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Explosion des indemnités versées pour les événements météo au Québec

L’année 2019 aura été la plus coûteuse pour les assureurs au Québec depuis 1998, l’année de la crise du verglas.

Un drapeau du Québec flotte sur un mât dans un quartier résidentiel complètement inondé.

Un drapeau du Québec flotte au vent dans un quartier résidentiel de Saint-André d'Argenteuil inondé.

Photo : Radio-Canada / IVANOH DEMERS

Érik Chouinard

Les indemnités versées à la suite de phénomènes de météo extrêmes au Québec ont augmenté de 390 % en 2019, selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC). Au total, 540 millions de dollars ont été versés pour les dommages causés par Dame nature.

Les sommes versées au Québec représentent aussi près de la moitié du montant de 1,3 milliard de dollars des indemnités canadiennes totales.

Il faut se souvenir aussi que pour chaque dollar qu’un assureur paie en réclamation suite à une catastrophe naturelle, il y a probablement un 3 ou 4 dollars qui sont payés par les gouvernements en assistance financière et en réparation, soutient Pierre Babinsky, directeur des communications et des affaires publiques du BAC au Québec.

Parmi les sommes les plus importantes, 186 millions ont été réclamés pour les inondations printanières qui ont frappé plusieurs régions du Québec, dont l’Outaouais, la Beauce et les Laurentides. Avec le Nouveau-Brunswick, ce montant s’élève à 208 millions de dollars.

Un jeune déguisé traverse une rue avec ses deux parents sous la pluie.

En 2019, c'est sous d'importantes averses de pluie que plusieurs jeunes et leurs parents ont récolté les bonbons à Québec.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Les fortes pluies de l’Halloween et la tempête de vents du 1er novembre auront aussi coûté cher aux assureurs. Au Québec, un total de 189 millions a été versé pour les dommages causés par cet événement.

Au plus fort de la tempête, 980 000 abonnés d’Hydro-Québec avaient été privés d’électricité. Il s’agit de la plus importante panne depuis celle de la crise du verglas en 1998, qui avait touché 1,4 million d’abonnés.

C’est d’ailleurs l'année 1998 qui trône au sommet des années les plus coûteuses pour les assureurs au Québec. L’année 2019 se sera tout de même taillé une place au deuxième rang.

Plus de phénomènes extrêmes d’un océan à l’autre

Dans le pays en entier, l’année 2019 se classe au 7e rang des pertes assurées les plus élevées.

L’année 2016 a été la plus coûteuse, les indemnités versées y avaient totalisé 5,3 milliards de dollars. La somme de celles-ci découle entre autres des importants incendies qui avaient ravagé l’Ouest canadien.

Image d'une camionnette devant un énorme feu de forêt.

Les feux de forêts de Fort McMurray ont ravagé plusieurs quartiers de la ville du nord de l’Alberta.

Photo : Reuters / Mark Blinch

« Les feux de forêt à Fort McMurray en 2016 avaient à eux seuls coûté 3 milliards de dollars aux assureurs », précise Pierre Babinsky.

En 2019, la situation est différente. Aucun événement météo en particulier n’est considéré comme étant le principal responsable des pertes engendrées dans l’année.

Avec la multiplication des conditions météorologiques extrêmes partout au Canada, le BAC y met en évidence l’importance des coûts engendrés par les changements climatiques, tant pour les assureurs que pour les contribuables.

L’effet de changements climatiques ne fait pas nécessairement qu’il y a plus de pluie ou plus de vents, ce que l’on observe c’est qu’il y a plus de ces événements-là qui sont extrêmes ou plus violents, remarque le directeur des communications.

Parmi les 10 années les plus coûteuses en termes d’indemnisation au Canada, sept d’entre elles se situent dans la dernière décennie.

Les 10 années les plus coûteuses en termes de sinistres assurés au Canada

  1. 2016 (5,26 milliards $)
  2. 2013 (3,41 milliards $)
  3. 1998 (2,49 milliards $)
  4. 2018 (2,11 milliards $)
  5. 2011 (1,74 milliard $)
  6. 2012 (1,46 milliard $)
  7. 2019 (1,33 milliard $)
  8. 2005 (1,30 milliard $)
  9. 2017 (1,25 milliard $)
  10. 2010 (1,22 milliard $)

À la lumière de ces dernières années, le BAC encourage les gouvernements à être plus proactifs pour améliorer la résilience des municipalités face aux événements de météo extrême.

De notre côté, l’industrie des assurances s’adapte et adapte ses produits. Ce qu’on demande aux gouvernements, c’est de trouver des mesures concrètes d’atténuation des risques, en commençant par un plan d’action national pour faire face aux inondations, souligne Pierre Babinsky.

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