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Les T.N-O. s'attaquent aux taux de vaccination

Une infirmière insère une seringue dans une fiole de vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.

En 2019, l’OMS a cerné l’hésitation envers la vaccination comme l’une des 10 plus importantes menaces pour la santé dans le monde.

Photo : Reuters / Ann Wang

Mario De Ciccio

Confrontée à une éclosion de coqueluche dans sa capitale, les Territoires du Nord-Ouest veulent s’attaquer à leurs taux de vaccination. Un atelier a donc été offert lundi à des professionnels de la santé du territoire pour mieux les équiper à discuter avec les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants.

L'administratrice en chef de la santé publique des T.N.-O., la Dre Kami Kandola, a déclaré le 15 janvier qu'une éclosion de coqueluche sévissait dans les régions de Yellowknife et des Tlicho.

Vingt cas de coqueluche ont été confirmés en laboratoire et quatre autres personnes seraient affectées, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux. De ces 24 patients, 11 n’étaient pas vaccinés et 5 autres n’étaient pas à jour dans leur immunisation, a confirmé l’administratrice en chef.

Selon la docteure Kandola, les patients ou les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants seraient l’une des causes de ce problème.

Une femme se tient à côté d'une affiche sur l’atelier « Vers l'acceptation ».

La docteure Kami Kandola est l'administratrice en chef de la santé publique des T.N.-O.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Afin de mieux équiper les professionnels de la santé à encourager les parents à faire vacciner leurs enfants, la Société canadienne de pédiatrie a tenu un atelier lundi à Yellowknife. « Vers l’acceptation : Comment aborder l’hésitation envers la vaccination dans une pratique achalandée? » avait été planifié bien avant l’éclosion de coqueluche, mais sa tenue lundi tombait à point, estime l’administratrice en chef.

« Nous espérons que ça va nous donner des outils pour parler aux gens de leurs craintes à propos des vaccins, dit-elle. Nous espérons qu’en adressant ces craintes, nous pourrons améliorer notre couverture de vaccination et ainsi essayer d'éviter les scénarios où nous devons déclarer une éclosion comme celle de la coqueluche. »

L’importance d’écouter

Selon le Dr Sam Wong, pédiatre à Yellowknife et président élu de la Société canadienne de pédiatrie, il est important que les professionnels de la santé écoutent l'avis des patients et des parents concernant la vaccination.

« Seul 1 à 1,5 % des Canadiens sont “antivaccins”, dit-il; 15 à 20 % hésitent à propos de la vaccination et leurs craintes se doivent d’être adressées. »

Des gens dans une sale.

52 professionnels de la santé des T.N.-O. et du Yukon ont participé à l'atelier lundi.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

La chercheuse et anthropologue au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, Ève Dubé, qui s'intéresse, entre autres, aux raisons qui poussent les gens à se faire vacciner, était à Yellowknife pour l’atelier. D'après elle, lorsque les professionnels de la santé ne répondent pas adéquatement aux doutes et aux questions des patients qui hésitent, ceux-ci sont plus portés à refuser le vaccin.

L’atelier vise donc à offrir des stratégies de communication aux différents intervenants afin qu’ils soient plus en mesure d’écouter et de répondre à ces craintes. « L’objectif de l’atelier est de sensibiliser les professionnels de la santé aux préoccupations des gens et d’être ouverts à leurs craintes plutôt que de braquer les gens en leur poussant de l’information qu’ils ne désirent pas nécessairement entendre, explique-t-elle. C’est d’essayer d’adopter une posture plus empathique. »

À travers les différentes stratégies d’écoute active, la chercheuse note l’importance pour les professionnels de ne pas essayer de convaincre les gens, mais bien de les aider à cheminer vers l’acceptation des vaccins, une pratique qui doit prendre son temps et qui nécessite avant tout un lien de confiance.

Quand un professionnel de la santé avec qui on a un lien de confiance nous recommande fortement de se faire vacciner, c’est ça qui a le plus d'influence sur les décisions.

Ève Dubé, chercheuse, Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval

Avec des informations de Katie Toth de CBC North

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