des zones 12, 12E et 12F ne récupéreront pas leur certification de la Marine Stewardship Council (MSC) pour la saison 2020.

La certification de pêche durable est suspendue depuis le printemps 2018, à la suite de l’empêtrement et de la mort de baleines noires dans le golfe Saint-Laurent.

La décision du MSC a été maintenue en 2019.

En 2019, plusieurs carcasses de baleines de l’Atlantique ont été repérées.

L’industrie estime que les mesures mises en place par Pêches et Océans Canada sont suffisantes, mais ce n’est pas encore assez pour récupérer la certification.

Les industriels ont brièvement envisagé, au cours des derniers mois, d’adhérer à une autre certification alimentaire. À Montréal, il n’y a pas longtemps, on a dit non. Une autre certification, si on est toujours aux prises avec la baleine. On va recommencer à zéro. Ça coûte de l’argent tout ça , commente le directeur de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, Jean-Paul Gagné.

L’industrie du crabe des neiges demeurera donc membre de la MSC. Pour essayer de démontrer qu’on a fait des efforts et qu’on ne met pas en péril d’autres espèces. On espère l’obtenir pour la prochaine saison, quoique cela fait deux ans qu’on ne l’a pas, on réussit quand même à écouler le produit , commente Bill Sheehan, de E.Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

Une cargaison de crabes des neiges au quai de Sept-Îles

Une cargaison de crabes des neiges au quai de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Les industriels du Québec et du Nouveau-Brunswick ont aussi choisi de se tourner vers des experts externes américains, pour qu’ils puissent analyser les mesures de protection mises en place pour protéger l’écosystème et les mammifères marins. Les mandats seront accordés sous peu.

Bien que cette certification soit un sésame pour bien des marchés de plus en plus désireux d’offrir un produit issu d’une pêche écoresponsable, l’absence de certification ne devrait pas nuire, pour le moment, aux industriels qui vendent principalement le crabe des neiges au Japon et aux États-Unis.

Jean-Paul Gagné ne craint pas, à court terme, l’imposition d’un éventuel embargo du crabe des neiges du golfe pour des raisons environnementales. Mais ça pourrait arriver, il faut se préparer , dit-il.

Le conseiller à l’exportation, André-Pierre Rossignol de GIMXport, lui donne raison. Il estime lui aussi que l’absence de certification pour le crabe des neiges du golfe n’aura pas de conséquence à brève échéance. Le marché est tellement bon à l’échelle mondiale actuellement qu’il est toujours possible de le vendre à un client qui ne l’exige pas. Ce qu’il ne faut pas oublier, non plus, c'est que ce genre de certification ne se décide pas en une semaine si on la reprend ou pas. C’est un long processus scientifique où il faut faire la preuve que vos démarches ont porté fruit.

La sortie récente d’élus américains pour demander un embargo sur les importations de crabes des neiges en raison de l’impact de cette pêche sur les baleines noires n’inquiète pas non plus Bill Sheehan, de E.Gagnon et Fils.

Il y voit surtout une manoeuvre protectionniste pour favoriser le crabe de l’Alaska.C’est certain, dit-il, que si on a la certification, ça donne un argument de vente.

Le directeur de l’AQIP demeure optimiste. Il rappelle que les relations commerciales avec les acheteurs américains sont solides. Les Américains, ajoute-t-il, sont aussi de grands importateurs de poissons et de fruits de mer.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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