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Hausse significative des embauches des minorités visibles au SPVM

Un quart des personnes embauchées l’an passé par la police montréalaise sont membres de minorités visibles, ethniques ou autochtones.

Marc Charbonneau parle devant des élus de la Ville de Montréal.

Le directeur adjoint du SPVM, Marc Charbonneau, a mis de l'avant mardi la meilleure représentativité des effectifs de la police montréalaise.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En 2019, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a doublé le taux d’embauches des policiers issus des minorités visibles, passant de 7 à 14 % du total des personnes recrutées. Cette proportion stagnait ces dernières années.

Ces données ont été présentées mardi, au cours d’une commission municipale sur la sécurité publique.

Au total, 578 policiers, sur les 4456 membres du SPVM, sont désormais issus des minorités visibles, ethniques ou autochtones. Soit 13 % des effectifs de la police de la métropole.

À noter que le nombre d’Autochtones a doublé entre 2014 et 2019, mais il ne s’agit que de 0,7 % des effectifs (32 personnes).

Une préoccupation, selon le SPVM

Ces progrès sont énormes, d'après l’élu Alex Norris, président de cette commission municipale. C’est une priorité de s’attaquer à ce phénomène de profilage racial et social, a-t-il ajouté.

On a une préoccupation de refléter la population que l’on dessert, a soutenu André Durocher, porte-parole du SPVM. Au dire de ce dernier, il faut néanmoins faire preuve de patience.

Ce n’est pas un problème que l’on règle du jour au lendemain, a-t-il spécifié, soulignant que les policiers se rendent dans les écoles secondaires et les cégeps pour tenter d’attirer de nouvelles recrues.

On prend les gens qui appliquent chez nous, on ne peut pas les kidnapper pour appliquer chez nous.

André Durocher, porte-parole du SPVM

Une politique d’interpellation à venir

La hausse de ces chiffres intervient quelques semaines avant la publication, par le SPVM, d’une politique d’interpellation. Celle-ci sera annoncée d’ici la fin du mois de mars et a été promise par le nouveau chef, Sylvain Caron, en octobre dernier.

Son organisation avait alors été accusée par des chercheurs indépendants d'avoir utilisé, ces dernières années, des préjugés systémiques liés à l’appartenance raciale. Concrètement, les personnes autochtones et noires courent jusqu’à cinq fois plus de risques d’être interpellées, par rapport aux personnes blanches, résumait ce rapport.

Avec cette politique, qui sera une première au Québec, la Ville de Montréal espère mettre fin aux interpellations réalisées de manière arbitraire ou abusive, a précisé Alex Norris.

Des formations seront par ailleurs données, sur ce sujet, à 2500 policiers. La Ville de Montréal proposera elle aussi des formations sur les « biais inconscients » à ses employés.

Une meilleure représentativité dans les transports

Plus de la moitié des gens engagés l’an passé par la Société de transport de Montréal (STM) viennent des minorités visibles, ethniques ou autochtones (626 sur 1199 embauches). La STM fait beaucoup d’efforts, a assuré Jocelyn Latulippe, directeur, sûreté et contrôle.

Au total, la part du personnel membre de ces groupes est passée de 21 % à 33,9 % entre 2011 et 2019.

L'élu Alex Norris écoute des intervenants.

Alex Norris est le président de la Commission municipale de la sécurité publique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des augmentations également à la Ville

Dans les bureaux de la Ville de Montréal, la représentativité s'est également accrue. En 2019, plus d’un tiers des recrues étaient issues des minorités visibles, ethniques ou autochtones (36,1 %).

Il s’agit d’une hausse de 8 % par rapport à 2017. On a pu voir à quel point notre administration municipale prend ce problème au sérieux, a déclaré Alex Norris.

En revanche, du côté du Service de prévention des incendies de Montréal (SIM), l’augmentation est plus marginale d’une année à l’autre (3,4 %).

Sur les 78 pompiers embauchés, 11 provenaient de minorités, on comptait un Autochtone et une seule femme. Il y a encore du travail, a d'ailleurs reconnu un représentant des pompiers de la métropole.

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