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Deux centres de prévention des surdoses luttent encore pour leur survie à Toronto

Une femme parle dans un micro.

La médecin-hygiéniste de Toronto Eileen de Villa a pris la parole lors de la présentation du rapport et a plaidé pour la présence des centre de prévention des surdoses à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Myriam Eddahia
Francis Beaudry

Près d’un an après avoir appris que le gouvernement Ford ne subventionnerait plus leurs services, les centres de prévention des surdoses de Street Health et de St. Stephen’s Community House sont encore à la recherche de financement pour poursuivre leurs activités au centre-ville de Toronto.

Mardi, les deux établissements ont rendu publique une étude qui fait le bilan de plus d’un an d’activité, chiffres à l’appui.

Le rapport allègue que les deux centres de prévention des surdoses ont notamment contribué à réduire le nombre de décès liés aux surdoses, à réduire la consommation de drogues dans les lieux publics et à mieux offrir ces services aux populations marginalisées.

Une femme devant des micros.

Angie, une toxicomane qui visite le centre de prévention des surdoses de St. Stephen's Community House depuis ses débuts. Elle utilise des seringues depuis 15 ans.

Photo : Radio-Canada

S'ils n'étaient pas là, je ne crois pas que je serais en vie aujourd’hui

Angie, cliente du centre Street Health

Jason Bourner, qui travaille au centre de prévention des surdoses de St. Stephen's, dit avoir réussi à vaincre ses dépendances grâce à l’emploi qu’il y occupe.

Un homme avec une chemise bleue parle en direction d'une foule.

Jason Bourner travaille pour le centre de prévention des surdoses de St. Stephen's Community House.

Photo : Radio-Canada

Selon lui, les services qu’offrent les centres de prévention des surdoses ne se limitent pas qu’aux simples actes médicaux. Nous ne faisons pas juste traiter les surdoses, nous créons aussi des liens avec eux afin de les orienter vers les services dont ils ont besoin, explique-t-il.

Deux centres en mode survie

Les deux centres ont appris en mars dernier que le gouvernement Ford ne renouvellerait pas leur financement. Depuis, ils vivent dans l’incertitude.

Le centre de prévention des surdoses de St. Stephen's pourra fonctionner jusqu'à la fin du mois de mars 2020, notamment grâce à des dons et à un financement temporaire de la part du ministère fédéral de la Santé.

Un graphique avec une photo. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un portrait de la fréquentation au centre de prévention des surdoses de St. Stephen's Community House.

Photo : Radio-Canada / Camil Gauthier

Pour ce qui est du centre de Street Health, les intervenants pourront continuer d'offrir des services jusqu'en mars 2021 grâce à des dons de particuliers.

La médecin-hygiéniste de Toronto, Eileen de Villa, était présente pour le dévoilement du rapport. Elle a souligné le rôle important des centres de prévention des surdoses pour la santé des villes.

Nous devons travailler ensemble afin de permettre à tous les citoyens d’avoir les conditions pour réussir, de prospérer. Trop de gens sont mis à l’écart et nous bénéficions tous de communautés plus fortes et en santé.

Eileen de Villa, médecin-hygiéniste de Toronto

Le rapport indique que les problèmes de financement des deux centres ont été une source de stress pour les clients et les employés au cours de la dernière année. Cette incertitude aurait rendu les efforts de sensibilisation, de mise en confiance et de rétention de la clientèle plus difficile.

Un graphique avec une image.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les statistiques de fréquentation du centre de prévention de surdoses de Street Health à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Camil Gauthier

Le rapport note que les patients pourraient avoir du mal à être transférés vers d’autres centres en raison de leur attachement à ces lieux et de l’atmosphère plus calme qui y règne.

Les gens qui travaillent là sont comme une famille, a affirmé Angie, une toxicomane qui fréquente le centre de St. Stephen's.

Ce dernier compte trois espaces d’injection alors que celui de Street Health n’en a que deux.

Des craintes pour les patients en cas de fermeture

Selon le rapport rédigé par les chercheuses Gillian Kolla, Rebecca Penn et Cathy Long, les patients pourraient subir les contrecoups de la fermeture des centres de Street Health et de St. Stephen’s Community House.

Principales conséquences possibles des fermetures pour la clientèle :

  • augmentation des surdoses et des décès liés aux surdoses;
  • difficultés de transférer la clientèle vers d’autres centres de prévention des surdoses;
  • augmentation de la consommation de drogue par injection dans les lieux publics comme dans les salles de bains des agences de santé et des commerces;
  • hausse de la criminalisation de la consommation de drogues,
  • déconnexion sociale et baisse des possibilités d’accès aux services sociaux et de santé.

Depuis la fin du financement provincial, les centres ont aussi perdu la capacité de prodiguer certains services, notamment les injections de drogues avec l’aide du personnel.

Durant les trois premiers mois de 2019, 435 personnes sont mortes de causes liées aux opioïdes, selon Santé publique Ontario.

En plus des problèmes de consommation d’opioïdes, le rapport montre aussi une importante consommation de méthamphétamine, une drogue chimique, au centre de prévention de surdoses de St Stephen's.

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