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analyse

De Clinton à Trump : l'incontournable comparaison des procès en destitution

Il a quitté la Maison-Blanche il y a 20 ans. Pourtant, ces jours-ci, le nom de Bill Clinton revient constamment au Capitole.

La main levée, les 100 sénateurs prêtent serment devant le juge en chef de la Cour suprême.

Le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, qui préside le procès en destitution, a assermenté les 100 sénateurs.

Photo : Reuters / Handout .

Démocrates et républicains disent vouloir s’inspirer des règles du procès en destitution de Bill Clinton. Mais contrairement à leurs collègues de l’époque, les sénateurs ne se sont pas entendus sur le fonctionnement des procédures.

À Washington, le procès de l'ancien président démocrate, accusé de parjure et d'obstruction à la justice, à la fin des années 1990, est devenu LA référence en matière de destitution. Après tout, le seul autre procès à avoir eu lieu, celui du président Andrew Johnson, s’est tenu il y a plus de 150 ans.

En présentant sa proposition de règles pour le procès de Donald Trump, qui est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès, Mitch McConnell affirmait que ces règles s’inspiraient de celles du procès de 1999. Une majorité d’entre nous veut respecter le précédent bipartisan de Clinton, a-t-il affirmé.

Un exemple : à l'instar des procédures qui avaient cours à l'époque de Bill Clinton, tant les représentants de la Chambre que les avocats du président auront chacun 24 heures pour présenter les accusations et la défense.

Or, les sénateurs démocrates n’ont pas manqué de souligner qu’en 1999, aucune limite n’avait été imposée pour répartir le temps de parole. Dans le cas présent, Mitch McConnell a initialement prévu seulement deux jours par partie, ce qui aurait forcé les séances à se poursuivre jusqu’aux petites heures du matin. La période proposée a finalement été revue à trois jours.

Les règles de McConnell ne sont même pas proches de celles de Clinton, a déclaré mardi matin le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, en accusant les républicains de mener une opération de camouflage.

Autre référence au procès Clinton : la question des témoins. En 1999, les sénateurs s’étaient entendus en cours de procès pour autoriser la présentation de témoignages. Trois personnes, dont Monica Lewinsky, avaient été interrogées derrière des portes closes. Leurs dépositions avaient par la suite été rendues publiques.

Gros plan sur le visage de Bill Clinton, qui sourit.

Bill Clinton, alors président des États-Unis, en janvier 1999 (archives).

Photo : AFP/Getty Images / WILLIAM PHILPOTT

Aujourd’hui, Mitch McConnell propose aussi que les sénateurs se prononcent sur la question des témoins plus tard. On ne sait pas clairement si les éventuelles dépositions seraient rendues publiques.

Les démocrates réclamaient plutôt une entente au préalable sur des témoignages.

Autre procès, autre époque

Il n’y a pas que sur la forme que les comparaisons entre le procès Trump et le procès Clinton s’imposent. Sur le fond aussi.

Le procès du président Trump s’est ouvert sur un conflit flagrant entre démocrates et républicains à propos des règles à adopter. En 1999, les sénateurs ont mené des négociations afin de parvenir à une entente jugée convenable pour les deux camps.

Malgré des différences partisanes évidentes sur l’enjeu de la destitution, la résolution approuvant les règles avait même obtenu l’aval de tous les sénateurs sans exception.

À l'époque, la solution à la question plus sensible des témoignages avait même été trouvée par un duo improbable : le démocrate Ted Kennedy, l’un des élus les plus libéraux du Sénat, et Phil Gramm, un républicain qui comptait parmi les membres plus conservateurs de la Chambre haute.

Nous comprenions à quel point il était vital de s’élever au-delà de nos différences pour mener un procès qui obtiendrait la confiance du public, ont écrit en octobre dernier les dirigeants du Sénat de l’époque, le démocrate Tom Daschle et le républicain Trent Lott, dans une lettre ouverte publiée dans le Washington Post.

Les anciens sénateurs Tom Daschle et Trent Lott.

Les anciens sénateurs Tom Daschle et Trent Lott.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

En 21 ans, les choses ont bien changé.

Kenneth Star, l’enquêteur qui a rédigé le rapport menant à la procédure de destitution contre Bill Clinton, fera cette fois partie de l’équipe de défense du président Trump.

Lindsey Graham, qui avait défendu les accusations d’entrave à la justice et de parjure en tant que représentant républicain de la Chambre en 1999, est désormais l’un des sénateurs qui entendront en silence les différents arguments.

Mitch McConnell et Chuck Schumer, eux, étaient déjà sénateurs à l’époque, d’où leurs innombrables références au procès Clinton. Les prochaines semaines devraient rappeler que, comme le contexte politique général, l’institution qu’ils dirigent n'est plus celle d'il y a une vingtaine d’années.

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