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La diminution du nombre de fermes se poursuit en Abitibi-Témiscamingue

Agriculteur passant le balai au milieu des vaches laitières

Les fermes laitières et bovines sont en diminution en Abitibi-Témiscamingue. (archives)

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Le nombre de fermes en Abitibi-Témiscamingue est passé d'environ 700 à 552 entre 2008 et 2019. Il s'agit des plus récentes données du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Cette diminution inquiète bien sûr plusieurs acteurs, dont l'UPA et le MAPAQ lui-même, et ils affirment être en recherche active de solutions.

Le directeur régional adjoint du MAPAQ, Alain Sarazin, se dit préoccupé, puisque l'agriculture permet une occupation dynamique du territoire.

Un homme pose devant un mur.

Alain Sarazin, directeur régional adjoint au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec

Photo : gracieuseté

Malgré tout, il voit néanmoins une mince consolation à cette diminution des productions agricoles. Les agriculteurs en ont pris plus grand parce qu'en nombre d'hectares exploités, ça se ressemble, se console-t-il, sachant pertinemment que cela ne correspond pas à sa propre définition d'occupation dynamique du territoire.

L'agriculture est un métier qui devient de plus en plus difficile.

Olivier Cimon, ex-agriculteur

Olivier Cimon était agriculteur depuis son adolescence. Il a cependant finalisé la vente de ses actifs l'été dernier et tourné la page sur l'un des chapitres professionnels de sa vie.

C'est beaucoup d'administration. Les agriculteurs sont de vrais hommes d'affaires. Avant, on pouvait mettre plus de jus de bras, on mettait plus d'heures pour rattraper le temps qui manque et l'argent qui manque, mais de nos jours, c'est différent. Il y a plus d'administration et personnellement, c'est un côté que je n'avais pas.

Il était devenu agriculteur vers 15 ou 16 ans, un métier qu'il avait choisi de par sa passion de travailler avec les animaux et à l'extérieur. C'était mon rêve de pratiquer ce métier, raconte celui qui n'a pas racheté la ferme de ses parents. Il l'avait plutôt achetée d'un bon samaritain qui lui avait montré le métier.

Un homme pose pour la caméra, l'air sérieux, dans nos bureaux de Rouyn-Noranda.

Olivier Cimon a quitté la profession d'agriculteur même s'il s'agissait de sa passion, en raison de la charge administrative.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

J'aimais décider de ce que je voulais faire de ma journée, il y avait une grande liberté et j'aime travailler. En plus que l'emploi demande beaucoup d'heures, ça me comblait et c'était une passion.

J'ai adoré ce métier, mais si j'avais voulu continuer, il aurait fallu que j'investisse en plus, alors j'ai décidé de me réorienter, résume-t-il.

« C'est extrêmement inquiétant», dit le président de l'UPA

Le président de l'Union des producteurs agricoles de l'Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, estime que le contexte actuel des productions agricoles de la région est alarmant.

Les fermes bovines et laitières ont drastiquement diminué et plusieurs agriculteurs ont orienté leur production vers un autre type d'exploitation, rappelle-t-il.

Au niveau de la production de foin, ce n'est pas une production payante, en ce moment en tout cas, mais il y en a plusieurs qui vont vers cette production-là pour occuper le territoire, mais au niveau des revenus d'entreprise, ça fait une grande différence.

L'UPA tentera de trouver des solutions afin d'améliorer la rentabilité des entreprises au cours des prochains mois.

Il faut trouver un moyen d'améliorer le revenu net des entreprises, parce que si elles sont plus rentables, les jeunes auront peut-être davantage le désir de s'installer chez nous, mentionne Pascal Rheault, président de l'UPA Abitibi-Témiscamingue.

Il signale également que la distance entre l'Abitibi-Témiscamingue et les grands centres devient de plus en plus problématique lors des mauvaises saisons de récolte. On voit les différences et ça devient de plus en plus marqué et on souffre encore plus que les autres quand les saisons sont difficiles, affirme-t-il.

Dans le sud de la province, les agriculteurs peuvent avoir plus d'une production, comme du sirop d'érable jumelé à une ferme laitière, alors ils peuvent se rabattre sur une autre production quand ils vivent des temps difficiles. Nous, la majorité des producteurs n'ont qu'une seule production.

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